J-7 : le casse-tête de la sélection pour les municipales. J+7 : les Républicains se mettent (tardivement) au vert

La semaine politique, avec vous Yaël GOOSZ, chef du service politique de France Inter. On regarde dans le rétroviseur et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yaël, c’est la crise de croissance de La République en Marche à l’approche des municipales...

Qui et comment sélectionner ses candidats…

Les primaires ? On voit bien que ce sont plus des machines à diviser (...). Donc oui à la consultation sur le fond, mais à En Marche, on s'est constitué contre quelque chose : contre la guerre des égos permanents." (Le député de Paris, Benjamin Griveaux, lundi, sur BFMTV)

Depuis deux ans, la REM gagne des élections. Et contrairement aux Républicains ou au RN, ses finances sont dans le vert. De quoi aborder 2022 plus sereinement que d’autres. Des problèmes de riches, donc ! Mais ça ne résout pas, à court terne, ses problèmes de places. Querelle des anciens et des modernes pour désigner les têtes de liste. 

Est-ce que Paris vaut bien une primaire ? En 2016, Emmanuel Macron a vu, et la droite et la gauche, se fracasser sur ce mode de sélection. A droite, Fillon n'a rien lâché, malgré les affaires, et Juppé n'a jamais pu s'y substituer. A gauche, Valls et Hamon ont fui ce PS qui les avait vus naître en politique. Il n’y a que pour François Hollande, en 2011, que la rampe de lancement a été efficace ! 

C’est pourquoi Benjamin Griveaux (et avec lui, toute la chaîne de commandement de La REM) se braque, quand d'autres candidats à l’investiture ressuscitent cette idée à Paris. Que disent les frondeurs ? Que pour dépasser la REM et gagner, il faut légitimer, par un vote interne, une candidature qui rassemble large dès le premier tour. 

Que rétorque Griveaux ? Qu’on n’a plus le temps, que ça laisserait des blessures indélébiles, que l’argent levé pour la vraie campagne serait dilapidé dans une pré-campagne interne. 

La REM se normalise, avec ses instances, sa CNI (commission nationale d'investiture)… Mais cette organisation colle-t-elle avec la mythologie macronnienne, l’audace de celui qui se lance "par effraction" dans la course à l'Elysée ? 

La REM tâtonne... Et le salut ne viendra pas des sondages. Dernier en date sur Paris : Griveaux n'a pas le monopole du leadership place au 1er tour ! 

Ouvrir la boîte à primaires, c’est ouvrir la boîte à baffes, car ça se crispe aussi à Lyon, Lille, Rennes, ou Marseille. Interdire le débat ne règle rien non plus. La REM, toute neuve, apprend à devenir un parti, au risque de prendre, trop vite, un petit coup de vieux.

Allez, Yaël, on se projette sur les jours qui viennent...

Après être passée en commission, la loi énergie climat sera examinée mardi, en séance, à l’Assemblée.

Je viens de la droite, j'ai été élu d'une ville industrielle, j'ai travaillé chez Areva... Pour l'écolo convaincu, c'est pas bien... Est-ce que ça m'interdit de saisir les enjeux et d'évoluer dans ma pensée ? Est-ce que ça m'interdit de me faire secouer par mon fils, qui pense qu'on ne va pas trop vite ?" (Edouard Philippe, le 17 juin 2019, sur France 5)

La "conversion" tardive, diront ses détracteurs, d'Edouard Philippe... Mais nettement plus rapide que chez ses ancêtres Les Républicains ! Car l’écologie a été pour eux l’impensé des européennes. Cela n’explique pas la bérézina, mais ce vide y a contribué. Coupure générationnelle. 

Alors, ça y est, certaines voix, à droite, s’élèvent pour décréter l’état d’urgence écologique. Le député LR Eric Diard défend le bien-être animal. Bruno Retailleau prépare pour la rentrée une série de propositions « écologiques et humanistes ». Et puis Julien Aubert, député du Vaucluse, qui a fait de l’énergie sa spécialité, organise un colloque lundi à l’Assemblée sur le financement de la transition énergétique. Avec pour postulat de départ que la lutte contre le CO2 passe par le maintien en l'état du parc nucléaire.

L’histoire retiendra que Laurent Wauquiez a jeté l’éponge sans avoir expliqué « l’écologie de droite » qu’il avait promis d’inventer. Il laisse les clés, sauf surprise, à Christian Jacob, d’autant plus désiré qu’il ne fera pas de vagues : pro-glyphosate, chasseur, mais aussi ex-rapporteur du Grenelle de l’environnement. C’était il y a 11 ans. On attend la mise à jour !

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