J-7 : cacophonies politiques, 2017 en pire ? J+7 : neverending municipales

La semaine politique, avec vous, Yael Goosz. On regarde dans le rétro, et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, c’est un déconfinement sans apaisement…

Pas mieux que pendant le confinement !

Il y a des oiseaux de malheur, des sortes de charognards de l'information, qui attendent à chaque fois pour essayer de traquer un scandale d'Etat, je crois que les Français sont plus responsables que ça" (Stanislas Guerini, délégué général de la REM, le 12 mai 2020, sur France Info)

Si on arrêtait juste de se foutre sur la gueule pour des bêtises (...), ce qui nous attend est monstrueux" (Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, le 13 mai 2020, sur France Inter)

Deux appels au cessez-le-feu en plein Covid-Bashing. C’est vrai que la semaine commence sur une fausse note : vide juridique le jour J du déconfinement, lundi, le Conseil constitutionnel n'est pas prêt, Emmanuel Macron était trop pressé. Mais à part ça, le plan se déroule sans accroc. On rouvre les plages, on reparle vacances… Est-ce mis au crédit du gouvernement ? Non, on n'applaudit pas les trains qui arrivent à l’heure. Et le grand risque désormais, c’est qu’au moindre écart, au moindre cluster, au moindre retard dans les primes promises, le boomerang aille deux fois plus vite. "Mais pourquoi avez-vous déconfiné si vite ? Et vos masques, et vos tests..." Réplique probable d’une opposition en mode automatique. 

Une ? Non, des oppositions, au pluriel… Qui ont réussi à se grouper au Sénat, pour une commission d’enquête dès le mois de juin. Ajoutez à cela la soixantaine de plaintes devant la Cour de justice de la République, et vous comprendrez pourquoi l’exécutif marche sur un fil… Back to 2017, avec un paysage plus balkanisé encore : un président entré par effraction, cerné, à qui ni Marine Le Pen, ni Jean-Luc Mélenchon, ni les Républicains, ni les écologistes, ni les socialistes, ne feront plus aucun cadeau. Chaque opposition est dans son jour d’après. Tout le monde est à cran. Même la création d’un neuvième groupe parlementaire est vécue au plus haut niveau comme un putsch ! Et nous ne sommes que le 15 mai, ça va être long jusqu'à la trêve estivale.

Allez, Yael, on se projette sur les jours qui viennent ?

Et si on déconfinait aussi les bureaux de vote.

Si on est capable d'ouvrir les écoles, les commerces (...), je ne vois pas au nom de quoi le deuxième tour ne pourrait pas se tenir en juin" (Christian Jacob, président des Républicains, le 11 mai 2020, sur France Inter)

Christian Jacob, qui dit oui à un deuxième tour des municipales, fin juin (le 21 ou le 28), dans les quelques 5000 communes où l'élection n'a pas pu se finir… Avis du conseil scientifique lundi prochain, le gouvernement accélère. 

Mais entre exigence démocratique et impératif sanitaire, une réponse de normand ne suffira pas. Et c’est bien le politique qui devra trancher. Nouveau dilemme en perspective pour le duo Macron / Philippe, pressé de toutes parts. Tous les maires sortants ou presque dans les grandes villes, le veulent, ils y ont intérêt. Prime à la gestion de crise ! Mais attention, les perdants formuleront des recours, distribuer des masques par exemple, était-ce une campagne déguisée ? Certains préfets redoutent des invalidations en cascade. 

L'argument le plus solide pour boucler vite, c'est la relance, car 2/3 de l'investissement public passe par des collectivités locales aujourd'hui bloquées... Et puis attendre la rentrée imposerait de remettre les compteurs à zéro, donc pour l’Etat de défrayer deux fois les dépenses du 1er tour. Enfin, il y a l'équation personnelle d'Edouard Philippe : juin s’impose pour arbitrer sur son propre avenir, acte 3 à Matignon ou tentation du Havre  ? En macronie aussi, l’envie de tourner la page de ce mid-term raté est très forte, mais si les mauvais scores se confirment, ce sera aussi la cata aux sénatoriales de septembre. 

Alors, question banco : un consensus politique est-il possible sur un deuxième tour en juin ? Plutôt oui… Question super banco : les Français en ont-ils envie, après le traumatisme du 15 mars ? Joker.  

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