J-7 : répliques d'un séisme. J+7 : l'acte 2 en mots.

De la tectonique des plaques au discours de politique générale
De la tectonique des plaques au discours de politique générale © Getty / Daniel Kuras

La semaine politique, avec vous Yaël GOOSZ, chef du service politique de France Inter. On regarde dans le rétroviseur et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yaël, ce sont les répliques d’un séisme…

L’après 26 mai. La planète politique n’a pas fini de trembler.  

J'ai décidé de quitter Les Républicains (...), parce que le parti est cadenassé" (Valérie Pécresse, le 5 juin 2019, sur France 2)

Je ne veux pas être un obstacle, à aucun prix (...). Je me retire de la présidence des Républicains" (Laurent Wauquiez, le 2 juin 2019, sur TF1)

Douze jours après l’élection, le brouillard se dissipe, et apparaît le triptyque : trois planètes exercent leur force de gravité et veulent s'extraire des lois de la physique (le clivage droite / gauche) : la planète RN, la planète Macron, et celle des écologistes.  

Pour les autres, il s’agit de ne pas finir en position de satellites, condamnés à tourner en rond.  

Prenons Les Républicains. La géologie politique est cruelle. Depuis l’été 2010 (Nicolas Sarkozy et son discours de Grenoble), c'est la chronique d’un glissement de terrain permanent. Combien de maires sortants risqueront leur peau sous les couleurs d’un parti LR désagrégé ? Entre la marche forcée d’Emmanuel Macron et le bâton de Marion Maréchal, il faudra avoir les reins solides.  

Prenons les socialistes. Ils sonnent à la porte de Yannick Jadot, qui ne répond pas ! Parce que sa priorité, à lui, c’est de fédérer les écologistes, pas de recycler les socio-démocrates.  

Enfin les Insoumis. Wauquiez s’en va, pourquoi Mélenchon reste ? C’est la question taboue de la semaine. Clémentine Autain la pose. Mais on ne touche pas comme ça à la statue du commandeur.  

Pourtant, la terre tremble sous les pieds de tous ces leaders zappés. L'électeur est migrateur, le politique essaye de suivre, mais les partis sont un frein. Est-ce encore la constance qui paye ou l’agilité permanente ? Comment rester debout face à la tectonique des plaques.   

Allez, Yaël, on se projette sur les jours qui viennent...  

L’acte 2… Demandez le discours ! Edouard Philippe a rendez-vous mercredi devant les députés.   

Il y a une addiction française à la dépense publique (...). Sous le regard inquiet des Français, nous dansons sur un volcan qui gronde de plus en plus fort." (Edouard Philippe, à l'Assemblée nationale, le 4 juillet 2017)

Ça c’était son premier discours de politique générale. Premier grand oral. Passage obligé pour tout Premier ministre, pour s'installer (embarquer sa majorité, poser le rapport de force avec l'opposition), et installer le cap présidentiel.   

Deux ans après, Edouard Philippe a pris du galon, conforté par le sauve-qui-peut à droite. 

Ce qui n’enlève rien à la complexité de l’exercice. Dérouler une feuille de route stratégique avant les municipales. Le choix des réformes, dans quel ordre ? C'est un travail d'arbitrage, de la dentelle, qui va colorer la prochaine campagne. 

Et c’est un peu l’épreuve du « préférerais-tu », vous savez, ce livre pour enfant... La PMA pour toutes : "préférerais-tu" la repousser encore et décevoir ta gauche ? Ou l'examiner, enfin, mais réveiller ta droite ? La révision constitutionnelle : "préférerais-tu" y passer deux mois, peut-être pour rien, avec un Sénat bloquant ? Ou accélérer sur d'autres lois plus concrètes pour les Français ?  

Car derrière le discours, il y a le vote de confiance. Déterminant pour la suite. Ce que regardera l’exécutif, mercredi, c’est si, chez les députés LR, certains s’abstiennent, voire, votent pour… C’est aussi le but de l’opération au Sénat, car oui, là aussi, chose rare, Matignon demandera un vote d’approbation. Le résultat sera négatif, mais l’exécutif sortira sa loupe. Qui a bougé, à droite, et où ? Intéressant pour affiner la carte des municipales… 

Emmanuel Macron continue sa pêche au gros, et au moins gros. Les partis périclitent, pas les manoeuvres tactiques.

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