J-7 : ce n'est déjà plus l'heure de la relance, mais de la méfiance. J+7 : Castaner, paratonnerre

La semaine politique avec Maxence Lambrecq. On regarde dans le rétro, on se projette sur les jours qui viennent avec vous. Et ce que vous retenez de la semaine, c’est l’épidémie qui reprend le pouvoir… 

La rentrée, la relance, le retour du régalien. On oublie.

"Je vais immédiatement subir un test, moi-même, c'est tout à fait normal. J'observerai les règles scrupuleusement" Jean Castex, 8 septembre 2020

Le Premier ministre à l’isolement. C’était mardi, la faute au patron du Tour de France. Et pendant ce temps-là, Emmanuel Macron pris d’une quinte de toux à Clermont-Ferrand. L’offensive « égalité des chances » passe à la trappe. Le gouvernement prisonnier du Covid, le reste paraît inaudible. Fin août, Jean Castex en parlait au passé : « La France a tenu le choc…Regardons l’avenir avec confiance ». Et le voilà, confiné à Matignon, obligé de prolonger encore l’état d’urgence transitoire, de prévoir un dispositif de chômage partiel jusqu’à l’été prochain.

Ce n’est déjà plus l’heure de la relance, mais de la méfiance…sous la pression du Conseil scientifique, qui suggère des « décisions difficiles ». Le Président s’en méfie : ras-le-bol de se faire dicter son agenda. Il veut garder la main, montrer qu’on peut « vivre avec ». Sauf qu’il est le chef de guerre. C’est lui qui donne le ton pour maintenir ou non la pression sur des Français, masqués toute la journée, qui voient les écoles se fermer, les enfants se faire tester. A quoi bon leur parler « séparatisme islamiste » ? Son déplacement sur ce thème dans la ville de Lunel est reporté : la politique à nouveau anesthésiée.

Allez, on se projette sur les jours qui viennent…

Malgré tout, la rentrée mardi à l’Assemblée avec un nouveau chef.

"J'ai remarqué l'envie de peser de tout notre poids sur les décisions à venir et de faire entendre fermement notre voix dans les débats qui s'annoncent" Christophe Castaner, 10 septembre 2020

Christophe Castaner, élu hier de peu patron du groupe La République En Marche à l’Assemblée, immédiatement contraint de donner des gages aux rebelles, aux 120 députés qui ont défié le marcheur de la première heure, ancien ministre de l’Intérieur. 120 voix pour son adversaire Aurore Bergé : la preuve d’une majorité tourmentée, fatiguée, divisée. Bon courage pour la rassembler ! 

D’autant qu’une fin de quinquennat à l’Assemblée, c’est toujours compliqué. Entre celles et ceux qui veulent déjà tourner la page, quitter le navire, en macronie, ils sont nombreux. Ceux qui ne montent plus à Paris pour être réélu car lâcher le terrain, c’est perdre des points. Et ceux qui, à l’inverse, veulent faire la pluie et le beau temps. Ce furent les frondeurs sous Hollande. Des élus qui tiennent leur circonscription, veulent enfin se faire entendre, quitte à changer de groupe. On les sent déjà prêts à s’attaquer au plan de relance : réclamer des contreparties pour les grands groupes. Les anciens socialistes n’ont pas oublié l’échec du CICE. 20 milliards d’aide par an et très peu d’emplois à la clé. « Les emplois ne se décrètent pas » tacle déjà le rapporteur du budget. Ce sera l’un des premiers matchs du supporter de l’OM, Christophe Castaner, chargé aussi de sécuriser la majorité, de monter dès mardi un intergroupe. L’ex-premier flic de France va devoir tenir ses troupes. 

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