J-7 : qui le ménage et pourquoi ? J+7 : coup d'envoi pour la bataille du climat.

La semaine politique, avec vous, Yael Goosz. On regarde dans le rétro, et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, c’est une grande hypocrisie…  

Nicolas Sarkozy condamné, ou la soi-disant revanche des « petits pois ».  

Cette décision est invraisemblable : il n'y a ni corrompu, ni corrupteur, 3 ans de prison." (Christian Jacob, conférence de presse après la décision du tribunal, le 1er mars 2021) 

Chacun sait l'affection, le respect que j'ai pour Nicolas Sarkozy (....), je n'oublie pas tout ce qu'il a apporté à notre pays" (Gérald Darmanin, le 1er mars 2021)

"On ne commente pas une décision de justice", souvenez-vous : ça se disait à une époque ! Mais lundi, une digue a sauté, et avec elle, la séparation des pouvoirs, la parole anti-juges s'est violemment libérée. Un chef de l'opposition refait le procès ! Car il est amer, Christian Jacob : il vient de perdre son recours pour 2022… Sans avoir eu le temps de faire le deuil de François Baroin.  

Derrière le soutien à Sarko la victime, chacun cultive son jardin… Valérie Pécresse et Xavier Bertrand pèsent leurs mots. Impossible, pour eux, de se mettre à dos les électeurs nostalgiques de l’hyperprésident. 

Vivier électoral que drague aussi Marine Le Pen. Jusqu’à conseiller à Nicolas Sarkozy de se présenter quand même. Une défense par procuration parce que les juges, elle connaît ? C'est aussi sa stratégie de normalisation, qu'elle accélère. L'ancien ministre sarkozyste Thierry Mariani portera ses couleurs en PACA, et un ex-préfet formé à l’école Hortefeux travaille déjà pour elle.  

Enfin, Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur et de poids, qui soutient publiquement un condamné pour corruption... Intérêt bien compris, là encore. Son rôle est de faire travailler la poutre à droite pour 2022. 

De l'art de ménager un Nicolas Sarkozy faiseur de roi en 2022. Pile : LR, face : Macron ? Qui soutiendra-t-il puisque lui n'ira pas ? Mais, au-delà du fan-club, sa parole a-t-elle encore du poids ? Amnésie médiatique. Ce n’est pas la justice qui a tranché sur son sort, mais le peuple de droite, en 2016, en l’éliminant sèchement du 1er tour de la primaire.   

Allez Yael, on se projette sur les jours qui viennent…  

Loi climat. Après la mauvaise note de la convention citoyenne, l’examen parlementaire lundi.  

Je continue à leur dire qu'ils ont un bel héritage, que je vais porter (...), et donc moi je continuerai à pousser l'exigence." (Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, le 2 mars 2021, sur France Info)

« Pousser l’exigence », jusqu'où ? Dans l’entourage du Président, on émet des doutes sur sa capacité à céder à la pression verte ! « Matignon regardera tout ça de très près », avertit un conseiller. 

On est parti pour deux semaines de commission spéciale, avant l’examen en séance à partir du 29 mars. 69 articles sur la table, et déjà une montagne d’amendements : plus de 5.000, ce qui met la loi climat dans le top 3 des réformes les plus discutées au Parlement depuis 2017. A la REM, on se prépare même à devoir en gérer 7.000 à 8.000 en séance ! Même si la procédure dite du « temps législatif programmé », déjà en vigueur sur la loi séparatisme, obligera chaque groupe à bien calculer et calibrer ses interventions. 

5000 amendements : 1/3 déposés par la majorité, 2/3 par l’opposition. Une loi climat - c'est le paradoxe -, sans aucun élu EELV pour l'examiner (mais ils n’ont plus de députés depuis 2017). D’autres feront le siège des 4 Colonnes à leur place, comme Delphine Batho et Matthieu Orphelin, compagnon de route de Nicolas Hulot. Batho / Orphelin, ce sont près de 200 amendements à eux seuls. Pour généraliser le forfait mobilité durable à tous les salariés, rendre obligatoire la rénovation thermique globale des logements ou encore réguler plus drastiquement la pub.

Des sujets qui, par ricochet, recréeront du clivage au sein de la majorité. Avec le risque de « déraper » à nouveau. La bronca des ministres contre le maire de Lyon et son menu scolaire sans viande a déplu au Président. L’adversaire numéro un - il leur a dit -, c’est d’abord Marine Le Pen, qui dévoilera mardi un contre-projet de référendum sur le climat.

Un ministre s’inquiète : débat miné. "Il ne faudrait pas que cette loi devienne les rizières du Vietnam". Métaphore guerrière, et en même temps... végétarienne !

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