J-7 : Marine Le Pen étanche à l'union des droites. J+7 : la compol en temps de Covid.

Marine Le Pen, présidente du RN
Marine Le Pen, présidente du RN © AFP / Ludovic MARIN

Le Pen / Zemmour, même combat ? Au contraire…

Jamais un groupe entier est constitué de voleurs, de violeurs (...). Ce propos était évidemment excessif." (Marine Le Pen, sur RTL, le 6 octobre 2020) 

Marine Le Pen prend ses distances avec les propos du polémiste. Sur CNews la semaine dernière. Eric Zemmour assimilait tous les mineurs migrants à des « voleurs, assassins et violeurs ». Ce qui lui vaut aujourd’hui une avalanche de dépôts de plaintes, avec une vingtaine de départements qui le poursuivent en justice. 

Alors, Marine Le Pen ne l’accable pas, elle parle aussi de « liberté d’expression ». Mais clairement, sur le fond, elle désapprouve… Et c’est très instructif pour la suite, pour 2022. Car Zemmour, c’est aussi la ligne Marion Maréchal, dont il avait été l’invité vedette de sa grande « convention de la droite » il y a un an, souvenez-vous. Robert Ménard, le maire de Béziers, était là, lui aussi. 

Et bien Marine Le Pen pense que cette droite hors les murs ne mène nulle part. En privé, elle ironise : Marion ? « C’est confortable, elle fait de la politique sans électeurs, je l’envie parfois », allusion au thinktank que sa nièce vient d’ouvrir. « Le localisme, la démétropolisation… C’est ça, la nouveauté ? Mais on l’a fait ce travail. » Autre confidence : ce courant de l’union des droites, pour elle, c'est du déjà vu : « Mégret, De Villiers, Nicolas Dupont-Aignan, ça grappille juste quelques voix. » 

Pas prête, donc, à signer l’armistice. La purge au RN, amorcée cet été, va s’amplifier : trois conseillers régionaux, proches de Marion Maréchal, seront probablement exclus et privés d’investitures en Auvergne Rhône Alpes à la fin du mois. Il faut dire que ses sondages de premier tour pour 2022 sont excellents. Pas la peine de changer de ligne. Au contraire. La semaine a été faste : première opposante à être reçue, mardi à Beauvau, pour parler séparatisme. Intérêt bien compris, car des deux côtés, on réinstalle le match. 

En janvier prochain, Marine Le Pen fêtera ses 10 ans à la tête du RN… Fonction qu’elle quittera le temps de la campagne présidentielle, pour pouvoir parler à plus de monde, et renouveler son logiciel (la retraite à 60 ans et la sortie de l’euro ont été des freins en 2017). Dédiabolisation maximale. Avec un Zemmour, idiot utile de Marine Le Pen.

Et sur les jours qui viennent ?

De l’art, difficile, de gouverner en temps de Covid.

Je vois beaucoup de gens qui s'agitent sur la présidentielle, mais la présidentielle se jouera sur un dossier : la gestion de la Covid. Personne n'a de visibilité sur la sortie de crise." (Jean-Pierre Raffarin, sur LCI, le 6 octobre 2020)

Jean-Pierre Raffarin s’y connaît en communication et en pub, c’était son premier métier ! On l’a dit mille fois à ce micro, mais la gestion de crise rend difficile, invisible ou inaudible, tout autre sujet poussé par le gouvernement. 

Alors, vous l’observerez ces prochains jours, l’exécutif va pratiquer à fond l’art de la répétition. Le SAV multiplié par 2. Avant et après-vente, pour capter une opinion saturée de Covid. 

Prenons l’exemple du projet de loi « séparatisme », pardon « renforçant la laïcité et les principes républicains ». Trois jours après le grand discours aux Mureaux, Gérald Darmanin et Marlène Schiappa ajoutent quelques briques : on débat sur l’intitulé, les cultes sont mis dans la boucle, et les chefs de partis reçus les uns après les autres… Tout ça jusqu’au conseil des ministres du 9 décembre, ça laisse le temps de feuilletonner, les Français ne zapperont pas. 

Autre exemple : Ma Prim’Renov, cette prime pour aider à la rénovation thermique des bâtiments… Elle a été lancée en janvier dernier ! Mais Jean Castex est reparti lundi faire le SAV en région, à Clermont, avec tous les ministres concernés. La lutte contre la délinquance du quotidien, idem. Le Premier ministre est à Toulouse ce vendredi avec une bonne partie de son gouvernement. 

Ou comment la Covid a eu raison de Jacques Pilhan, ce communicant qui faisait l’éloge de la parole rare. En période de crise, il faut réussir à s’extraire de la crise. Vivre avec le virus, communiquer par-dessus le virus. A l’Elysée, on aimerait que 2022 ne se résume pas un référendum sur : oui ou non Emmanuel Macron a-t-il bien géré l’épidémie.  

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