La semaine politique ! Avec vous, Yael Goosz, chef du service politique. On regarde dans le rétro et on se projette... Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, c’est un Laurent Wauquiez en panne de leadership...

Et pourtant, le 10 décembre, soir de son élection, tout paraissait si évident.

"Vous avez envoyé un message sans ambiguïté. Oui ce soir nous pouvons dire : la droite est de retour" (Laurent Wauquiez, 10 décembre 2017)

Ah bon ? Six mois après, sondage Ifop pour les européennes, les Républicains seraient à la troisième place, derrière le FN, juste devant les Insoumis. 15 (petits) %. Quand on teste Laurent Wauquiez pour la présidentielle ? C’est un naufrage à 8% ! Hier soir sur France 2, le président des LR a promis une "remontada", mais c'est encore Mélenchon qui a remporté, selon Ipsos, la palme du premier opposant. 

Leadership en panne aussi sur les idées… Les propositions de Laurent Wauquiez ? C’est du rouge qui tache mais qui n’imprime pas. Lundi, il demande à l’Elysée de réunir tous les partis pour parler des fichés S ? Fin de non-recevoir. La "castration chimique" pour les agresseurs sexuels ? Le buzz une journée, et puis les oubliettes. 

Officiellement, pas de panique, 4 ans pour reconstruire, ça laisse du temps : en 2022, il n'aura que 47 ans, et s'il échoue, il peut encore se rattraper en 2027 ! Ne le jugez pas trop vite, disent ses proches. 

Mais une fois que vous sortez du petit cercle wauquiéziste, les langues se délient, certains lui donnent encore six mois avant d’aller voir ailleurs, chez Valérie Pécresse, par exemple, qui cultive discrètement son jardin francilien et son réseau de 850 élus. 

Le bilan à six mois, c'est que Wauquiez a perdu au centre et n'a rien gagné sur sa droite. Le FN résiste. Sa chance ? Même si les européennes se passent mal, il reste indéboulonnable, parce que les instances du parti sont verrouillées. 

Fan de Star Wars, Laurent Wauquiez aime se comparer à un Jedi, mais si Yoda le voyait, il lui dirait "Laurent, rassembler tu dois".

Allez, Yael, on se projette sur la suite, météo politique à 7 jours...

Mardi matin, tous les grands acteurs de la politique de la ville seront reçus à l'Elysée… Et cette question : comment le Président va-t-il digérer le rapport Borloo sur les banlieues ?

"La vérité, on est un grand pays, on est au carrefour : soit on continue à se rapetisser, et vous savez très bien - fractures, ruptures, appauvrissement-, ou alors on redevient un grand pays d'action." (Jean-Louis Borloo, le 26 avril, lors de la présentation de son plan)

L’encombrant Monsieur Borloo… L'animal politique échappe à son commanditaire. 

Je m’explique, petit retour en arrière : quand Emmanuel Macron missionne l’ancien ministre, on est à l’automne, 150 élus des quartiers viennent de lancer l’appel de Grigny, coup de colère contre les emplois aidés et les crédits revus à la baisse… Le sage Borloo apparaît alors comme celui qui pourra apaiser et proposer. 

Sauf qu’aujourd’hui, vu de l’Elysée, Jean-Louis n’est plus le casque bleu, l'ami qui vous veut du bien, c'est le faux ami qui vous met la pression ! L’ancien ministre, inventeur de l’ANRU, est devenu le catalyseur des mécontentements, son rapport et les 19 chantiers urgents qu’il préconise, c’est un big-bang à 48 milliards d’euros ! Et la campagne permanente de Borloo (déjeuner médiatisé, mardi, avec ses prédécesseurs et successeurs au ministère de la ville, ovation, hier, devant l'AMF) agace au sommet de l'Etat, où l'on pointe les "lacunes" de son rapport, notamment sur la lutte contre le communautarisme.

A l’Elysée, on sent le piège se refermer, alors mardi, l’ancien maire de Valenciennes sera un invité parmi d’autres. Parce qu’il n’a pas le monopole de la banlieue. Parce que le Président refuse de présenter un énième plan Marshall, « si l’argent suffisait, ça se saurait », persifle l'un de ses conseillers. 

Emmanuel Macron a désormais le mauvais rôle, confronté au risque du « tout ça pour ça »… Car si l’Etat démissionne, il y aura d'autres Stéphane Gatignon, ex-maire de Sevran, désabusés, pour faire de même.

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