J-7 : perturbations de rentrée. J+7 : Chaban-stalgie

La semaine politique ! Avec vous, Yael Goosz, chef du service politique. On regarde dans le rétro et on se projette... Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, c’est la rentrée des oppositions. Au pluriel. 

On se serait presque assoupi, au fond de la salle, à manger du pop-corn en regardant "l'acte 2" se dérouler sans suspense… Quand soudain !  

Moi je risque dix ans de prison, paraît-il. Et pourquoi ? Pour avoir fait preuve de rébellion... Ah, quelle découverte ! Je suis un rebelle depuis toute ma vie, c'est marqué dessus : Insoumis." (Jean-Luc Mélenchon, à Paris, le 12 septembre 2019)

Le réveil des anti-Macron, ceux qui l'ont affronté et talonné en 2017 : Jean-Luc Mélenchon, relooké en quasi prisonnier politique. Ce week-end, c'est aussi Marine Le Pen qui repart en croisade depuis Fréjus, où le RN fait sa rentrée.

Comme un changement d’ambiance cette semaine… Le spectre des affaires est venu dérégler le story telling "tranquille" d'une rentrée "apaisée". L’exemplarité en boomerang, qui fait qu’on ne sait plus où mettre le curseur, entre un homard et une mise en examen. 

Rentrée chahutée aussi chez des personnels inquiets pour leurs retraites. Comme si la pause annoncée produisait l’effet inverse… Aucune anesthésie générale. Au contraire : tout le monde en alerte, à l’affût du moindre signal sur la réforme qui se prépare. 

Les gilets jaunes ? Come-back le 21 septembre, tous « contre le système », c’est le mot d’ordre. Fourre-tout, donc a priori inoffensif ? Mais qui insécurise le gouvernement. Comment prévoir ? Où mettre les capteurs, quand il n’y a plus de grands syndicats ou de grands partis pour filtrer la colère. 

Rentrée sociale ET sociétale. Le débat est respectueux, à l’Assemblée, sur la bioéthique. Mais il suffit d’un projet de circulaire sur les enfants nés de GPA à l’étranger, pour que tout s’hystérise. 

Et puis il y a les oppositions internes à gérer : les dissidences aux municipales, et bientôt chez les marcheurs, le risque d’un nouveau malentendu sur la politique migratoire. 

La rentrée de Macron : Acte 2 ou acte 1 remasterisé » ?

Allez, Yaël, on se projette sur les jours qui viennent...

L’été avait commencé sur une Pompidou-Mania, il se referme sur une Chaban-stalgie…

La nouvelle société que nous devons construire, doit être aussi, faut-il le dire, une société solidaire (...). La participation doit devenir une réalité vivante, grâce au concours de tous." (Jacques Chaban-Delmas, le 16 septembre 1969, à l'Assemblée nationale)

Jacques Chaban Delmas, et sa « nouvelle société ». Les députés feront de l’achéologie politique, lundi, à l’Assemblée. Colloque sur les 50 ans d’un discours prononcé par l'ancien Premier ministre. 

Son fils, Jean-Jacques Chaban Delmas, va réunir un panel de politiques, très large : Nicolas Sarkozy, Yannick Jadot, Hubert Védrine, Brune Poirson. Pour ne citer qu'eux.

La même démarche d’ouverture que son père, qui tente, dès 69 (personne ne s’en souvient), de faire entrer un socialiste, Gaston Defferre, au gouvernement. Un échec. Première brouille avec Pompidou, qui limogera, 3 ans plus tard, ce Chaban trop disruptif politiquement… Mais dont le diagnostic résonne encore aujourd’hui. Celui d'une société « bloquée » qu’il faudrait déverrouiller, libérer. 

Certains verront dans le macronnisme un « remake » du chabanisme. En réalité, dans cette "nouvelle société" qui a 50 ans, chacun y puise ce qui l'arrange… Yannick Jadot viendra saluer la première prise de conscience écologique, Robert Poujade, premier ministre de l'environnement sous Chaban. 

Seul accroc à cette journée d'hommage unanime : une personne manquera à l'appel, lundi, Edouard Philippe. Il devait conclure. Il ne viendra pas. Ce n’est pas parce qu’on est l’héritier de Juppé, lui-même héritier de Chaban, qu’il faudrait forcer l’héritage. Ses modèles de Premier ministre ont pour nom Rocard et Mendès-France.... De quoi nourrir encore de nombreux colloques, sur cette 5ème République, muséifiée, nostalgique de ses idoles perdues.

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