J-7 : tentative de rattrapage. J+7 : vers une majorité de "conscience" sur la fin de vie ?

Yannick Jadot, député européen EELV
Yannick Jadot, député européen EELV © AFP / ERIC PIERMONT

La semaine politique, avec vous, Yael Goosz. On regarde dans le rétro, et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, c’est une semaine de rattrapage à gauche…

Réconciliables ou pas ?

Il faut que dans les jours qui viennent, on se mette autour d'une table, qu'on se voie, qu'on se parle." (Y. Jadot, lundi, sur Inter)

Il va falloir faire un effort : pour l'instant, personne n'est vraiment meilleur, pour l'instant on est tous plutôt mauvais !" (O. Faure, mardi, sur Inter)

La gauche la plus bête du monde, aurait pu ajouter le socialiste Olivier Faure, invité de LCI mardi, et qui saisit la main tendue, sur Inter la veille, par Yannick Jadot. Tentative de redressement, après le grand n’importe quoi ! Dix jours d’invectives et de procès mutuels en -isme, (laxisme, racialisme, universalisme)… Sous l’œil moqueur des ex-socialistes passés chez Emmanuel Macron. 

Après la poussée verte des européennes, la gauche avait presque trouvé un logiciel commun : la social-écologie. La voilà renvoyée à des controverses sans fin sur qui est plus républicain que l’autre. La grande confusion. Comme sur les alliances aux régionales d’ailleurs. 

"Halte au feu", a dit Yannick Jadot, qui a passé sa semaine en visio avec l’intégralité des leaders de gauche. Initiative bien reçue. Malgré deux bémols. Chez EELV, où on le soupçonne de vouloir enjamber la primaire écolo : quel mandat a-t-il pour négocier ce tour de table ? Deuxième limite : le "oui mais" de Jean-Luc Mélenchon. Entretien "cordial", une heure avec Jadot mardi, mais qui achoppe sur la candidature insoumise, non négociable. A LFI, on ne veut pas faire semblant de se rassembler. 

Pour les autres, du PRG à Arnaud Montebourg en passant par Anne Hidalgo, on attend le carton d’invitation. La rencontre aura lieu d'ici la fin de la semaine prochaine, à huis clos et dans un lieu secret, où il faudra respecter les gestes tout en faisant sauter les barrières. De cette réunion "mixte", doit naître un embryon de programme commun. Mais 2021 n’est pas 1981. 

Et dans les prochains jours ?

Jeudi prochain, à l'Assemblée : pour ou contre le droit "à une fin de vie libre et choisie".  

Je pense qu'une campagne présidentielle n'est pas faite pour purger ces débats, qui sont des débats philosophiques (...), mais je ne trancherai pas et je ne ferai pas de loi en arrivant sur ce sujet (...). Moi je souhaite choisir ma fin de vie, oui." (E. Macron, le 26 mars 2017, sur C8)

L’euthanasie, mot tabou, François Hollande usait d’une périphrase dans son programme de 2012. Son successeur n’en a pas fait pas un engagement de campagne. Sujet qui touche trop à l’intime. Et comme depuis 1978 et la première loi Cavaillet sur "l’aide active à mourir", c’est au Parlement (et pas au gouvernement) qu'on avance ou qu'on recule. 

Que propose le texte d'Olivier Falorni, déposé en... 2017 ? Qu'un patient adulte, souffrant d'une pathologie incurable, puisse demander à mourir, après décision d’un collège de médecins. C’est ce qui se pratique en Belgique depuis 20 ans. Autour de nous, d’autres pays de tradition catholique vont dans ce sens : Espagne, Portugal, Irlande. 

Pour en finir avec les euthanasies clandestines (2.000 à 4.000 par an en France), plaide Olivier Falorni. Choisir le moment de sa mort, plutôt que la sédation profonde et continue - loi Claeys / Leonetti, qui n'empêche pas toujours la douleur. 

Il y aura des voix contre. Risque élevé d’obstruction parlementaire. Et le gouvernement restera spectateur, liberté de vote. De toute façon, les consignes ne serviraient à rien. Chez les marcheurs, on anticipe déjà son adoption. Car la moitié du groupe, emmené par le député et professeur de médecine Jean-Louis Touraine, est sur la ligne Falorni. 

Moment rare, en commission mercredi soir, 2/3 des mains se sont levées POUR : de gauche, du centre, de droite… Une majorité d’idées ou de « conscience », qui rend caduque les étiquettes. Belle image que renvoie ce Parlement trop souvent caricaturé en chambre d'enregistrement.

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