J-7 : le marqueur nucléaire. J+7 : nouvelles pratiques participatives.

La semaine politique, avec vous, Yael Goosz. On regarde dans le rétro, et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, c’est un credo énergétique.  

Le nucléaire, « pilier de l’énergie civile et militaire en France ». Le Président sans ambiguïtés, mardi, au Creusot, en visite chez Framatome. La ministre de la Transition écologique Barbara Pompili était à ses côtés.    

On leur a demandé les informations sur la mise au niveau de sûreté post-Fukushima de tous les réacteurs des centrales, on n'a pas eu les réponses précises. (Barbara Pompili, le 5 juillet 2018, sur France Inter)

A l'époque Barbara Pompili n'est pas encore ministre, mais députée, auteur d’un rapport inquiétant sur la vulnérabilité des centrales en France. A-t-elle avalé son chapeau anti-nucléaire au Creusot ? Emmanuel Macron s'exprime juste avant l’anniversaire symbolique des 5 ans de l’accord de Paris. La convention climat ne réagit pas ? Normal, la question nucléaire ne figure pas dans son mandat.  

Et voilà une pierre de plus dans le jardin des Verts. Emmanuel Macron crante son clivage entre « écologie du mieux » et « écologie du moins ». Après avoir moqué les « Amish », fustigé « la Bible ou le Coran » de certains activistes écolos, le Président sanctuarise le nucléaire. Fessenheim a fermé l’an dernier, mais 500 millions du plan de relance sont fléchés pour soutenir la filière. Triple opportunité : souveraineté, emploi, et climat. Ne pas non plus faire flamber la facture EDF des gilets jaunes.  

Les écolos macron-compatibles, Barbara Pompili, Pascal Canfin ou Daniel Cohn-Bendit, se raccrochent aux branches du mix, ou "en même temps" énergétique. 50% de renouvelable en 2035, c’est l’engagement. Mais que faire de l’autre moitié, nucléaire, après cette date ? Emmanuel Macron attend 2022 pour juger sur pièces. Une petite bombe pour la présidentielle.    

Allez Yael, on se projette sur les jours qui viennent…   

C comme citoyen…   

Sans attendre, nous tirerons au sort 150 citoyens et nous commencerons ce nouveau travail qui, je crois, répond aux aspirations profondes, et permet de mobiliser l'intelligence collective de manière différente. (Emmanuel Macron, le 25 avril 2019, à l'Elysée)

Aux origines de la convention climat. 25 avril 2019 : à l’issue du grand débat post-gilets jaunes, Emmanuel Macron lance ce processus inspiré notamment de l'exemple irlandais. Vingt mois plus tard, l'expérience se termine. Lundi prochain, le Président reçoit les citoyens, ultime rencontre avant de remettre au conseil d’Etat la copie du projet de loi climat.  

On ne va pas rouvrir ici le débat sur les limites de l’exercice, le verre (ou vert !) à moitié vide ou à moitié plein. Mais plutôt attirer votre attention sur cette « mode » citoyenne. Car Emmanuel Macron, sur les vaccins aussi, va s'appuyer sur un collectif d’une trentaine de citoyens. En janvier, ce sera le cas encore pour le Grenelle ou plutôt « Beauvau de la sécurité ». Des débats citoyens, il y en a eu récemment, peu médiatisés, sur la politique agricole commune, et il y en aura pour préparer la présidence française de l’Union européenne.  

Recourir aux citoyens : innovation stimulante (on embarque « Mr ou Mme tout le monde » dans les cuisines et dans la fabrique complexe de la décision), mais symptôme aussi d’un malaise politique : quand les relais traditionnels ne fonctionnent plus ou mal.  

D’ailleurs, c’est mardi prochain que les députés vont voter la réforme du Cese (le conseil économique, social et environnemental). Consacré comme chambre de la société civile. Il sera plus facile de le saisir pour avis, et pétitionner sera autorisé dès 16 ans.   

Quelques progrès, mais faute de réforme de la Constitution, pas de big-bang ! La promesse, présidentielle, d’un référendum initié par un million d’électeurs n’est pas tenue. Alors comment monter en gamme dans le participatif ? Après le double trauma gilets jaunes et état d’urgence sanitaire, ce sera là encore un beau chantier de campagne pour les candidats en 2022.

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