J-7 : la semaine internationale du Président. J+7 : Jean Castex à l'épreuve.

La semaine politique, avec vous, Yael Goosz. On regarde dans le rétro, et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, c’est un domaine réservé… La semaine, internationale, d’Emmanuel Macron.

J'ai honte... J'ai honte pour vos dirigeants... J'ai honte pour eux" (Emmanuel Macron, à l'Elysée, le 27 septembre 2020)

La France se tient toujours aux côtés des combattants de la liberté (Emmanuel Macron, à Vilnius, le 28 septembre 2020)

Le Président, lundi à Vilnius, soutien à l’opposante biélorusse Svetlana Tikhanovskaïa. Et la veille, dimanche, nouvelle colère froide contre le personnel politique libanais. A cette liste, on pourrait ajouter son coup de gueule pour faire rouvrir le Parlement européen de Strasbourg, et puis la situation au Karabakh, qu'il suit de très près. Et alors, me direz-vous, quoi de neuf ? La politique étrangère, c'est la chasse gardée des présidents sous la Cinquième !

Sauf qu'en cette rentrée, les urgences nationales sont telles - Covid, relance, et piqûre de rappel terroriste -, que cette frénésie diplomatique interroge. Approuvez-vous son action à l’étranger ? 54% de « oui », sondage Ifop. Bon score, même si avant lui, Nicolas Sarkozy, et surtout Jacques Chirac, faisaient plus fort encore dans ce domaine. Sans aucun effet dans les urnes. 

Grandeur et humilité de la fonction : un activisme à l’international, désintéressé, mais dans l’intérêt des Français, qui ne le perçoivent pas toujours. A moins de donner du sens : le Liban, s’il s’effondre, c’est le chaos au Proche-Orient, avec ses conséquences migratoires. Tikhanovskaïa ? C’est la France des libertés. Le multilatéralisme ? On est mieux protégé si on se parle entre grandes puissances. Emmanuel Macron et la panoplie présidentielle. Un pied dedans, un pied dehors. Perception bancale si on n’en regarde qu’un seul. 

En janvier 2022, la France prendra la présidence tournante de l’Union européenne. Emmanuel Macron aura alors un bilan à faire valoir, une stature, face à celles et ceux qui joueront la carte nationale. 

Allez Yael, on se projette sur les jours qui viennent… 

Jean Castex et bientôt le cap symbolique des cent jours.

Ceux qui me reprochent de prendre des mesures trop fortes, pourraient être demain ceux qui me reprochent de ne pas en avoir fait assez" (Jean Castex, à l'Assemblée nationale, le 29 septembre 2020)

« Léché, déjà lynché, mais pas lâché », résume l’un de ses proches, habitué aux phénomènes de mode, en politique. Jean Castex à l’épreuve des paradoxes. Nommé pour tourner la page du confinement alors que l’épidémie repart. Choisi pour apaiser les relations avec les territoires, qu’il a braqués à Marseille avant de réparer les dégâts. Sa prestation télé la semaine dernière n’a pas convaincu. « Castex = Edith Cresson », lâche un député En Marche. « Le bon sens près de chez vous, ça ne va pas suffire », ironise un cadre du parti. 

Jean Castex à l’épreuve, aussi, de ses ministres grandes gueules. Le Dupond Moretti show, Bruno Le Maire et SON plan de relance, François Bayrou et SON plan, de haut-commissaire, Olivier Veran et ses impératifs sanitaires, Barbara Pompili et son lobbying écolo. Ça commence à faire pas mal d’egos à coordonner. 

Mais pas d’affolement. Jean Castex ne va changer ni de marque, ni de méthode. Au contraire, sa feuille de route est claire : par contraste avec Emmanuel Macron, il doit contribuer à préparer 2022. Le « père » Castex doit aider le « grand frère » Macron, résume un proche. Les bonnes nouvelles pour l'Elysée, les mauvaises pour Matignon… A 100 jours, le premier bilan n'est pas tout noir : la rentrée scolaire a pu se faire, le pouvoir d’achat est quasi stable malgré la crise, 20.000 emplois sauvés malgré Bridgestone… Le problème en politique, c’est que pour faire oublier une mauvaise nouvelle, il en faut 5 bonnes ! En attendant, Jean Castex ne fait d’ombre à personne, et pas au Président, c'était le but, mais il ne fait déjà plus paratonnerre, là c'est plus délicat. 

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