J-7 : la taxe carbone sort de son hibernation. J+7 : Macron, premier sur l'Europe... La REM, dernière en campagne !

La semaine politique, avec vous Yaël GOOSZ, chef du service politique de France Inter. On regarde dans le rétroviseur et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yaël, c’est la fin de l’hibernation sur la fiscalité écologique…

Oui, les gilets jaunes refluent, et on reparle des idées vertes. 

Il est évident qu'on ne peut pas revenir à la même trajectoire de taxe carbone que celle qui existait précédemment." (Emmanuel Macron, débat à l'Elysée avec les élus du Grand-Est, le 26 février 2019)

La taxe carbone, elle est en débat." (François de Rugy, sur France Inter, le 27 février 2019)

Ils ont rouvert le dossier, enfin ! Un vrai signal. Quand on sait qu’il y en a encore dix jours, quiconque au gouvernement s’aventurait sur ce terrain était aussitôt recadré. On en reparle. Tant mieux, car si la fiscalité rend tout le monde épidermique, à un moment donné on peut discuter du taux, mais on ne peut plus tourner autour du pot. 

Forcément punitive, la fiscalité écologique ? Et si on la voyait d’abord comme un outil pour changer les comportements. Pas pour "emmerder", mais parce qu’on ne peut plus rester les bras croisés à bronzer en plein hiver. Alors, cela nécessite beaucoup de courage politique… Dire les choses. Dire que le carbone sera de plus en plus taxé. Etre transparent sur la trajectoire, le fléchage des recettes de l’impôt. Et quand on aborde le budget 2020, assumer de dire (ce que ne fait pas Edouard Philippe) que la parenthèse du moratoire va se refermer. 

Sujet sensible ? Cette semaine, les vignettes et la circulation différenciée ont recréé de la polémique ? C’est donc qu’il faut s’attaquer aux racines du malaise Gilets jaunes : faire que la transition écologique soit socialement acceptable. 

Justement mercredi prochain, une loi essentielle arrive au Sénat : la loi mobilités, reportée, on s’en souvient, au plus fort de la crise. C’est précisément le moment de muscler ce texte, d’y injecter plus de moyens, de trains, de co-voiturages, d’aides aux trajets domicile - travail, pour désenclaver les territoires les moins pourvus en alternatives à la voiture. « Concilier les fins de mois et la fin du monde », disait le Président. A condition de réconcilier les Français avec une taxe carbone remaniée, juste et équitable. La transition écologique est un « new deal ». C’est sans doute maintenant que Nicolas Hulot manque le plus à Emmanuel Macron. 

Allez, Yaël, on se projette sur les jours qui viennent...

Discours de La Sorbonne, le retour… Emmanuel Macron va s’exprimer sur l’Europe en début de semaine. Mais dans son camp, la campagne n’est même pas encore lancée.

Nous, nous avons présenté notre trio de tête. Et bien que La République en Marche, qui émet beaucoup de critiques à longueur de matinales et de soirées, fasse preuve de courage, pour présenter sa tête de liste !" (le vice-président des Républicains, Guillaume Peltier, sur France Inter, le 26 février 2019)

Guillaume Peltier souligne ce paradoxe : à les écouter, ils sont les plus europhiles, mais les marcheurs seront les derniers sur la ligne de départ ! Une tête de liste dévoilée au mieux dans 15 jours, un premier gros meeting à Paris le 30 mars. Quand Marine Le Pen, elle, est sur les routes depuis le… 13 janvier ! 

Plusieurs raisons à cela : le grand débat est national… Il faut d’abord en sortir. L’Elysée ne veut pas brouiller le message. L’expérience, ensuite, des campagnes précédentes. La REM vit son baptême européen, mais toutes les élections (depuis 1979) ont été analysées. Et le modèle Blitzkrieg, guerre éclair, s’impose. La stratégie victorieuse de l’UMP en 2009, campagne courte mais puissante, est considéré comme l’exemple à suivre. 

Démarrage tardif, aussi, en raison de ce qui se trame en cuisine. Quel remaniement, et quand, pour laisser partir les ministres en campagne ? Et quelle alchimie : une liste, ça doit raconter quelque chose, une histoire, des histoires… Si la ministre Agnès Buzyn s’engage (fille et petite-fille de de déportés, ex belle-fille de Simone Veil), bien sûr que cela enverra un message fort ! Mais il en faudra d’autres, qui rassemblent tous les alliés de La REM. En sachant qu’une première place éventuelle, le 26 mai, en France, ne sera peut-être qu’une 3ème ou 4ème place au niveau européen. 

D’où l’impulsion, le SOS, « l’appel d’urgence », comme on le dit à l’Elysée, que le Président lancera la semaine prochaine… Le Brexit comme repoussoir, et qui oblige l’Europe à redevenir un bouclier de protections dans ce monde vécu comme menaçant. "On n'a jamais eu autant besoin d'Europe, l'Europe n'a jamais été autant en danger", dira Emmanuel Macron. Vous cherchiez la tête de liste ? Son cerveau est évidemment à l’Elysée. 

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