J-7 : haro sur le géant du e-commerce. J+7 : Nicolas Sarkozy et ses procès congèlent la droite.

L'Hexagone contre Amazon, vraiment ?
L'Hexagone contre Amazon, vraiment ? © Getty / Mateusz Slodkowski/SOPA Images/LightRocket

La semaine politique, avec vous, Yael Goosz.  On regarde dans le rétro, et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, c’est la bataille des petits contre le géant.   

Haro sur Amazon !   

On ne peut pas laisser comme ça Amazon, finalement, détruire nos emplois (...), ce qui fait cet art de vivre à la française, et qui est attaqué massivement par Amazon." (Eric Piolle, maire EELV de Grenoble, le 17 novembre 2020 sur BFM) 

Personne n'oblige les Français à aller commander en ligne (...), mais attaquer Amazon parce qu'il propose un meilleur service, je pense que c'est un mauvais combat." (Cédric C, secrétaire d'Etat au numérique, le 18 novembre 2020 sur France Info)

La hotte du Père Noël, avec ou sans colis Amazon ? "Sans", dit la tribune co-signée mardi par des insoumis, des écologistes, et la maire de Paris Anne Hidalgo. 

Comme un air de déjà-vu ! La fronde anti-Amazon avait déjà fait fureur au temps des gilets jaunes. Le géant du commerce en ligne accusé de vider les centre-villes. Pour 1 emploi Amazon créé en France, au moins 2 détruits dans le commerce de proximité. Bis repetita à la faveur du confinement. Amazon montré du doigt pour avoir multiplié ses profits par 3 lors de la première vague.  

Combat symbolique, non dénué d’arrière-pensées électorales. Et au milieu, en position bancale, entre les pro et les anti-boycott, un gouvernement gêné aux entournures. Car, qui inaugurait, en 2017, le 5ème entrepôt Amazon de France, près d’Amiens ? Emmanuel Macron. Le même qui célébrait, en avril, le grand retour de l’Etat, reprendre le contrôle "quoiqu'il en coûte". 

Que dit Bruno Le Maire ? Qu’on n'empêche pas les révolutions industrielles, qu’il faut s’adapter et créer nos propres champions. Mais en économie ouverte et numérisée, même en taxant davantage, comment concurrencer Amazon ? On peut freiner la pub, inciter à décaler un Black Friday (c'est en cours à Bercy), mais pas l'interdire. L'Etat n'a pas toujours les muscles qu'il prétend montrer.  

Quant aux pétitionnaires, Anne Hidalgo, Eric Piolle et d’autres, leurs livres sont toujours en vente sur Amazon… On tourne en rond.  

Allez Yael, on se projette sur les jours qui viennent…   

Un ancien Président à la barre…  

Les Français doivent le savoir, qu'on m'aime ou qu'on ne m'aime pas, j'ai beaucoup de défauts et sans doute ai-je fait beaucoup d'erreurs  : je ne suis pas un pourri." (Nicolas Sarkozy, le 13 novembre 2020, sur BFM) 

Nicolas Sarkozy sur BFM. L’ancien Président attendu lundi, devant le tribunal correctionnel de Paris. Pour le procès dit des "écoutes téléphoniques". Sécurité maximale. Salle 2.01, c’est l’affaire Bismuth qui sera jugée. Salle 2.02, c’est le procès des attentats de janvier 2015 qui se poursuit.  

Un Président décidé à laver son honneur, face à des juges qu’il qualifiait autrefois de « petit pois ». Le revirement de Ziad Takieddine, dans le dossier libyen, est exploité à fond par sa défense, et débouche sur une contre-attaque politique. Mardi, à l'Assemblée, Christian Jacob interpelle Jean Castex et s’insurge contre cette « machination ». Ce n’est plus une question au gouvernement, c’est une plaidoirie… Comme s’il fallait entretenir la flamme du retour en politique.  

Et voilà qui paralyse les LR à l’aube de la présidentielle. Retailleau, Pécresse, Bertrand, Dati, aucun prétendant ne peut faire l’impasse sur Sarko. Passer par-dessus, c’est risquer la curée chez les militants. Alors, tout le monde rentre dans son plan com' de victime des juges. Et ça risque de durer, car après Bismuth, c’est le financement de la campagne 2012 (le dossier Bygmalion) qui sera jugé au printemps.  

Problème d’incarnation, problème de ligne aussi : la dernière convention LR, mardi, a mis en lumière, sur l'immigration et la lutte anti-terroriste, une certaine porosité avec le programme du RN. Quant à Gérald Darmanin et sa sécurité globale ? Il est soutenu par son ancienne famille politique.   

Coincés entre RN et LREM, liés bon gré mal gré à Nicolas Sarkozy, les Républicains, forts dans les élections locales, partent avec un handicap sérieux pour l’élection suprême en 2022.

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