J-7 : Emmanuel Macron joue sa candidature sur la réforme. J+7 : le grand ménage anti-RN chez les Républicains

La semaine politique ! Avec vous, Yael Goosz, chef du service politique. On regarde dans le rétro et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, c’est le premier vrai crash test avant 2022. 

La réforme des retraites, boulet ou trophée !

Et j'aime ce caractère des marins, qui n'ont pas peur du risque, qui parfois ne sont tous d'accord au sein d'un équipage, mais savent que quand il faut prendre la mer, les désaccords doivent rester derrière, et que c'est cet équipage qui arrive au port, ou pas." (Emmanuel Macron, le 3 décembre 2019, à Montpellier, lors des Assises de l’économie de la mer)

Métaphore marine usée, vieillie, fatiguée… Mais qui a le mérite de bien résumer le moment politique dans lequel nous entrons. Le mur des opposants est bien là, plus haut que ce que certains ministres avaient imaginé. Et cette fois, Emmanuel Macron n’a pas face à lui une rébellion de gilets jaunes, sans leaders ni programmes clairs… Mais un bon vieux mouvement social, classique et massif.

Un mur politique, aussi. Réédition d’un tout sauf Macron. Les ex ou futurs candidats sont dans la rue. Yannick Jadot à Paris, Jean-Luc Mélenchon à Marseille. Marine Le Pen en soutien aux manifestants mais sans participation. Chacun se positionne pour profiter au mieux de la vague si le mouvement devait durer. Car 2022 approche. Le Pen veut son référendum. Mélenchon veut son match retour. 

Et le Président dans tout ça ? Replongeons-nous dans « Révolution », son livre de campagne, fin 2016. « Le véritable clivage, écrit-il, se situe entre les conservateurs passéistes et les progressistes réformateurs ». On sait de quel côté il penche. Sans le mouvement, sans l’énergie de la réforme, Macron n’est plus Macron. 

Alors que se passera-t-il si le bras de fer s’éternise ? Si le malentendu persiste et que la réforme n’est pas perçue comme un progrès ? Et que devient la "légende" Macron si la réforme finit en synthèse molle… Ni assez réformateur, ni suffisamment progressiste. En ce moment, il joue son propre avenir : possibilité d’un deuxième mandat ou risque de départ en retraite politique anticipée. 

Allez Yael, on se projette sur les jours qui viennent… 

La droite cherche l’union contre... l’union des droites ! 

Il faut s'assurer qu'ils aient franchi la digue, mais quand la digue est franchie, soit ils partent d'eux-mêmes, soit c'est nous qui activons. Mais cette digue, elle vaut pour tout le monde." (Le président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau, avec Maxence Lambrecq)

Comment résister au baiser du serpent RN ? Comment ne pas se faire avaler quand, dans les sondages, on pèse trois fois moins que le boa constrictor ? 

La semaine prochaine, le parti Les Républicains va renforcer ses digues. C’est mercredi qu’Erik Tegner devrait être exclu du parti. Erik Tegner, ce jeune militant breton qui s’était rapproché de Marion Maréchal. Il y a quelques jours, c’est le président de la fédération de l’Hérault qui a dû rendre sa carte, parce qu’il se présente dans la ville de Sète, avec le soutien du RN… 

Ou comment, semaine après semaine, les Républicains tournent la page Wauquiez ! Lui qui ne voulait virer personne, de peur de transformer les brebis galeuses en martyrs médiatiques. L’ambiguïté selon Wauquiez, dont on n’a jamais su s’il avait glissé un bulletin blanc ou Macron, le 7 mai 2017, face à Marine Le Pen. 

Le changement, c’est maintenant, et ça se voit. Quand Christian Jacob reçoit cet été le jeune député du Lot Aurélien Pradié pour le nommer secrétaire général du parti, la feuille de route est claire : « on n’est pas là pour éteindre la lumière », lui dit en substance Jacob, « on fait le ménage et on reconstruit ». Adieu la droite Bellamy, adieu la droite 8%. Pradier ne prend pas de gants. Même le sulfureux Balkany n’est pas sûr d’être investi LR s’il candidate depuis sa prison. 

Il se passe quelque chose rue de Vaugirard. La nouvelle direction observe les sondages : la grande majorité des Français ne veulent pas la réédition d’un duel Le Pen / Macron… Il y a donc un coup à jouer. Reparler aux Français, non plus par l’identité ou l’immigration, mais via le pouvoir d’achat. C’est le pari. Ça ne dessine pas encore un programme (la contre-réforme des retraites, version LR, ne crève pas l'écran), mais ça pose une éthique de campagne, et c’est nouveau. 

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