J-7 : Emmanuel Macron n'enjambe pas les régionales. J+7 : Mitterrandostagie.

La semaine politique, avec vous, Yael Goosz. On regarde dans le rétro, et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, c’est un brutal retour à la normale.

Oui, le virus de la politique, après la politique du virus !

Dans ces grands moments d'épidémie, de doute, les forces de la division sont toujours là qui reviennent (...). Résistance, détermination, unité. Nous avons besoin de ces 3 qualités. Tous ensemble." (Emmanuel Macron, le 28 avril, après son interview à la PQR)

Vidéo twittée il y a dix jours par l'Elysée... Une éternité ! En avril, ne te dévoile pas d’un fil, mais en mai, fais campagne comme il te plaît ! 

Spectaculaire offensive, tapis de bombes programmé, séquencé, du Sud au Nord, avec divorces et portes qui claquent. Fini le chômage partiel pour la presse politique ! Le Président est en campagne ! Il part même en tournée, dans les territoires, pour défendre son bilan.

Confinés dans notre routine sanitaire, on avait fini par croire qu’il les enjamberait, ces régionales et départementales. 

D’où l’effet de surprise ! Des mois qu'il prépare son plan. Dans le Sud, faire de Renaud Muselier le cheval de Troie des droites irréconciliables. Et plus besoin d’Edouard Philippe pour « faire travailler la poutre », ce ne sont pas les charpentiers qui manquent dans les réseaux de son conseiller Thierry Solère. 

Le Sud, puis le Nord, à peine le temps de souffler pour LR, qu'Eric Dupond-Moretti s’invite dans la campagne. Après la fracturation, Emmanuel Macron vise l’affaiblissement d'un rival potentiel pour 2022 (Xavier Bertrand).

Mais il y a des limites aux grandes manoeuvres : faire le coucou, dans le nid des autres, ce n’est pas voler de ses propres ailes. Le macronisme sera-t-il plus lisible après cette guerre de mouvements ? A quoi sert En Marche ? Marine Le Pen regarde le western en mangeant du pop-corn. 

Allez, Yael, on se projette sur les jours qui viennent ?

De l’empereur au sphinx. Après Napoléon, semaine Mitterrand, 40 ans après sa victoire.

Je vous dis d'abord : l'union ! L'union autour d'un programme commun (...) Nous sommes ici pour gouverner !" (F. Mitterrand, meeting du programme commun, décembre 1972)

La tambouille, la magouille, la ratatouille... non ! (J-L. Mélenchon, mars 2021)

L’union, éternel sport de combat à gauche ! 

Deux septennats et un bilan, qui seront disséqués, commentés : colloque au Creusot, dimanche, château de la Verrerie, où François Hollande, Lionel Jospin, Anne Hidalgo et Bernard Cazeneuve ont rendez-vous. Puis lundi, au siège du PS, à Ivry, soirée animée par Serge Moati. Avec pour thème : « réveiller l’espoir ». A 20 heures, frisson : les camarades revivront le moment Minitel, quand apparaît, ce 10 mai 81, le visage pixélisé du vainqueur socialiste.

On notera qu’Olivier Faure sera loin de François Hollande, dimanche. Préférence pour la marche pour le climat. « Mitterrand allait dans le Larzac, comme lui j’accompagne les luttes d’aujourd’hui », explique le premier secrétaire. Le Mitterrand des années 70 était lui aussi minoritaire à gauche… Avant de prendre le leadership. 

La comparaison s’arrête là. A un an de la présidentielle, la tripartition à gauche, PS / Verts / Insoumis, n’est pas réglée… Quadripartition même ! Puisque le communiste Fabien Roussel sera officiellement désigné candidat ce week-end. Et pourtant, aux régionales, départementales, les listes d’union existent par dizaines ! Ce qui ne se voit pas en haut, se fait en bas. 

Au fait, Emmanuel Macron fut adhérent socialiste, si si, de 2006 à 2009. Histoire ancienne, mais selon nos informations, il va faire un geste. Pas le 10 mai, mais 15 jours après. En invitant à l’Elysée tous les anciens collaborateurs des deux septennats. La cellule ressources humaines du Palais a ressorti les fiches, ça fait une centaine de noms. Pour un « moment de convivialité », annonce l’Elysée. L’histoire ne dit pas encore si François Hollande viendra. 

Ni Macron, ni Mitterrand : la nouvelle idole des socialistes est à la Maison Blanche et s’appelle Joe Biden. 

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