Pendant qu'Emmanuel Macron veut se réinventer, le gouvernement est mis sous pression.

Emmanuel Macron, président de la République
Emmanuel Macron, président de la République © AFP / Yoan VALAT / POOL

Ce que vous retenez de la semaine, c’est une phrase d’Emmanuel Macron qui est plutôt passée inaperçue :

Sachons sortir des sentiers battus, des idéologies et sachons nous réinventer, moi le premier.

Interrogé, à l'issue de cette allocution, par quelques journalistes triés sur le volet, le chef de l’État a tenté un début d'explication. "Il y a eu un moment du quinquennat où j’étais sabre au clair", a-t-il renchéri. Le Président serait-il prêt à ranger la lame dans le fourreau ?

C’est la chose la plus forte qu’il ait dite depuis 2017 se félicite un intime. Cette petite phrase, petite au sens courte du terme, en dit en effet long. Certains autour de lui citent même Gramsci pour l’expliciter : "la crise c’est quand l’ancien meurt et que le nouveau peine à naitre".

Gramsci et le syndrome du colonel Nicholson

D’autres vont plus loin. "Il a tourné la page qu’il était nécessaire d’écrire en 2017. Les circonstances le contraignent, en bon gaullien qu’il est, à réadapter sa politique" théorise ainsi un de ses amis.

C’est ce qu’on appelle le "syndrome du colonel Nicholson dans le pont de la Riviere Kwai". Le colonel Nicholson est très fier d’avoir construit son pont et il rechigne à le détruire quand bien même il serait nuisible. 

La question se pose sur les reformes, assène un ténor de la majorité. Les retraites, le chômage ? "Est-ce la demande d’un État protecteur et rassurant. La réponse est non", poursuit le même. 

Le fameux acte 2 qu’on rabâche depuis des mois vient de débuter... 

A suivre la semaine prochaine ? 

LE compte à rebours est lancé.  Emmanuel Macron a demandé à son gouvernement que soit présenté dans les 15 jours le plan de l’après 11 mai. 

"Il nous a donné un cap, c’est notre job, raconte une ministre IL faut que tout soit résolu pour qu’on puisse donner les instructions au préfet sur la stratégie".

Le 11 mai : le chef de l’État a été clair. 

Il ne faut pas retomber dans les travers du passé, espère toutefois un proche du président. Jusqu’à présent il décidait et souvent derrière,  les ministres, l’administration travestissaient et/ou trahissaient ses orientations.

Cette fois il y a une mise sous pression et une obligation de résultat. Le président y veillera scrupuleusement. 

Le plan de l’après 11 mai se détaille en 17 chantiers. Parmi lesquels, "un suivi du risque épidémique", confié à Olivier Veran, on s’en doute en première ligne, "assurer la reprise  du travail dans les entreprises", c’est pour le duo Lemaire/ Penicaud, "la réouverture progressive des écoles", "les enjeux frontaliers". A chaque fois les ministres sont chargés de faire remonter au monsieur déconfinement du gouvernement Jean Castex et à Edouard Philippe, les bonnes et les mauvaises questions à se poser pour cette sortie de crise. 

Et déjà le 22 avril donc mercredi prochain, une première mouture de leur projet d’action doit être prêt. Matignon a envoyé un email aux ministres qui se termine ainsi "caractère très prioritaire de la présente instruction". Était-il nécessaire de le préciser ?

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