J-7 : la REM déjà ringardisée ? J+7 : Mélenchon face au mur de la rentrée

La semaine politique ! Avec vous, Yael Goosz, chef du service politique. On regarde dans le rétro et on se projette... Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, c’est la foire… d’un Trône.

Oui, l’excellente « une » du Parisien, c’était mercredi… A croire qu’il y a un micro-climat politique, qui rend fou dans la capitale !

Les Français ont du reste clairement désapprouvé cette procédure qui rappelle d'autres âges et d'autres régimes... Philippe Séguin, une sorte de Kim Il- Jung, des Vosges !" (Jean Tiberi, le 25 octobre 2000, à Paris)

Octobre 2000 : Jean Tiberi, premier meeting de campagne, à Paris, en candidat dissident. Il s’attaque à Philippe Séguin, homme de droite, comme lui, mais investi par le RPR. 

Vingt ans plus tard, Cédric Villani n’a rien inventé en matière de félonie ! Ou alors si : soyons rigoureux dans la comparaison. Les mots sont moins rudes, on se retient publiquement. En privé, beaucoup moins. Benjamin Griveaux l’a compris à ses dépens. 

Mais on est plus transgressif encore ! Car dès le début, Tiberi, maire sortant, n’accepte pas de passer par ce RPR qui lui barre la route… Villani, lui, se plie aux règles du parti. Il passe le grand oral, rate l’investiture, et embraye malgré tout. 

24 heures non-stop de campagne, ce vendredi, jour et nuit, il va sillonner Paris jusqu’à 5 heures demain matin. 

Quelles leçons en tirer ? Qu’est-ce que ça dit de l’époque ? Que les partis ne régulent plus grand-chose. C’était déjà le cas au PS et chez les Républicains : Bertrand, Pécresse… On se sent mieux dehors que dedans. Libre de transgresser. Comme Macron en 2016. 

Sauf que cette fronde intervient justement au moment où En Marche cherche à se professionnaliser, avec des instances, des statuts, des référents… Dans sa transgression, pour l’instant minoritaire, Villani ringardise, déjà, le parti le plus jeune de France. 

En Marche vers Solférino ? Ça mériterait une petite psychanalyse partisane… Trop court en une minute ! Et si les marcheurs reproduisaient, inconsciemment, les schémas mortifères de la maison qu’ils ont quittée.   

Allez, Yaël, on se projette sur les jours qui viennent...

Il a choisi espagnol LV1 pour sa rentrée…

De la gauche il ne reste rien (...). Le moment est extrêmement dangereux !" (Jean-Luc Mélenchon, fin juillet, devant le Parlement de Mexico, traduit de l'espagnol)

Mélenchon en campagne depuis deux mois... Campagne latino-américaine. Continent refuge pour Insoumis en quête de nouveau souffle. 

Il sera de retour au plus tôt, mardi, à Paris, pour la rentrée parlementaire. Après sa visite à Lula, hier soir, ultime conférence, lundi, à la faculté des sciences politiques de Mexico. 

Un voyage plus stimulant intellectuellement que ce qui l’attend en France ! Premier obstacle : les municipales… Les Insoumis ne font pas l’impasse, mais après les 6% des européennes, difficile de réenclencher une dynamique. LFI aujourd’hui : ce sont 700 élus locaux et une seule ville de + de 3.000 habitants, Grabels, dans l’Hérault. 

Second obstacle : il est judiciaire. Mélenchon renvoyé en correctionnel le 19 septembre, pour son comportement lors de la perquisition au siège des Insoumis l’an dernier. Au fil de ses rencontres politiques, du Mexique au Brésil en passant par l'Argentine, le leader Insoumis ne cesse de faire le parallèle. Dénonçant le "lawfare", cette pratique des régimes autoritaires qui instrumentalisent la justice pour museler et emprisonner leurs opposants politiques. Lula au Brésil, Kirchner en Argentine... Et lui, Jean-Luc Mélenchon, opprimé et intimidé par Emmanuel Macron ? Macri l'Argentin, Macron le Français, mêmes méthodes ? Sur son blog, Mélenchon met un signe égal. Pas sûr que la victimisation à outrance soit la meilleure parade.  

Enfin, comment mobiliser quand la réforme des retraites est noyée dans un énième grand débat ? Ce devait être la nouvelle mère de ses batailles, cet automne. Pour l’instant, c’est un moulin à vent. 

Reste les privatisations, il y a de quoi faire. La Française des Jeux bientôt. Et surtout Aéroports de Paris : encore 4 millions de signatures à trouver pour espérer enclencher le référendum. Jean-Luc Mélenchon a du pain sur la planche, il serait grand temps de rentrer !

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.