J-7 : la "remontada" de Machiavel Macron. J+7 : Hidalgo n'a pas dit son dernier mot

Emmanuel Macron
Emmanuel Macron © Getty / Sascha Schuermann

Ce que l"on retient de la semaine, c’est la "remontada" d’Emmanuel... Machiavel !

Oui, dans des circonstances à priori très défavorables...  

Ce n'est pas une affaire d'Etat, c'est l'affaire d'un bonhomme qui manifestement a fait n'importe quoi et continue à faire n'importe quoi" (Christophe Castaner, France Inter, le 10 février 2019)

On laisse à penser que nous cacherions des choses, il n'en est rien. La justice fait son travail (...)" (Edouard Philippe, à l'Assemblée nationale, le 12 février 2019)  

Benalla. Tout le monde en parle sauf lui... Silence du Président depuis début novembre ! Et à l'époque Emmanuel Macron réclamait encore de « l’indulgence » pour son ex garde du corps, dont on découvre aujourd'hui le business parallèle avec des oligarques russes. 

Autre vent de face cette semaine, un Président confronté à la fuite de ses cerveaux : le "Mormon" Ismael Emelien s’en va pour publier la bible du progressisme, il part surtout pour ne pas gêner. Toujours ce poison de l’affaire Benalla.  

Mais à un mois de son terme, le grand débat s'avère plus fort qu’Isma ou Benalla ! Emmanuel Macron est en plein regain sondagier, + 6 points dans le dernier Ifop, revenu à son niveau d’avant la crise des gilets jaunes ! Ce qui déroute même les sondeurs, car un tel retournement après le toboggan, c'est rarissisme. Bien sûr, les mécontents sont majoritaires, mais le socle est remobilisé, et le charme opère sur l'électorat de droite âgé. 

D’ailleurs, son nouveau cercle de confiance aussi, a des cheveux gris, de Bayrou à Grangeon, de Delevoye à Ferrand... C’est sur eux que le Président s'appuie désormais. Cercle de confiance, cercle d’expérience. Comme Jacques Mezard et Alain Juppé, récompensés au Conseil constitutionnel, ce qui élargit en retour son assise politique, du centre gauche à la droite girondine. 

A la mi-temps du grand débat, Emmanuel Macron n’est plus pompier, il redevient maçon, personne n’a encore les plans de la nouvelle maison, mais on voit mieux les fondations. 

Allez, Yaël, on se projette sur les jours qui viennent...  

Oui, Bordeaux pleure Alain Juppé, mais Paris a toujours Anne Hidalgo.

Gérer une ville comme Paris, c'est forcément être soumise à des épreuves (...). Dès la première bataille de Paris, en 1977, elle était disputée, et c'est normal !" (Anne Hidalgo, France 2, le 22 septembre 2018). 

Exercice de communication de crise... Car à l'époque rien ne va plus. Les emmerdes roulent en escadrille, d’autolib à Velib. En face, les marcheurs accélèrent et jubilent, alléchés par cette odeur de fin de règne à l’hôtel de ville. C’était en septembre, il y a une éternité.

Car depuis elle s’est refait une santé, Anne Hidalgo. « Ça va mieux », dit-elle en petit comité, et de réprimer un fou rire... Parce que François Hollande aussi disait ça. Non, elle, ça irait "vraiment" mieux.

En décembre, elle a remporté, devant la justice européenne, son combat contre les constructeurs diesel et leurs normes d’émission trop élevées. La semaine dernière, elle a lancé sa police municipale à Paris... Jeudi prochain, elle sera la maîtresse de cérémonie de Women4Climate, à Paris, pour accueillir les maires des plus grandes villes du monde, mobilisés pour le climat.

Socialiste, écologiste, féministe ? Tout ça à la fois et surtout « réaliste », dit-elle. La candidature ? Horizon septembre / octobre. La concurrence sera rude, le bilan sans concession, mais l’animal politique est bien vivant. Et si ça passe à Paris, Anne Hidalgo aura un rôle à jouer dans la grande explication de 2022, avec d'autres... Bernard Cazeneuve, Xavier Bertrand, François Baroin, Valérie Pécresse et Anne Hidalgo, le dégagisme d'Emmanuel Macron est loin d'avoir dégagé tout le monde.

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