La semaine politique ! On regarde dans le rétro et on se projette. Ce qu'on retiendra cette semaine, c'est d'abord ce président rattrapé, et déréglé, malgré lui, par un 1er-Mai.

Voilà pourtant ce que disait, Emmanuel Macron, mardi, le soir de son arrivée en Australie.   

Vous vouliez que je fasse quoi ? Que je reste chez moi à regarder la télévision ? Mon travail n'est pas de regarder la télévision et de faire des commentaires d'actualité. Il est d'agir pour le pays, chaque jour, partout." 

C'était juste avant que les choses ne dégénèrent sur le pont d'Austerlitz... La suite, c'est une quasi nuit blanche à Sydney, scotché devant la télé, Paris brûle-t-il ? Lui, le président philosophe, qui disserte sur le retour du tragique en politique, est servi ! 

Problème : le maître des horloges voit les aiguilles s'affoler... Cette casse au coeur de la capitale, c'est mauvais pour lui. Comment continuer à fracturer la droite s'il y a du doute sur sa capacité à maintenir l'ordre ? Et s'il y a trop de policiers pour encadrer "la fête à Macron", samedi, que dira-t-on ? Que le petit Napoléon muselle le pays ? 

L'horloge se dérègle encore quand le magazine libéral américain Forbes fait sa "une" sur la mort de "l'exit tax" !  La taxe qui excite immédiatement ses opposants, droite et gauche,  sur le mode "on vous l'avait dit qu'il aimait les riches..." Annonce maîtrisée ? Pas du tout ! Matignon et Bercy ont été pris de court pour assurer le service après-vente de la mesure ! La politique pro-business, c'est le credo d'Emmanuel Macron, mais pas un 1er-Mai ! Surtout quand on a face à soi un mouvement social qui s'essouffle. 

Ne manquait plus que la polémique GL Events pour aggraver le jet-lag présidentiel ! Du nom de cette société qui a loué des salles pour ses meetings. La campagne, ses soupçons de ristournes commerciales... Emmanuel Macron à l'épreuve du décalage horaire. La politique, c'est violent jusque dans le Pacifique.  

Quelle météo politique à 7 jours ?

Du 7 au 10 mai, le voyage à Moscou de Jean-Luc Mélenchon...  

Tout le monde sait très bien que dans les guerres, la première victime c'est la vérité (....). Ce qui se passe réellement sur le terrain nous est à peu près inconnu. Non, non, non et non : la Russie n'est pas notre ennemie, c'est notre partenaire." (9 avril, Jean-Luc Mélenchon à l'Assemblée nationale). 

La Russie : partenaire particulier...  Volonté de jouer sur le contraste juste après le voyage d'Emmanuel Macron à Washington ? On se souvient d'un Mélenchon reçu par l'ambassadeur russe, dans les heures qui ont suivi les frappes en Syrie. Mais La France Insoumise dément toute "Poutinemania" ! Pas de rendez-vous au Kremlin, pas de photo non plus avec les officiels sur la Place-Rouge le 9 mai. Non, Mélenchon ira voir ses homologues de la Douma,  des universitaires, des entrepreneurs, et surtout son alter-ego du Front de gauche ! Si, si, ça se dit pareil, le "Lievifront", dirigé par Serguei Oudaltsov, 40 ans, sorti de prison l'an dernier, incarcéré pendant 4 ans et demi pour avoir mené des manifs anti-Poutine en 2011.

En allant voir son ami Oudaltsov, Jean-Luc Mélenchon est en fait très cohérent : opposant notoire à la politique économique de Poutine, Oudaltsov soutient sa politique étrangère : annexion de la Crimée, militarisation, nostalgie de l'ex-URSS... Là, Poutine n'est plus un problème. 

Jean-Luc Mélenchon fidèle à sa ligne :  Pas de paix possible dans le monde si la France abandonne ses liens avec Moscou. Ce voyage, ce sera pour lui l'occasion de cultiver une forme de "et en même temps" diplomatique.

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