J-7 : Young lives matter. J+7 : RN, parti à la peine.

La semaine politique, avec vous, Yael Goosz. On regarde dans le rétro, et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, c’est un coup de jeune...

Et des genoux à terre place de la République. 

Ce combat contre le racisme, c'est ce qui m'a fait, moi, et donc je comprends parfaitement ceux qui veulent manifester (...). Si ce symbole-là [de mettre un genou à terre] était utile, je serais parfaitement à l'aise de le faire." (le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, le 9 juin 2020 sur BFMTV). 

Et ce geste, celui du quaterback américain Colin Kaepernick, des leaders de la gauche et des Verts, l’ont effectivement reproduit lors de la manifestation en hommage à George Floyd. Quand un symbole traverse l’Atlantique à la vitesse des réseaux sociaux et devient universel… 

Des gilets jaunes au "Black lives matter" : qui aurait imaginé ce même Christophe Castaner se distancier à ce point de la police et de ses techniques d’intervention ? Alors, juste après lui, Edouard Philippe et Emmanuel Macron sont montés au front pour refuser les amalgames et « ne pas salir », comme l’a dit le Président, « l’écrasante majorité des forces de l’ordre ». Il n’empêche, le signal envoyé est fort : retour à la campagne 2017, quand Emmanuel Macron promettait « d’être intraitable face aux comportements déviants de la police. » 

Signal envoyé à qui ? A la jeunesse ! Car le risque de décrochage générationnel (de sécession, dit même l'Elysée) est réel. Qui trinque après le confinement ? Ces diplômés sans débouchés. Ces étudiants privés d'amphis. Ces apprentis en sursis dont l’Etat subventionne quasiment les embauches… Cette jeunesse qui était Greta avant le Covid, en marche ? Mais par pour Macron, pour le climat. 

Désormais, les manifestations sont tolérées, l’état d’urgence n'est pas prorogé. Emmanuel Macron moins raide, et moins ridé pour tenter, dimanche soir, de calmer les angoisses de la génération Covid. 

Allez Yael, on se projette sur les jours qui viennent… 

Le RN a-t-il fraudé pour sa campagne législative de 2012 ? Réponse des juges mardi prochain. 

En prêtant au Rassemblement National, non seulement vous nous permettrez de nous mettre en ordre de bataille (...), mais vous faites fructifier votre épargne, avec un placement de 12 mois, dont le rendement de 5% est sans équivalent sur le marché." (Marine Le Pen, présidente du RN)

« Et vous faites une très bonne affaire ! », promet Marine Le Pen, depuis son salon, dans une vidéo qui fait la une du site internet du RN. 

Grand emprunt ou souscription SOS pour éviter la faillite ? Car le paradoxe n’a jamais été aussi grand, entre la force politique de Marine Le Pen, et la faiblesse structurelle de son parti. Combien de militants aujourd’hui ? 20.000 ? Deux fois moins qu’en 2017, au plus fort de la campagne présidentielle. Les municipales ? Pas terribles non plus. La crise sanitaire a bon dos, l'élection était déjà mal engagée avant la pandémie ! Un tiers de listes en moins qu'en 2014. Des fédérations qui crient famine et 1/3 de permanences qui ferment. 

Et même si le RN se plaint souvent, comme le Modem d’ailleurs, de ne pas pouvoir s’appuyer sur une banque publique de la démocratie, le ver est d’abord dans le fruit. Gestion calamiteuse. Au point qu’en mars un ex-salarié a assigné le RN en « liquidation judiciaire ». Fin 2018, l’endettement atteignait 24 millions d’euros ! Et dans l’affaire du prêt russe, le tribunal de Moscou ne fait que rééchelonner les versements : 100.000 euros à payer tous les mois jusqu’en 2028 ! Quant au dossier Riwal, qui sera soldé mardi, il devrait encore grever les comptes (d'au moins 500.000 euros). 

On comprend mieux pourquoi Marine Le Pen en appelle aux dons, et aussi pourquoi elle soutient à fond le chômage partiel ! Puisque ses propres salariés, au RN, y ont recours ! C’est bien commode. Comme sa conversion au gaullisme et ce déplacement sur l'île de Sein le 18 juin. Le RN dédiabolisé ou ripoliné pour la vitrine : "Hé, vous n'auriez pas une petite pièce s’il vous plaît ?" 

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