J-7 : 2022, la campagne a déjà commencé sur l'Europe. J+7 : sécurité globale, loi de "protection" des forces de l'ordre et/ou de répression ?

Emmanuel Macron, président de la République
Emmanuel Macron, président de la République © Getty / Marco Cantile/LightRocke

La semaine politique, avec vous, Yael Goosz. On regarde dans le rétro, et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, ce sont des cailloux semés pour 2022...

Entre les hommages à De Gaulle et à Genevoix, c’était moins visible, mais Emmanuel Macron a aussi repris son bâton de pèlerin d’Européen, la présidentielle en ligne de mire.  

Monsieur Macron est notre antithèse parfaite (...), son projet mondialiste et ultra-européiste (...) va à l'exact inverse du nôtre" (Marine Le Pen, à Nice, le 27 avril 2017)

Archive d’entre-deux-tours, Marine Le Pen en meeting. Et c’est bien à ce nouvel affrontement que l'Elysée se prépare. Car, qui prendra la présidence tournante de l’Union européenne, au premier semestre 2022 ? La France. En pleine campagne ! D’où l’importance d’avoir un bilan et d'être à la manoeuvre.  

A cet égard, la journée de mardi aura été doublement importante. Mardi, les Etats membres et les eurodéputés sont tombés d’accord sur le budget du Parlement européen, feu vert à un plan de relance, massif et inédit. Au même moment, Angela Merkel était en visioconférence avec Emmanuel Macron pour envisager une riposte commune face au terrorisme. Lutte contre la haine en ligne, pourquoi pas des imams formés dans des instituts européens. La semaine dernière déjà, Emmanuel Macron, en visite au col du Perthus, avait donné le ton sur le nécessaire renforcement des frontières extérieures.   

L'enjeu ? Montrer que l’ouverture n’est pas l’ennemie de la protection, que c’est même le contraire. Dans le domaine régalien, mais aussi sur le front sanitaire : l’Europe réserve ses doses de vaccin… Les brexiteurs devront se débrouiller seuls.   

Europe de "la relance, de la puissance, de l'appartenance" : futur triptyque du Président, europhile mais pas eurobéat. Et qui s’inquiète, en coulisses, de voir les 27 remettre leurs pantoufles, après la victoire anesthésiante de Joe Biden. Alors que le Vieux continent s'était réveillé face à Trump.    

Allez Yael, on se projette sur les jours qui viennent…   

Protéger « ceux qui nous protègent », mais à quel prix ?  

Dans nos lois, nos principes, nos lois, il y a la liberté de culte, aussi la liberté de conscience, et la liberté d'expression (...), ça veut dire que dans notre pays, quiconque est journaliste peut s'exprimer librement" (Emmanuel Macron, le 31 octobre 2020, sur la chaîne télé Al Jazeera)

Emmanuel Macron avocat de la presse et de Charlie. Et en même temps, voilà nos députés qui vont plancher, dès mardi, sur un texte qui pourrait affaiblir ce plaidoyer. La loi dite de « sécurité globale », qui vise, dans son article 24, à « prohiber (je cite) l’usage malveillant » des images de policiers ou gendarmes en intervention, sous peine d’un an de prison et de 45.000 euros d’amende.   

« Protéger ceux qui nous protègent », c'est le credo de son auteur, l'ancien patron du RAID et député La REM, Jean-Michel Fauvergue. On rappelle le contexte : une série d’agressions violentes à la rentrée, et le Président qui reçoit mi-octobre les syndicats de police à l’Elysée.  

Puis resurgit le terrorisme islamiste, contre les anciens locaux de Charlie, puis contre Samuel Paty, qui enseignait la liberté d’expression. 

D’où le malaise. Est-ce que le fait de filmer une charge de la police, aussi légitime soit-elle, qui tournerait mal, portera préjudice à celui qui tient la caméra ou le smartphone ? La peur des poursuites créera-t-elle de l’autocensure ? Retour de bâton post-gilets jaunes ? Même la défenseur des droits se dit préoccupée.  

Le garde-fou, nous dit-on, c'est que les policiers, même floutés, pourront être identifiés par leur matricule. A condition d’en porter un.  

Alors que les contrôles d’attestation reprennent, que l’état d’urgence se prolonge, que les conseils de défense sont à la mode et que la majorité En Marche critique le Conseil constitutionnel : prime, encore une fois, à l'autorité, au détriment des libertés.

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