J-7 : la macronnie vivante tant qu'elle bouge. J+7 : la task-force anti-RN contre-productive ?

La semaine politique, avec vous Yaël GOOSZ, chef du service politique de France Inter. On regarde dans le rétroviseur et on se projette. Et ce que vous retenez, Yael, c’est une semaine de ballons d’essai…

Oui, en cuir, en mousse ou de baudruches… L’exécutif sature le terrain. Un festival de balles, cette semaine ! Edouard Philippe et l’hypothèse d’un retour au cumul des mandats, Gérald Darmanin et le scénario d’un rabotage des niches fiscales, Bruno Le Maire en guerre contre Bruxelles sur la fusion ratée Alstom / Siemens… Et on pourrait ajouter à cette liste, le plus gros des ballons d’essai, lâché par l’Elysée, celui d’un référendum le 26 mai prochain, couplé aux élections européennes. 

A chaque fois, personne n’infirme, ni ne confirme, n'assume ni ne dément. Mais ça fait réagir, tout le monde court derrière le ou les ballons… C'est le principe. Chacun se positionne, alliés et opposants, ce qui clarifie le rapport de forces et facilite ensuite l’arbitrage. Cette semaine restera comme un cas d’école. La maîtrise de l’horloge. Puisque la sortie du grand débat est une page blanche, le pouvoir tente, ose, teste… C’est lui qui mène le jeu. La macronnie est vivante tant qu’elle bouge. Alors vive les contre-pieds ! On le croyait pro-Bruxelles, Emmanuel Macron fustige la vieille Europe de Maastricht obsédée par ses règles… On lui parle ISF ? Il répond niches fiscales. 

Mais ça, c’est la partie facile, le plus dur sera de transformer l’essai, l’acte 2 sur lequel Emmanuel Macron s’est engagé. Et quand on arrête le test, c’est une autre histoire. La loi anti-casseurs, qui, elle, n’était pas un ballon d’essai, aura fait beaucoup de blessés, cette semaine, dans la majorité.

Allez Yaël, on se projette sur la météo à 7 jours...

Mercredi 13 février, la République en Marche lance sa cellule anti-Rassemblement National...

C'est plus facile de faire une liste quand on n'a aucune ambition pour l'Union Européenne, sauf celle de la détruire. Parce que nous, nous voulons que nos idées gouvernent en Europe." (Stanislas Guerini, délégué général de LREM, invité lundi de France Info)

Cellule, brigade, ou « task force » dans la novlange des marcheurs, appelez la comme vous voulez… L’idée, c’est de contrer Marine Le Pen, son logiciel, ses hommes. Du Nord au Sud. Et c’est pour ça qu’il y aura deux pilotes, deux députées LREM, l’une du Nord, Anne-Laure Cattelot, l’une du Sud, la gardoise Françoise Dumas… Pour résister, en schématisant, aux deux RN qui progressent, le RN identitaire du Sud et le RN social du Nord.

Comment ? La REM veut accroître la présence des services publics dans les territoires où l’adversaire est puissant. La REM veut démonter les infox des candidats RN, faire le bilan précis des sortants, ceux du Parlement européen, et ceux des villes conquises par le FN en 2014. Car les municipales se préparent, et La REM cogite sur de futures alliances au niveau local. 

Ou comment dramatiser et bipolariser encore un peu plus le match à venir des européennes : Macron versus Le Pen. Tous contre elle… Ce qui n’est pas pour lui déplaire. Car la présidente du RN se voit conforter dans son statut d’opposante numéro 1, comme s’il n’y avait plus rien entre elle et lui. 

Le risque - et de ce point de vue-là La République en Marche n’a pas tiré les leçons des années Valls -, c’est aussi de faire monter le RN qui aura beau jeu de se victimiser. Souvenez-vous, en 2014 et 2015, la tournée anti-Le Pen de Manuel Valls. Elle s’était soldée par des records de voix pour Marine Le Pen dans les Hauts de France et pour Marion Maréchal en PACA.

Comment démystifier le RN sans stigmatiser ses électeurs, il faudra que la croisade des marcheurs soit subtile, sinon elle pourrait, à nouveau, s’avérer totalement contre-productive. 

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