La Droite européenne : l'impossible cible d'Emmanuel Macron

Emmanuel Macron
Emmanuel Macron © Getty / Chesnot

J-7 : Macron et la Droite européenne... J+7 : Fin du grand débat, début du grand flottement

La semaine politique, avec vous Carine Bécard. On regarde dans le rétroviseur et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Carine, c'est la tribune sur l'Europe d'Emmanuel Macron...

Oui, et en particulier ses appels du pieds adressés à la Droite modérée.

"Je pense qu'il y a un aspect un peu coucou ! Vous savez on arrive au printemps... Mais c'est un peu gros comme ficelle" (Mardi 5 mars - Assemblée nationale)

Le député "Les Républicains" de la Manche, Philippe Gosselin, est un peu agacé quand il découvre la tribune d'Emmanuel Macron, qui veut "remettre à plat l'espace Schengen" et permettre "à l'Europe de protéger vraiment ses valeurs et ses frontières". Immanquablement, c'est un texte qui parle et qui touche une partie de la Droite. D'ailleurs immédiatement, plusieurs élus - certains ténors - se sont ralliés à la vision et à la campagne d'Emmanuel Macron.

Mais le président peut-il réussir à bousculer - de la même façon - la Droite modérée européenne ? Autrement dit fracturer le Parti Populaire Européen. C'est un des objectifs d'Emmanuel Macron, pour pouvoir ensuite peser sur le débat européen. En réalité, depuis la publication de la tribune, aucun eurodéputé du PPE ne s'est manifesté pour rejoindre Emmanuel Macron. Pourquoi ? Parce que quand vous appartenez au groupe "dominant" du Parlement européen, vous n'avez à priori aucune raison de le quitter pour vous associer à une plus petite formation. Et puis partir du PPE signifie aussi se fâcher avec la CDU, le parti le plus puissant et le plus influent du groupe. Or, personne n'oserait s'aventurer à perdre le soutien de Berlin.

Donc, la stratégie d'Emmanuel Macron a peu de chance d'aboutir. Il ne peut qu'espérer, avec le parti central ALDE, former des "coalitions d'idées".

Allez, Carine, on se projette sur les jours qui viennent...

La fin du Grand débat national, le 15 mars, pourrait vite devenir le début d'un grand flottement général !

"Ne vous inquiétez pas ! Il y aura une sortie du grand débat" (Mercredi 6 mars - BFM-TV)

Le Premier ministre Edouard Philippe reconnaît qu'avec la fin du Grand débat, il y a un risque "déceptif" ! Le risque de décevoir ceux qui ont participé, qui se sont exprimés et qui aimeraient voir leurs propositions remonter. Voilà pourquoi Matignon a décidé d'une réunion, dimanche, avec plusieurs ministres pour commencer à imaginer la suite.

Le problème ? C'est la date ! Passez le 15 mars, vous attendez - tôt ou tard - les premières annonces. Or, il reste toutes les conférences régionales, des débats prévus au Sénat comme à l'Assemblée nationale... Donc, rien ne sera présenté ni globalement restitué avant plusieurs semaines. Une période de latence et de flou dans laquelle pourrait s'engouffrer le mouvement des Gilets jaunes, et qui pourrait vite passer pour l'exécutif, pour de l'indécision.   

En fait, comme toujours, personne ou presque ne sait ce qu'Emmanuel Macron a dans la tête. Et son Premier ministre, Edouard Philippe, sera prié d'animer ce moment de flottement... Ce qui s'annonce assez compliqué !

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