J-7 : la rupture avec les écolos "amishs" / J+7 : Macron, Le Pen même galène pour les régionales

Ce que vous retenez cette semaine, c’est la rupture avec les écolos « amishs »  

De la Convention citoyenne pour le climat à la Réception de la French Tech : 2 salles, 2 ambiances :

« Je vous confirme que j'irai au bout du contrat moral qui nous lie, en transmettant l'intégralité de vos propositions à l'exception de 3 jokers" Emmanuel Macron, juin 2020

"Je ne crois pas au modèle amish. Je ne crois pas que le modèle amish permette de régler les défis de l'écologie contemporaine" Emmanuel Macron, septembre 2020

Du 29 juin au 14 septembre, l’été est passé, une frontière s’est érigée. Ras-le-bol de courir derrière les écolos. Notre-Dame des Landes, Europacity, la montagne d’or en Guyane, des abandons en forme de cadeaux, de carburants pour les Verts. Ils iront toujours plus loin, plus forts. Emmanuel Macron se devait donc de marquer une rupture. Il tente ainsi de créer le camp des écolos hippies, illuminés, décroissants, pour mieux rassembler les partisans de la croissance verte, du progrès technologique. Ou comment enfermer l’écologie politique dans le monde des utopies ? comment se démarquer de cette gauche écolo qui, depuis le départ de Nicolas Hulot, l’accuse de tous les maux ? 

Tant pis si certains marcheurs grognent, si Daniel Cohn-Bendit s’éloigne un peu, si des citoyens de la Convention Climat le lâchent, la présidentielle déjà en tête, il se sent obligé d’alimenter ce clivage entre les gens raisonnables et les autres. Eux voudraient tout arrêter : la 5G, les pesticides, les avions, l’urbanisation. Lui voudrait tout transformer, avec son plan de relance : 30 milliards d’euros notamment pour la rénovation thermique des bâtiments. En France, jamais une telle somme n’aura été investie dans l’écologie. Ce sera sa vitrine pragmatique face « aux partisans de la lampe à huile ».

Allez, on se projette vers les jours qui viennent  

Réunions au sommet à 6 mois des régionales. Les états-majors établissent leur plan de bataille.

« Il y a une élection avant la présidentielle, ce sont les régionales, je l’ai dit, nous pouvons gagner 4 ou 5 régions » Marine Le Pen, 30 mars 2015, iTélé

Les grandes ambitions de Marine Le Pen. C’était en 2015. Elle est vaccinée. Cette fois, aucun objectif à l’horizon, exactement comme Emmanuel Macron. Tous deux redoutent cette échéance. Ils y arrivent avec les mêmes faiblesses. Le macronisme comme le lepenisme se décline difficilement à l’échelle régionale. On voit mal ce que pourrait être une région RN ou En Marche ? Leur logiciel est national. Et ils l’ont payé aux municipales. Echec des 2 côtés. Aucun ambassadeur ou presque pour ces départementales et régionales. 

Ils souffrent de leur manque d’implantation locale. Pourquoi ? Parce qu’au départ leurs militants sont des rêveurs et non des acteurs. En 2017, ils rêvaient de voir Emmanuel ou Marine à l’Elysée. Le 8 mai, ils se sont envolés. Et aujourd’hui, les meilleurs ennemis manquent donc de relais, de réseaux... Et de têtes d’affiche. Leurs lieutenants sentent bien le danger. Des présidents sortants plutôt bien installés. Une campagne sous Covid sans doute compliquée. Des coups à prendre, peu de points à gagner. Presque personne ne veut y aller. Mais est-ce si grave ? Ont-ils eu besoin d’une assise territoriale pour se hisser en finale ? Non, Emmanuel Macron et Marine Le Pen construisent autrement leurs bases électorales.

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