J-7 : la mauvaise semaine des écolos. J+7 : isolement hyperactif.

La semaine politique, avec vous, Yael Goosz.  On regarde dans le rétro, et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, c’est l’éclipse partielle des Verts…  

Pâques au balcon (ça c’était les municipales !), mais Noël au Tison.  

Ce sera une réforme constitutionnelle en un article (...), elle sera soumise à référendum" (Emmanuel Macron, le 14 décembre 2020, devant la convention citoyenne pour le climat)

C'est une victoire culturelle majeure, pour nous, pour les écologistes" (Julien Bayou, le 15 décembre 2020, sur France Info)

Etre maire à Marseille, c'est 360% de son temps (...), pour que nous soyons plus efficaces tout de suite, ce n'est plus à moi d'animer le collectif" (Michèle Rubirola, maire de Marseille, le 15 décembre 2020)

Trois voix (Emmanuel Macron, Julien Bayou et Michèle Rubirola), pour résumer les deux temps forts de la semaine : un référendum et une démission !   

Lundi soir, surprise du chef, l’appel au peuple pour garantir, dans la Constitution, la préservation de l’environnement.  Mardi après-midi, coup de froid sur Marseille : Michèle Rubirola innove en politique et devient l’adjointe de son adjoint à la mairie !   

Point commun de ces deux événements : ils mettent Europe écologie les Verts dans une position inconfortable.   

Un référendum sur le climat ? Tous les écolos en rêvaient, mais c’est Macron qui le fait, enfin si le Sénat joue le jeu. Bien sûr, c’est un coup politique, ça ne va pas du jour au lendemain inverser la courbe du CO2… Mais que peuvent dire les Verts ? Accorder le point au Président et dire qu’ils feront campagne pour le oui.   

La surprise de Marseille, maintenant. Un professionnel du PS va prendre lundi la tête de la deuxième ville de France, dont tout le monde a cru, effet d’optique, qu’elle était un symbole de la vague verte. Mais Rubirola n’est qu’une transfuge d’EELV, minoritaire dans le rassemblement de la gauche marseillaise. Ambiguïté dont les Verts ont profitée, mais qui gêne aujourd’hui : il faut vite montrer qu’ailleurs, à Bordeaux, Strasbourg ou Lyon, la chaîne de commandement verte est plus solide.  

Enfin, il y a Paris, et l’île de France, Anne Hidalgo (la maire réélue) et Audrey Pulvar (en campagne pour la région), au service l’une de l’autre… Route présidentielle et chemin régional, qui divergent de plus en plus de l’itinéraire Vert à mesure que 2022 approche. Avant l’hypothèse de l'union, il y a la certitude d’une compétition.  

Allez Yael, on se projette sur les jours qui viennent…   

Isolé et en même temps hyperactif.  

Nous devons en reprendre le contrôle (...), construire une France et une Europe qui tiennent fermement leur destin en mains (Emmanuel Macron, allocution du 12 mars 2020).

Emmanuel Macron « en guerre », souvenez-vous, contre ce virus qui déjoue tous les plans coms ! Ethique de l’humilité. "Reprendre le contrôle" quand on est soi-même contaminé. A neuf jours des premières vaccinations. Pas de voyage au Liban, donc la semaine prochaine, mais à part ça, un exécutif toujours sur le pont, c’est le message répété depuis 24 heures.  

« Reprendre le contrôle », avec 2021 (si, si, c'est un scoop !) qui commence en fait dès la semaine prochaine ! Lundi : dernier conseil des ministres, sans contacts, pour déblayer la nouvelle année politique. C’est là que seront actés le report des élections régionales aux 20 et 27 juin prochain, ainsi que le mode d’emploi de la présidentielle 2022. Fixer un horizon, même si le conseil scientifique prédit encore plusieurs mois de "stops and go".   

"Reprendre le contrôle", c’est aussi le défi de commencer à vacciner dès le 27 décembre. Réunion lundi de l’agence européenne du médicament. Ou "comment faire d’une crise une opportunité", dit l'Elysée. L’Europe de la santé n’existe pas, mais c’est bien elle qui a négocié les doses, avec les labos, au nom des 27.   

27 et pas 28… To deal or not deal. Depuis son isolement élyséen à La Lanterne, le Président sera très attentif aux ultimes négociations autour du Brexit. Ce covid, accélérateur d’union. Même Boris Johnson lui souhaite un prompt rétablissement. Des vœux de santé, c’est déjà ça. Avant ceux du couvre-feu (et couvre-voeux ?) à 20 heures le soir de la Saint-Sylvestre.

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