J-7 : le grand bond en arrière. J+7 : un été au(x) vert(s)

La semaine politique, avec vous, Yael Goosz. On regarde dans le rétro, et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, c’est un grand remake du monde d’avant…

2017-2020, on déconfine et on recommence.

Moi je ne suis pas venu là pour être un agent modérateur, je suis là pour réaffirmer qu'il est nécessaire d'avoir un Etat" (Marine Le Pen, le 16 juin 2020, à Dijon)

Déplacement express de Marine Le Pen qui réagit sur place, mardi, aux émeutes dans le quartier des Grésilles. Puis elle prend la mer et boit la tasse, sa conversion au gaullisme finit en naufrage sur l’île de Sein, île de résistants dont les descendants résistent aussi au RN. Comme un air de campagne, mal calibré, « communication amateuriste », critiquent certains en interne. Mais elle bouge, elle existe, elle est là, on la voit, Marine Le Pen ! 

L’art du placement, du contre-feu aussi, puisque cela permet de masquer les galères judiciaires du RN : certains de ses cadres ont été condamnés à de la prison ferme mardi dans l’affaire Riwal. Offensive Le Pen, après le 20h de Macron dimanche. 

Pendant le confinement, il y a eu, vous avez peut-être eu, l’illusion d’un monde politique d’après, mais la semaine qui vient de s’écouler a de quoi désespérer Billancourt. Dans la rue, les opposants à la réforme des retraites cèdent la place aux soignants, mais ce sont les mêmes blacks blocs qui reviennent saboter les manifs. Avant / après, ce même débat de sourds entre dénonciation des violences policières et solidarité réflexe avec les forces de l’ordre. Avant / après, ce même duel à distance entre Macron et Le Pen. 

Dimanche soir, le Président a esquissé son « nouveau chemin », mais comme sa réflexion chemine encore, on n’a eu qu’une ébauche de boussole. Et Emmanuel Macron ne perd pas le Nord, « produire et travailler plus », « défense de la police », ce socle de droite qu’il s'agit de solidifier pour 2022. Dans l’Archipel politique français, si bien décrit par Jérôme Fourquet, les mêmes pôles adverses, minoritaires mais solides, se réactivent et repartent en campagne.

Allez Yael, on se projette sur les jours qui viennent… 

Un début d’été au vert…

Il nous faut créer les emplois de demain, par la reconstruction écologique, qui réconcilie production et climat" (Emmanuel Macron, le 14 juin 2020, allocution présidentielle depuis l'Elysée)

Vert comme la phase 3 du déconfinement, qui débute lundi. Vert aussi par les signaux envoyés par l'Elysée. Elle est peut-être là, ouf, la nouveauté, par rapport au tragique de répétition dont je vous parlais il y a un instant. Alors que la convention climat vote ses propositions finales ce week-end, Emmanuel Macron confirme sa promesse de référendum ! C’est l’année De Gaulle, difficile de faire plus gaulliste ! 

Reste à en connaître les modalités ? Plutôt que se relégitimer lui, il veut mettre les Français face à leurs responsabilités sur ce que nous sommes prêts à faire ou pas pour le climat. Le timing ne doit évidemment rien au hasard… Vendredi prochain minuit, la campagne officielle des municipales sera close. Campagne dans laquelle les écologistes jouent gros, dans leur rapport de force à gauche, mais plus largement dans leur capacité à décrocher des villes, de grandes villes, et donc à gouverner demain. 

Un référendum pour amplifier la rénovation thermique des logements ou interdire la pub pour les produits polluants, ils ne peuvent pas être contre ! D’ailleurs, ce verdissement général restera comme l’une des grandes leçons de ces municipales. 

Subsiste une contradiction, et non des moindres : pourquoi tant d’alliances à droite et tant de fronts anti-écolos aux municipales ? De Gaulle dépassait les partis, y compris le sien. Mais avec En Marche on se surpasse. Sujet de philo politique pour bacheliers en manque d’épreuves : l’écologie n’est-elle d’aucun parti ?

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