La revanche des régions et Emmanuel Macron en deuxième ligne.

Il n’y a pas qu’entre pays que la guerre des masques se produit. Christophe Castaner, hier, a circonscrit l’incendie car le feu couvait entre l’État et les régions. Cette semaine, la région Bourgogne-Franche Comte en a fait l’expérience, se voyant chiper son stock par la préfecture du Grand Est et provoquant une lever de boucliers des présidents de région qui achètent des masques et n’acceptent pas les réquisitions. 

Au sommet de l’État certains évoquent des « chicayas ridicules ». Mais ces évènements illustrent surtout la guerre d’influence que se livrent Paris et les régions depuis le début de la crise sanitaire. Car Au-delà de cette controverse, ce qui apparait, c’est la capacité des grandes collectivités à suppléer pour ne pas dire supplanter l’absence de solutions de l’État. Les maires font fabriquer des masques, les distribuent à leurs concitoyens, les obligent à les porter … Les élus, mis au ban depuis 2017, désavoués, humiliés parfois prennent leur revanche, rivalisent d’ingéniosité et tentent de s’imposer comme des acteurs essentiels de la guerre sanitaire.  

Comme l’État n’a pas réponse à tout, les habitants se tournent vers ceux dont ils sont les plus proches. Cette crise du covid-19 permet pour l’instant un renforcement des pouvoirs locaux, notamment des régions. Début de révolte girondine ou  précampagne des régionales 2021 avec pour certains grands élus, 2022 dans le viseur. 

A suivre la semaine prochaine ?

Emmanuel Macron va redescendre en deuxième ligne. Il sera certes après  20 heures, pour laisser les français applaudir, en direct pour une nouvelle allocution Acte 4 dont on connait déjà quelques prémices : Durée de prolongation du confinement au-delà du 15 avril, port du masque, traçage numérique, relance de l'économie pour "le jour d'après". Le chef de l’État veut donner les réponses les plus complètes… 

Mais il veut aussi montrer que ses paroles sont en conformité avec ses actes et qu’il ne laisse personne au bord du chemin ; il  envisage ainsi  la semaine prochaine un déplacement auprès d’une catégorie de la deuxième ligne : Les caissières. L'Élysée est à la recherche d’un supermarché pour qu’Emmanuel Macron puisse aller soutenir ses maillons essentiels de la guerre qu’il mène. « Il y a urgence à aller à leur rencontre, plaide un de ses amis. Si demain ils font valoir leur droit de retrait nous allons avoir un grand problème ».

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