J-7 : un revenant à droite (le débat sur la primaire). J+7 : chacun cherche sa digue anti-RN.

Xavier Bertrand
Xavier Bertrand © AFP / Célia Consolini / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

La semaine politique, avec vous, Yael Goosz. On regarde dans le rétro, et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, c’est un revenant à droite…

Le débat sur la primaire !

Les primaires, c'est pas mon truc, et je pensais que tout le monde en était largement revenu des primaires (...), tous les partis politiques qui ont fait des primaires, on a vu que cela ne leur avait pas porté chance, et je ne veux pas de filtre." (Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, le 29 novembre 2020 sur BFMTV)

Les certitudes de Xavier Bertrand résisteront-elles à l'épreuve des faits, au choc des régionales ? Christian Jacob, le président des Républicains, l’a redit hier dans Le Figaro, le départage pour 2022, on verra ça plus tard !

Mais la pression en interne va crescendo. La droite a horreur du vide. Et les deux tempêtes essuyées en moins de 15 jours, la liste Muselier ouverte aux marcheurs, et Guillaume Peltier ouvert à Robert Ménard, créent un électrochoc chez de nombreux élus LR. Ce parti n’a plus ni chef, ni autorité. Et sans primaire, jamais il n’y aura de candidat, donc de chef, capable de stopper l’hémorragie.

Parmi les urgentistes de la droite, on trouve le Vendéen Bruno Retailleau. Il va remettre la primaire à l’ordre du jour du prochain conseil stratégique, mercredi prochain. 

La primaire, comme bouée de sauvetage. Xavier Bertrand candidat naturel ? Toujours pas. Il le serait, s’il était à plus de 20% dans les sondages.

Une primaire intérêt bien compris (Bruno Retailleau veut y participer). Avec Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse. A l’heure où la droite étouffe sous Emmanuel Macron, la primaire la rendrait visible. Mais pas comme en 2016. Un seul tour, ouvert largement, avec vote préférentiel, déjà utilisé chez les démocrates aux Etats-Unis, ce qui évite les finales fratricides. Il se murmure même qu’un élu reconnu pour ses talents de casque bleu, le maire d’Antibes, Jean Leonetti, pourrait être mis à contribution.  

Primaire encore virtuelle, mais au soir du 27 juin, il faudra bien que LR règle - et ça fait presque dix ans que ça dure ! - son dilemme : "winner" local, mais "loser" national. 

Allez, Yael, on se projette sur les jours qui viennent ?

Comment contrer le RN… Personne n’a la solution miracle ! 

Mon intuition, c'est que le front républicain a quand même pris... euh (hésitation). Je ne vais pas dire qu'il est mort, mais presque !" (Stéphane Séjourné, député européen Renew, conseiller d'Emmanuel Macron, mercredi matin sur France Inter)

Spectaculaire aveu de l’un des plus proches conseillers du Président, Stéphane Séjourné, mercredi sur Inter. Sondage après sondage, la marée bleue marine s’annonce haute, et chacun cherche sa digue.

Ce front républicain, qui a marqué la génération post-21 avril (2002), a-t-il vécu ? Les états-majors tâtonnent. Ce qui était une stratégie de second tour est expérimenté dès le premier, en PACA. Et ce que dit Stéphane Séjourné, c'est que le désistement pour faire barrage, c'est fini : on ne refera pas 2015, quand le PS s'était sacrifié au profit de Christian Estrosi et Xavier Bertrand . On parle là d’un autre front républicain, le front fusion. La liste la plus forte face au RN fait de la place et personne ne disparaît des hémicycles pendant six ans.

Fusion ou confusion ? Car après les régionales, viendra la clarification présidentielle. L’attitude des uns et des autres, dans trois semaines, servira de référentiel. Que PACA tombe dans l’escarcelle de Thierry Mariani, et c’est toute la stratégie du mélange qui sera invalidée dans les urnes.

Et au-delà des régionales, comment parler de Marine Le Pen ? « Trop molle », dit Gérald Darmanin. « Raciste, attaque Christophe Castaner, souvenez-vous quand elle dansait au bal des néo-nazis à Vienne ». Trop dure ou trop molle ? Faudrait savoir !

Eric Dupond-Moretti dit qu'il ne chasse pas sur les terres du RN, mais qu'il veut "chasser le FN des Hauts-de-France" ? Contre-productif, critiquent en coulisses certains de ses collègues au gouvernement. Ce logiciel a 20 ans ! Encéphalogramme plat dans les sondages.

A gauche, la lutte anti-RN ne fait pas un programme, mais elle rassemble. Samedi 12 juin, 60 organisations politiques et syndicales, LFI en tête, avec le soutien du PS, PC et EELV, vont marcher pour les libertés. Fédérer les fâchés contre les fachos. Là encore, impression de déjà-vu. 

Démystifier le programme de Marine Le Pen ? Il n’est pas arrêté et glisse comme un savon. Traquer les fake news ? Le politique parle-t-il encore à la raison. « Essayez-nous », dit Marine Le Pen. Pas avant d’avoir consulté la notice !

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