J-7 : la faute politique d'Edouard Philippe. J+7 : câlinothérapie municipale.

La semaine politique ! Avec vous, Yael Goosz, chef du service politique. On regarde dans le rétro et on se projette... Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, c’est un excès de zèle politique d’Edouard Philippe.

Carton jaune !

Il arrivera peut-être, je ne sais pas, qu'un jour, vous ayez l'occasion de débattre à nouveau avec le Président de la République... Peut-être, je ne sais pas, et je ne veux pas préempter ce moment." (Réponse du Premier ministre, à Marine Le Pen qui l'interpelle, le 5 novembre 2019, à l'Assemblée nationale)

L’étrange réponse d’Edouard Philippe à Marine Le Pen, mardi, lors des questions au gouvernement... Le Premier ministre manie souvent l'art du second degré, les marcheurs adorent ses stand-ups en meetings.

Mais là, le cadre est différent ! Nous sommes au cœur de la représentation nationale, qui ne se limite pas aux 304 députés La REM et aux 6 députés RN… En répondant comme il le fait à celle qui s’impose à égalité avec Emmanuel Macron dans les sondages, Edouard Philippe valide et expose publiquement la stratégie qui consiste à mettre en scène et en selle un adversaire qui serait (déjà !) choisi pour 2022. 

Sauf que dans cet hémicycle pluraliste, les Français ont aussi envoyé, pour les représenter, 100 députés LR, une trentaine de socialistes, 17 insoumis et 16 communistes, pour ne citer qu’eux. Quel jeu mortifère que de les rendre simples spectateurs d’un débat binaire et tronqué ! Marine Le Pen, sourire en coin, boit du petit lait en écoutant le Premier ministre… C’est « entre eux et nous », les autres sont en train de mourir, dira-t-elle en sortant. 

Edouard Philippe emporté dans son élan… Ses proches déminent depuis : ce n’est pas ça qu’il voulait dire ! En substance, il voulait la mettre face à ses faiblesses : Madame, ce n’est pas avec un RN surendetté, sans programme et qui radote que vous pourrez débattre une deuxième fois en finale ! 

Sincèrement, à la réécoute, ce n’est pas ce qu’on comprend. Et les autres oppositions peuvent, à juste titre, se sentir humiliées par ce casse-noix qui les exclut. Un peu d’humilité ne ferait pas de mal ! Les Français détestent, à mi-mandat, les finales jouées d’avance.

Allez Yael, on se projette sur les jours qui viennent… 

L’exécutif brosse les maires dans le sens du poil…

C'est toujours une très grande fierté d'accueillir le Président de la République, et c'est toujours un très grand honneur, pour les maires, de pouvoir l'entendre et l'écouter sur la mise en oeuvre et les perspectives" (François Baroin, président de l’Association des maires de France, lors de la conférence de présentation du congrès de l'AMF, le 5 novembre 2019)

Baroin, très apaisé et apaisant à quelques jours de l’ouverture du congrès des maires. Absent l’an dernier, et sifflé il y a deux ans, Emmanuel Macron sera bien là, cette fois, pour l’ouverture, mardi 19 novembre, 

Le maire, ce héros du quotidien, qu’il s’agit de réhabiliter. Et l’on ne compte plus les lettres et les preuves d’amour dont les ministres sont porteurs sur le terrain ! Sébastien Lecornu et sa loi pour leur redonner du pouvoir et mieux les indemniser : les députés commencent à l’examiner jeudi prochain. Brune Poirson au secours des maires souvent impuissants face aux décharges sauvages. Nicole Belloubet et sa circulaire envoyée cette semaine aux procureurs pour poursuivre systématiquement ceux qui agressent les élus ou s’en prennent à leur permanence.

Tous sur le pont ! Avec les maires. Ce sera aussi le cœur de l’agenda présidentiel. Puisqu’en fin de semaine prochaine, le Président doit participer à un conseil municipal à Epernay, dans la Marne. Info de Carine Becard. Le 18, veille du congrès de l’AMF, il doit décorer des élus considérés comme exemplaires, comme Vanik Berberian, président de l’association des maires ruraux de France. Le 20, réception le soir à l’Elysée et échange sans filtre avec Emmanuel Macron. 

Câlinothérapie de campagne, à 4 mois des municipales… Mais pas seulement, on est aussi, un an après, dans le rattrapage post-gilets jaunes. Réparer le lien abîmé entre un pouvoir qui se croyait central et une démocratie locale qui s’est sentie méprisée.

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