J-7 : la folle semaine, du concours de malchance au concours d'architectes. J+7 : fin de la trêve et grands débats

Emmanuel Macron durant son discours du 16 avril 2019
Emmanuel Macron durant son discours du 16 avril 2019 © AFP / Yoan VALAT

La semaine politique, avec vous Yaël GOOSZ, chef du service politique de France Inter. On regarde dans le rétroviseur et on se projette. Et ce que vous retenez, Yaël, c’est une semaine de reconstruction pour le Président...

Réparer Notre-Dame, avant de réparer la France…

Je reviendrai vers vous comme je m'y étais engagé, mais ce n'est pas le temps aujourd'hui" (Emmanuel Macron, allocution télévisée, le 16 avril 2019)

La folle semaine… Qui se solde par un concours d’architecture, mais qui a commencé par un invraisemblable concours de malchance ! Quelle probabilité y avait-il, pour que le monument le plus visité d’Europe brûle, pile au moment où le Président boucle l’enregistrement de son allocution ? 

Lundi soir : plus d’horloge, ni de maître des horloges... C’est le glas de Notre-Dame qui guide la suite. Il y a un an, Emmanuel Macron s'engageait à réparer le "lien abîmé" entre l'Eglise et l'Etat... Et bien la voilà cette occasion de "réparation", à travers la communion nationale, en pleine semaine sainte. Le grand débat attendra. Surtout ne pas brusquer l’électorat catholique, car il lui sera utile, le 26 mai...

Mais alors, comment renouer le fil avec ce qu’il devait, mais n’a pas pu dire, lundi soir : ces « colères » sur les ronds-points qu’il fallait transformer en « solutions » ? Comment faire rentrer l’imprévu de Notre Dame dans le récit impulsé depuis le 10 décembre ? 

Mardi soir, Emmanuel Macron trouve son fil conducteur… Cette cathédrale qui personnifie la France, « fragile », à rebâtir elle aussi. En cinq ans. Un quinquennat. Trop simpliste, trop naïf ? Peut-être, mais plus optimiste que ces faux prophètes qui ont vu, dans l’incendie, l’effondrement d'une civilisation ou la reproduction d’un 11 septembre. Absurde ! 

Emmanuel Macron mobilise. Roosevelt des cathédrales. Mais son "New deal" (tel qu’il a fuité lundi, sans pouvoir l’incarner) ne renverse pas la table, "ça manque de souffle", disent même certains élus de la majorité. 

Paradoxalement, cette catastrophe lui offre une session de rattrapage, un ballon d'essai involontaire, pour maintenant être à la hauteur de l'acte 2 et de "l'effet waou" annoncé avec roulement de tambours... jusqu'à l'heure fatidique de l'incendie.

Allez, Yaël, on se projette sur les jours qui viennent...

La politique vous manquait ? Ne vous inquiétez pas, la trêve est déjà finie !

Nous ne sommes pas d'abord des bâtisseurs, nous sommes des héritiers. Il ne faut pas que nos gouvernants soient pris d'un excès d'orgueil" (François-Xavier Bellamy, à Reims, le 18 avril 2019)

C’est le nouveau grand débat ! Reconstruire ou non à l’identique ? « Les Français doivent pouvoir choisir », pétitionne déjà le président des sénateurs LR Bruno Retailleau… Marine Le Pen reprend sur twitter le #TouchepasaNotreDame. Elle fait pression avant que le projet de loi n’arrive mercredi en Conseil des ministres. 

Reprise des hostilités, aussi, sur la sortie du grand débat national. L’opposition est suspendue à la "V2" d’Emmanuel Macron, sans doute mardi prochain. Une opposition qui questionne et critique déjà la "V1". Mais pourquoi est-ce qu’il s’entête sur l’ISF ? Pourquoi jeter l’opprobre sur l’ENA ? Pourquoi veut-il le RIC seulement au niveau local ? Pourquoi fait-il trancher la transition énergétique par 300 Français tirés au sort ? 

Grands débats, au pluriel : architectural, national… Et européen ! Il était temps, il ne reste que cinq semaines de campagne : ça va s'accélérer, avec le dépôt des listes, qui commence mardi (pour s'achever le 3 mai). Et puis avec La REM et ses alliés qui vont (enfin !) publier leur programme. 

Programme qu’il faudra articuler avec la grand’messe d’Emmanuel Macron. De la flèche de Notre-Dame aux gilets jaunes, de Frontex à l’ENA… Il faudra rester bien concentré pour suivre le fil. 

C’est pour ça et c’est comme ça qu’on aime la France… spirituelle et temporelle ! Capable, un jour, de vibrer à l’unisson pour un patrimoine en péril -, et le lendemain, de se refaire des nœuds politiques au cerveau.

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