J-7 : le recours aux "revenants" dans la campagne ! J+7 : la mathématique floue des résultats

La semaine politique, avec vous Yaël GOOSZ, chef du service politique de France Inter. On regarde dans le rétroviseur et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yaël, c’est un coup de vieux sur la campagne !

Le grand retour des Anciens...

Il faut mettre un terme à cette esbrouffe binaire (...). Raphaël (...), bienvenue dans la vie politique !" (Christine Taubira, le 15 mai 2019, au meeting de la liste PS/PP à Rouen)

C'est un grand bonheur d'être avec vous ce soir !" (Jean-Pierre Raffarin, le 11 mai 2019, au meeting de la liste Renaissance à Strasbourg)

Raffarin au secours de Loiseau. Taubira en renfort de Glucksmann... Meetings inter-générationnels, recours aux poids lourds, c'est un classique, en fin de campagne. Sauf que celle-là avait démarré sur une rupture ! Têtes de listes rajeunies, visages nouveaux et société civile... Les vieux partis s'inspirant largement du big-bang d'En Marche il y a deux ans. Mais plus on s'approche du verdict des urnes, et plus on convoque les revenants ! 

Edouard Balladur ostensiblement installé au premier rang du meeting LR mercredi. Retour vers le futur, aussi, dans la course aux ralliements ! Bernard Thibault ou Josiane Balasko pour le PCF, Elizabeth Guigou et peut-être bientôt (?) Ségolène Royal pour En Marche... 

Est-ce que ça rapporte des voix ? Sans doute pas, mais chacun espère nourrir une dynamique. Les jeunes s'abstiennent davantage, alors mobilisons les 50, 60 ans et plus ! 

On voit aussi des têtes de liste de plus en plus chaperonnées par leur tutelle, leur N+1. Mélenchon collé à Manon Aubry, Wauquiez à François-Xavier Bellamy, Le Pen à Jordan Bardella, elle lui dit même de mettre une cravate avant de débattre avec Nathalie Loiseau ! Pour tuer la mère ou le père, ce sera possible, mais bien après les européennes !

Allez, Yaël, on se projette sur les jours qui viennent...

La rigueur mathématique à l'épreuve de la campagne !

Le point de comparaison en réalité, c'est celui des législatives en juin 2017, parce que l'offre électorale était similaire, et le résultat était autour de 11%" (Manon Aubry, tête de liste Insoumise, le 16 mai 2019 sur France Inter)

Objectif 11% pour l'insoumise Manon Aubry. Référentiel 11% et non plus 19,6 %, le score du premier tour de la présidentielle. 

A chacun son thermomètre et son curseur ! Il reste 8 jours de campagne, et déjà, dans les QG, on ambiance les journalistes politiques sur l'interprétation qu'il faudrait faire, des résultats, le 26 mai au soir... Personne n'a envie d'assumer une contre-performance, alors tout devient relatif. L'art de faire parler ses chiffres. 

Sur l'échelle LR, 15% ou +, ce serait une victoire ! "Vous vous rendez compte, Bellamy a commencé à 8 !", dit son entourage. Evidemment plus flatteur que le thermomètre 2009 quand l'UMP était à 28%, ou celui de 2017, quand la droite faisait encore 20% à l'ombre de François Fillon... 

Le baromètre socialiste ? Il reste bloqué sur les 6% de Benoit Hamon à la présidentielle. Faire davantage, et c'est la renaissance ! 7 et ça repart ! Ah bon ? En 2014, les socialistes finissaient 3ème, à 14%, et on parlait déjà de Bérézina ! 

L'échelle d'Emmanuel Macron est sacrément risquée : quasi obligation d'arriver premier, tellement il s'expose et dramatise l'enjeu. Mais ses proches préparent déjà la parade : "rendez-vous compte, être autour dans les 20%, à mi-mandat, avec un parti aussi jeune, c'est du solide !"

Guerre des chiffres et concours de mauvaise foi. Seule science exacte. Le niveau de l'abstention : elle pourrait mettre d'accord tous les thermomètres et refroidir l'ambiance le 26 mai à 20 heures.  

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