J-7 : Pour l'Elysée, une semaine de marqueurs / J+7 : Macron attaque l'Everest des européennes

Et ce qu'on retiendra de la semaine, c’est la définition, en action, du macronisme, à travers toute une série de marqueurs.  

Le lien entre l'Eglise et l'Etat s'est abîmé, il nous importe à vous comme à moi de le réparer" (E. Macron, lundi 9 avril, devant le collège des évêques de France)

Les professionnels du désordre doivent comprendre que nous sommes dans un Etat d'ordre" (E. Macron, jeudi 12 avril, TF1)

François Hollande disait hier que le macronisme était une forme de technocratie, qui s'extrait de la politique... Cette semaine aura au contraire montré Président très politique, et même "dynamiteur", titre du documentaire que la chaîne LCI diffusait hier soir. Mais "dynamiteur" de qui, de quoi ? De la gauche ? Le travail est fait. Et à voir comment à gauche le Hollande "bashing" a repris de plus belle,  effectivement on se dit que la convalescence sera longue.  

Non, Emmanuel Macron aura cette semaine cranté encore un peu plus son offensive sur la droite… Réparer la relation abîmée entre l’Eglise et l’Etat ? L’idée est bien de ne pas laisser les électeurs catholiques entre les mains d’une droite ou extrême droite identitaire. L'évacuation des zadistes et des étudiants gauchistes "professionnels du désordre" ? C’est la fermeté que la droite réclame depuis des années. La réforme de la SNCF ? Les LR ne savent tellement plus comment s’y opposer qu’ils vont voter pour.  

Le choix des mots, plus durs, et du canal de diffusion : Jean-Pierre Pernaut. Pour gagner, Emmanuel Macron a eu besoin des électeurs socialistes. Pour gouverner dans la durée, il veut apprivoiser cette droite nostalgique de l’autorité. 

Allez, Yael, on se projette sur la semaine prochaine, quelle météo politique ?  

Semaine charnière : il y a un an l'entrée à l'Elysée, dans un an les élections européennes, Emmanuel Macron à nouveau en campagne.  

Vous n'avez qu'un choix simple, celui de laisser un peu plus de place à chaque élection aux nationalistes, à ceux qui détestent l'Europe (...), nous les avons déjà vus gagner ! Regardez notre époque et vous verrez que vous n'avez pas le choix !" (Emmanuel Macron,  discours de La Sorbonne, 26 septembre 2017). 

Des mots qui ont fait résonner l'amphithéâtre de La Sorbonne le 26 septembre dernier. La Sorbonne II, ce sera mardi matin, le Président s'exprimera devant le Parlement de Strasbourg. On parlait de marqueurs, et bien en voilà un autre ! "Progressistes contre nationalistes, pro contre anti-européens". L'élection est à un tour, les listes sont nationales. Si La REM et ses alliés ne sortent pas en tête en mai 2019, ce sera une défaite pour le Président.  

Ça paraît simple sur le papier, mais seulement sur le papier Yael…  

Oui parce que même en cas de victoire, ce sera sans doute l’arbre europhile qui cache la forêt europhobe. Confidence d’un proche du Président : « J’ai du mal à croire qu’on puisse refaire à l’échelle de l’Europe , le big-bang qu'on a réussi en France ». Si la liste macroniste sort en tête, ça fera au mieux 30 sièges, noyés dans la masse des 700 parlementaires issus de 27 élections différentes. Une minorité active, qui pourra s’allier à un groupe centriste (ALDE), mais lui-même minoritaire. 

Et la fibre pro-européenne d’Emmanuel Macron fait figure d'exception aujourd’hui. Car c’est surtout la poussée populiste qui est en marche, comme en Hongrie dimanche dernier. Savez-vous combien a fait Momentum, le parti allié d’En Marche ? Moins de 3%. Le risque d’inertie, de repli, de blocage est immense, avec un budget européen amputé pour cause de Brexit. C’est ça la realpolitik qui attend Emmanuel Macron, Don Quichotte de l’Europe contre les moulins à vent de ses partenaires. 

Et en France, une campagne qui ne sera pas aussi binaire qu’il l’espère :  il y aura d'autres listes pro-européennes à gauche, socialistes, hamonistes. Emmanuel Macron a raison de démarrer très tôt, le premier de cordée s’attaque à l’Everest.

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