J-7 : gauche / droite, rentrée chaotique des oppositions. J+7 : Marine Le Pen en panne d'idées ?

La semaine politique, avec vous, Yael Goosz. On regarde dans le rétro, et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, c’est le chaos en stéréo…

En cette rentrée, la « poutre » n’en finit pas de travailler, à gauche et à droite.  

Il est évidemment hors de question qu'Emmanuel Macron soit notre candidat pour l'élection présidentielle" (Le député LR Pierre-Henri Dumont, mardi, sur France Info)

On pourrait réorganiser les forces politiques (...), personnellement je me sens une vocation de candidat commun" (Jean-Luc Mélenchon, président du groupe La France Insoumise à l'Assemblée, dimanche, sur France Inter)

Des deux côtés de l’échiquier, la même question : peut-on multiplier les candidatures au risque de sombrer dès le premier tour en 2022 ? Pour Christian Estrosi, le maire de Nice – et c’était le pavé dans la mare cette semaine -, les choses sont plus simples et plus radicales : pourquoi s’épuiser dans une primaire insoluble, autant négocier directement avec Macron ! 

Alors, que nous dit cette rentrée ? Qu’à 20 mois de la présidentielle, malgré la pire crise depuis 1945, gauche et droite sont loin, très loin, d’avoir reconstitué leurs forces… Les socialistes voudraient se projeter dans la gauche d’après, mais les anciens, François Hollande en tête, refusent de devenir les supplétifs des Verts. Jean-Luc Mélenchon, brusquement adouci, se verrait bien rassembler les pièces du puzzle. « J’arrête la conflictualité », dit-il à ses proches. Quant aux Républicains, ils en sont à débattre sur la méthode pour départager leurs égos. 

Christian Estrosi, pas courageux, qui rend, trop tôt, les armes, diront certains… En réalité, il dévoile ce qui sera le fil conducteur, le projet politique de l’automne, en macronnie. L’élargissement de la majorité. Après le fiasco des municipales, il s’agit d’organiser une maison commune, fédérer des alliés, autour de la marque Macron. Jean Castex en sera l’agent de liaison, et François Bayrou, le haut commissaire, ne sera jamais loin… Seul un jardin sépare l’hôtel de Cassini de l’hôtel Matignon.  

Allez Yael, on se projette sur les jours qui viennent… 

C’est la dernière à rentrer. Mais la première avoir candidaté, en janvier. La longue cordée de Marine Le Pen…

Un mousqueton supplémentaire sur la paroi qui mène au sommet, et le sommet, vous le savez, c'est l'Elysée" (Marine Le Pen, le 15 septembre 2019, à Fréjus)

Ça, c’était l’an dernier à Fréjus, la ville conquise en 2014. On ne change pas de décor. Dommage, ce week-end, il sera trop tard pour voir les tortues marines, l’attraction de l’été, les bébés sont nés et ont déjà regagné le large ! 

Après avoir hiberné deux mois, la présidente du RN reprend du service : sa rentrée radio, c’est mercredi prochain sur Inter. Pas de son, peu d’images depuis son expédition ratée sur l’île de Sein. Mais son fil twitter nous donne quelques indications sur la saison à venir. Fin août, célébration de la « journée mondiale du chien », même si, précise-t-elle, « j’ai une relation particulière avec les chats ». Son émotion après des chevaux mutilés dans L’Yonne, nouvelle preuve, selon elle, de l’ensauvagement de la société. Coup de gueule contre les magistrats qui ont relâché trop vite un violeur récidiviste et meurtrier à Nantes. L’île de Mayotte submergée par une « immigration clandestine et arrogante ». L’axe est évident. C’est sur ce terrain de la sécurité, « réveillez-vous les Français », que Marine Le Pen espère faire entendre sa différence. 

Rien d’original… La droite a déjà largement exploité ce créneau depuis deux semaines. Marine Le Pen face au risque de la répétition. Son offensive sur la gestion de la crise sanitaire, le fameux livre noir, n’a pas pris. Impossible d’épouser la cause des anti-masques, elle-même était la première politique à sortir masquée le 1er mai pour célébrer Jeanne d’Arc. 

Gaulliste en juin, célébrant la mémoire des victimes du Vel d’Hiv en juillet, solidaire de Danièle Obono contre Valeurs actuelles en septembre. Comme s’il fallait se normaliser encore, quitte à sacrifier une branche de la famille. Un air de purge : au cœur de l’été, les proches de Marion Maréchal ont été sortis de la commission d’investiture… Marine Le Pen veut avoir les mains libres pour les régionales, dernier « mousqueton », pour reprendre son expression, avant l’Everest de la présidentielle.

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