J-7 : pourquoi les Insoumis enjambent les municipales. J+7 : conférence nationale du handicap à l'Elysée.

La semaine politique ! Avec vous, Yael Goosz, chef du service politique. On regarde dans le rétro et on se projette... Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, c’est un saut d'obstacles...

Les retraites, plutôt que les municipales, la France Insoumise choisit son combat. 

Nous avons commencé nos travaux depuis à peine une journée, et déjà vous réduisez de 50% le temps de parole des parlementaires !" (Alexis Corbière, député LFI, mercredi, lors des travaux de la commission spéciale sur la réforme des retraites)

"On aimerait bien arrêter de se faire insulter à longueur de temps" (Réponse de Brigitte Bourguignon, présidente de la commission spéciale)

Le petit théâtre de la commission spéciale, enlisée dans les 19.000 amendements déposés par les Insoumis, hyperactifs contre la réforme des retraites, en quasi léthargie sur le terrain des municipales... Car Jean-Luc Mélenchon a beau être dans le paysage depuis 30 ans, sa jeune formation (LFI), dont il a toujours revendiqué la dimension "gazeuse", n'est pas ancrée localement. A peine une centaine de conseillers municipaux, une seule ville, Grabels, 7900 habitants, dans l'Hérault. Et pas d'ambitions particulières pour ce scrutin 2020. Si ce n'est peut-être à Grenoble, Saint-Denis, Valence ou Montpellier. Aucun objectif chiffré. Comme ça, personne ne pourra acter un échec ou un succès...

Mais tout ça ne fait pas une stratégie. Ou alors, si, celle d'enjamber. Puisque la mère des batailles d'Emmanuel Macron ce sont les retraites, soyons son premier contradicteur national en vue de 2022. Voilà la stratégie. Jean-Luc Mélenchon a fait la tournée des piquets des grèves et des manifs, il fait maintenant celle des signatures pour la motion de censure du 17 février. On le verra à Toulouse le 20 février ? "Mais pas pour les municipales, pour les retraites !", insiste son entourage.

Il faut dire que localement, il y a pas mal d'insoumission à la doctrine insoumise. L'union de la gauche refleurit ici ou là, même François Ruffin a fait de la place aux socialistes à Amiens. Et ça, ça fait au moins un point commun entre Macron et Mélenchon... ça sera un coup dur pour ces deux partisans du dégagisme, si les municipales ressuscitent le PS et les LR.

Allez Yael, on se projette sur les jours qui viennent…

Cela se produit une fois par quinquennat, rendez-vous mardi à l’Élysée pour la conférence nationale du handicap.

Une sociéte se juge à l'attention qu'elle porte aux plus fragiles des siens (...), à son aptitude à refuser les exclusions d'où qu'elles viennent" (Jacques Chirac)

Archive de 1995. Dix ans plus tard, c’est sous son impulsion qu’est adoptée la loi handicap, loi qui oblige, tous les 3 ans, le Président de la République en exercice à rendre des comptes et à faire progresser les droits des personnes handicapées. Pour Emmanuel Macron, le rendez-vous est donc fixé à mardi matin, grande réception dans la salle des fêtes de l’Elysee. Moment solennel pour sensibiliser le pays. 

Car toutes formes confondues, on estime que cela concerne près d’un Français sur 7. Et l’égalité des chances promise dans la loi, on en est loin ! 500.000 demandeurs d’emplois, 18%, c’est deux fois plus que la moyenne des chômeurs dits valides... Les difficultés pour se déplacer persistent, faute d’infrastructures adaptées, la loi Elan n’a rien arrangé. Sondage IFOP : deux tiers des personnes handicapées s’en plaignent. De quoi interpeller nos futurs maires. 

D’ailleurs, question simple, combien de personnes handicapées sont-elles candidates en France aux municipales ? Combien d’élus handicapés ? Aucune réponse, ces statistiques n’existent pas. Sophie Cluzel, la secrétaire d’Etat en charge, lançait il y a deux semaines un appel pour qu’il y avait davantage d’engagement et de places sur les listes, on ne sait pas s’il a été entendu. 

Et puis, est-ce que le matériel électoral est adapté ? Les tracts, la taille du texte, non, rarement. Est-ce que les discours du Premier ministre en streaming sur le site internet de Matignon sont doublés en langue des signes ? Non plus... Quelques progrès, quand même : depuis mars dernier, les majeurs sous tutelle ont le droit de vote, 3.000 inscriptions en plus, là oui ça bouge. 

On sait que sans la loi, la parité hommes femmes sur les listes serait restée un vœu pieux, faudra-t-il faire pareil pour que nos représentants soient vraiment à l’image de la société ? Ce n’est pas l’idée du gouvernement, mais la question, mardi, mérite d’être posée au Président, lui qui a fait de leur « inclusion » une priorité du quinquennat. 

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