J-7 : un Président en réserve de la réforme. J+7 : Hidalgo se lance dans une élection capitale.

La semaine politique ! Avec vous, Yael Goosz, chef du service politique. On regarde dans le rétro et on se projette : ce que vous retenez de la semaine, Yael, c’est un président en retrait des retraites…

Et un Premier ministre pivot de la réforme. Mais ça ne trompe personne, en tout cas pas François Hollande.

Les Français, ce qu'ils attendront, ce n'est pas le mot du Premier ministre, le compromis que j'espère (...), ce qu'ils attendront, c'est la position du Président de la République : il est forcément, comptable, responsable, et éventuellement coupable." (François Hollande, sur France Culture, le 7 janvier 2020)

Les amateurs de sciences politiques se replongeront avec délice dans l'histoire de la Cinquième République et de sa « dyarchie exécutive », ces thèses sur le Premier ministre "fusible" ou "bouclier" d’un Président "au-dessus de la mêlée". 

Et c’est vrai qu’en ce début 2020, Emmanuel Macron voudrait éclaircir son horizon, lancer d’autres chantiers. Ce soir, il débat avec les citoyens de la convention climat. Besoin d’air, de perspectives pour élargir son bilan avant 2022, et ne pas se laisser enfermer, comme au temps des gilets jaunes. Il doit y avoir une vie politique après les retraites !

Indirectement, les tensions internationales l’aident à prendre du champ : le conflit Iran/ Etats-Unis, la guerre contre le terrorisme. Il réunit le G5 Sahel à Pau lundi prochain. 

Et donc service minimum sur les retraites. A-t-on entendu le son de sa voix sur le sujet depuis les vœux ? Non. C’est à Edouard Philippe de trouver ce "compromis rapide", qui vire à la course de lenteur. Et en coulisses, c’est Emmanuel Macron qui valide la proposition Ferrand d’amender l’âge pivot, alors que l’agenda officiel de l'Elysée ne mentionne rien de ses activités sur les retraites… 

Un président en réserve, au cas où les choses tourneraient mal ? Le problème, c’est qu’on parle ici de SON programme, sur lequel LUI a été élu, et pas Philippe. Et tant qu’il y aura crise, tout le monde ira chercher la corde de rappel non pas chez le Premier ministre, mais bien chez le premier de cordée. 

Allez Yael, on se projette sur les jours qui viennent… 

Paris, à tout prix. 

Je déclare ma flamme pour Paris (...). J'ai souhaité me déclarer tôt, parce que je veux partir à la rencontre des Parisiens" (Anne Hidalgo)

Scoop ? Non, archive, du 4 septembre 2012, première candidature d’Anne Hidalgo. La prochaine, elle l’officialisera ce week-end dans Le Parisien, puis sur une péniche lundi soir.

Un an et demi de campagne en 2014. Deux mois en 2020. Changement de rythme. Elle n’a évidemment pas le même statut. Maire sortante. Campagne « carpet bombing », « tapis de bombes », promet son équipe. Ravie d’assister au déchirement perpétuel Griveaux / Villani, deux macronnistes percutés, qui plus est, par la réforme des retraites. 

Mais il ne suffit pas de bons sondages pour décrocher la capitale. Paris c’est 17 batailles, une mini présidentielle américaine avec ses arrondissements swing-states… Un 2ème tour où les alliances restent imprévisibles. Et au 3ème tour, qui les 163 conseillers d’arrondissement choisiront-ils comme maire ? 

Extrême et inédite fragmentation de l’offre politique parisienne. Cette bataille, si elle est gagnée par Hidalgo, beaucoup d’observateurs la considèrent déjà comme un tremplin pour la présidentielle… L’intéressée dément. Paris, rien que Paris. La France ne se gagne pas par la capitale. 

Peut-être, mais une capitale qui échapperait à la REM serait une énorme contre-performance avant d'aborder 2022. En Conseil des ministres, lundi, Emmanuel Macron a redit que ces municipales n'étaient qu'une élection locale... Donc sans conséquences. Raisonnement qui ne tiendra pas la route à Paris, la ville-monde.  

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