J-7 : les régionales et départementales étaient le dernier scrutin avant 2022, et depuis dimanche, les candidatures se déconfinent à vitesse grand V ! J+7 : d'un siège à l'autre, le grand déménagement de LREM avant le changement ?

Palais de l'Elysée
Palais de l'Elysée © AFP / Xose Bouzas / Hans Lucas

La semaine politique, avec vous, Yael Goosz. On regarde dans le rétro, et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, c'est une très forte participation…

Pas des électeurs, mais des prétendants à l’Elysée !

Ce résultat me donne la force d'aller à la rencontre de tous les Français" (Xavier Bertrand, dimanche soir)

"Notre responsabilité politique est de fédérer un arc humaniste pour changer la vie vraiment et proposer une alternative à 40 années d'impuissance, de néolibéralisme farouche. (Eric Piolle, maire de Grenoble et candidat, mardi, à la primaire écologiste et à l'élection présidentielle)

Je suis candidat à l'élection présidentielle parce que j'aime la France, sa diversité, (...) face au dérèglement climatique et aux injustices sociales, on ne peut plus tergiverser. (Yannick Jadot, candidat, mercredi, à la primaire écologiste et à l'élection présidentielle)

Et j'ai vraiment envie d'aider les catégories populaires à réaliser aussi leurs rêves. (Anne Hidalgo, maire de Paris, jeudi, sur France 2)

Liste non exhaustive. Depuis dimanche, 4 jours de candidatures ou presque, qui nous ont fait basculer en 2022. J’aurais pu vous citer aussi Philippe Poutou (mercredi), qui rempile pour le NPA, ou Hélène Thouy (jeudi), visage du parti animaliste. Semaine d’accélération. Etre sur la photo de départ avant la pause estivale. 

Une effervescence qu’on observe surtout à gauche. Moins chez Jean-Luc Mélenchon, installé dans sa candidature depuis le 8 novembre dernier. Mais surtout dans le pôle social-écolo. D’ailleurs peut-on ecore parler d’un "pôle" ? La primaire verte d’un côté, que Yannick Jadot n’a pas pu éviter, et le couloir d’Anne Hidalgo, de l'autre, hors primaire, poussée par un PS revigoré et bientôt en congrès. 

A droite : le calme avant la tempête, Xavier Bertrand est (provisoirement) seul sur sa route. Et toujours cette ambiguïté tactique d’Eric Zemmour qui insupporte Marine Le Pen. 

La phrase magique « je suis candidat » se banalise. Beaucoup de postulants, combien à l’arrivée ? Il faudra passer l’étape des parrainages et avoir les reins solides financièrement (les comptes de campagne sont ouverts depuis hier). 

Côté pile, vitalité et richesse du nuancier politique français. Côté face, les Français regardent ailleurs. Les abstentionnistes de dimanche ne se sont pas miraculeusement mis à éplucher les programmes. Irez-vous voter l’an prochain ? 54% seulement répondent oui (sondage Harris pour Challenges), c’est historiquement bas pour une présidentielle. 

Allez, Yael, on se projette sur les jours qui viennent ?

Le changement peut-être pas, mais le déménagement c’est maintenant.

Bien sûr que c'est une déception pour notre majorité présidentielle, bien sûr qu'on aurait aimé s'implanter davantage, plus rapidement, et donc je sais à quel point le chemin est long, difficile." (Stanislas Guérini, délégué général de La République en Marche, lundi matin sur RTL)

L’aveu d’échec de Stanislas Guérini. Le délégué général de La République en Marche qui aura un nouveau bureau, tout beau tout neuf, comme les 80 permanents de La REM, lundi, jour du grand emménagement. Installation dans les 2800 mètres carrés de la rue du Rocher à Paris, dans le 8ème arrondissement de Paris, à 200 mètres de Saint-Lazare, 1 kilomètre de l’Elysée. Cela fait plus d’un an que ça se prépare. « Enfin un lieu à la hauteur d’un parti présidentiel », souffle un conseiller. Adieu la rue Sainte-Anne où les portables ne passaient pas, où les ministres hésitaient à venir faute d'avoir une deuxième entrée sécurisée. 

Le PS des grandes années a eu Solférino, l’UMP la Boétie, Emmanuel Macron aura son Rocher. La REM proprio, des finances dans le vert, 20 millions d’euros de dotations publiques par an, grâce à ses bons scores en 2017. 

Un siège plus beau, plus grand et plus pratique. Jusqu’à 300 places dans le grand hall pour organiser des événements. Et là on ne parle plus d’un, mais de deux bâtiments ! Car tout a été pensé pour qu’en plus du parti, le futur candidat Macron puisse y installer son QG de campagne. 

Changement de décor XXL pour un parti liliputien aux régionales. Remédier à ce paradoxe, c’est le défi qui attend la nouvelle direction, le bureau exécutif sera élu le 21 juillet. Avec ou sans Stanislas Guérini à sa tête ? Cela dépendra du Président et d'un éventuel remaniement.

Et puisqu’on parle immobilier, quid de la « maison commune » ? Pas rue du Rocher en tout cas. Modem, Agir, feront chambre à part. Des partenaires oui, une fusion non. A chacun son adresse. Mais ils s’inviteront les uns les autres pour préparer les accords électoraux et signer le bail d'une nouvelle majorité, s'ils l'obtiennent... 

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