J-7 : pourquoi l'exécutif change de ton sur l'attitude des forces de l'ordre. J+7 : Ségolène Royal, le réveil d'un fauve politique.

La semaine politique ! Avec vous, Yael Goosz, chef du service politique. On regarde dans le rétro et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, c’est une évolution sémantique…

Un discours de moins en moins policé sur la police.

On ne fait pas de croche-pied à l'éthique, sauf à s'abaisser et à abaisser la police" (Christophe Castaner, devant l'Ecole supérieure des officiers de police, le 13 janvier 2020)

J'attends, de nos policiers et de nos gendarmes, la plus grande déontologie" (Emmanuel Macron, en visite à Pau, le 14 janvier 2020)

Vers un acte 2 dans la relation avec les forces de l’ordre. L’acte 1 était marqué par l’insurrection gilets jaunes. Il y a un an, Emmanuel Macron n’avait aucun complexe à s'inspirer de Nicolas Sarkozy, à copier/coller la loi anti-casseurs de Bruno Retailleau. Un exécutif d’autant plus à l’écoute, que l’Etat doit aux policiers des milliers d’heures supplémentaires… Mi-décembre, la profession menace de se joindre à la grève ? Aussitôt, Christophe Castaner sanctuarise leur régime de retraite ! 

Problème : dans un mouvement social classique (comme celui que nous traversons sur la réforme des retraites), on pardonne encore moins les bavures. « Violences policières », cette terminologie toujours tabou au sommet de l’Etat, certains députés de la majorité la revendiquent désormais publiquement. 

Plus significatives encore, les confidences du Président, après ses voeux à la presse mercredi... Emmanuel Macron estime que le préfet de police de Paris a commis une "faute" en disant aux gilets jaunes qu'il n'était "pas dans le même camp". 

Recadrage, donc - Castaner assume ce terme -, c'est nouveau. Et réflexion sur le maintien de l'ordre. Il en va de la nouvelle feuille de route du chef de l’Etat, qui "veut sortir la colère de la rue". 

Une évolution, pour apaiser, ne pas se couper de la jeunesse. Mais pas une révolution de la doctrine. Car le soutien à la police est au coeur du socle électoral d'Emmanuel Macron, lequel penche à droite depuis les européennes. Un socle qui réclame de l’ordre, et dans la rue, et dans les caisses de l'Etat. Dans la rue, ça n’est pas encore le cas. Et dans les caisses, la réforme des retraites coûte une fortune. 

Allez Yael, on se projette sur les jours qui viennent… 

Mais qui connaît encore Mme Royal ? 

Je dis qu'elle a été la femme de grandes intuitions (...), et pour l'instant, Ségolène Royal a eu des positions qui n'étaient pas systématiquement calées sur celles du PS, elle a même choisi de ne plus en être membre" (Olivier Faure, sur LCI, le 16 janvier 2020)

Question posée : Royal a-t-elle encore un avenir ? Le premier secrétaire répond au passé : "Elle a eu" de grandes intuitions. La conjugaison dit tout  !

La réalité, c'est qu'Olivier Faure aurait préféré une piste plus dégagée pour faire ses voeux, mardi prochain, à Ivry. Malédiction des revenants. Quand ce n’est pas François Hollande et ses leçons du pouvoir, c’est elle, femme politique toujours debout, qui empêche les socialistes d'écrire une nouvelle page. 

Car le préalable, répètent les rescapés de Solférino, ça ne peut plus être l'incarnation, mais le projet ! 

Le voeu d'Olivier Faure, c'est qu’après les municipales (qui s'annoncent bonne pour les écolos et stables pour les socialistes), la gauche prenne conscience qu’elle peut encore faire bloc ! Il rêve d’une future UMP de gauche, Olivier Faure, où tout le monde aurait sa place, sans hégémonie verte ou rose. 

Mais ce pari collectif est-il viable si Ségolène Royal repart déjà en campagne, pour laver son honneur, puis pour 2022 ? 

Emmanuel Macron a réveillé l’animal politique : c'est risqué pour lui (souvenir de Chevènement, candidat de trop, qui avait privé Jospin d'un 2ème tour en 2002), mais le mistigri Royal risque d'être tout aussi ingérable pour une gauche encore très fragile.

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