J-7 : bonne nouvelle, la République produit (encore) des anticorps. J+7 : au Salon, un air de campagne... européenne

La semaine politique, avec vous Yaël GOOSZ, chef du service politique de France Inter. On regarde dans le rétroviseur et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yaël, c’est la possibilité d’une concorde…

Oui, la République a encore des ressources. 

La République est un bloc". (Emmanuel Macron, le 19 février 2019, au mémorial de la Shoah, à Paris)

On reproche toujours aux journalistes de ne s’intéresser qu’aux verres à moitié vide… Et bien je choisis cette semaine le verre à moitié plein. L’image de cette place de la République, mardi soir. Bien sûr, ce n’était pas Charlie, ce n’était pas la foule de 1990 après Carpentras. Mais qui aurait parié sur ce sursaut il y a encore quelques semaines ? Tout le spectre politique français, ou presque, réuni sur 3 hectares et demi de pavés. Jean-Luc Mélenchon a préféré dire « ça suffit » à Marseille ? Et alors ! Il dénonce les mêmes bégaiements de l’histoire. Marine Le Pen a fait bande à part au cimetière de Bagneux pour un hommage à Ilan Halimi ? Et alors, ce geste-là aussi était fort. 

Avec la décrue des gilets jaunes, ne restent visibles que les gilets ultra fluo, ultra droite et ultra gauche… Il fallait réagir, c’est fait. Parenthèse courte, peut-être, mais essentielle. 

Au rassemblement express succède ensuite le déchirement express sur Benalla… Là, le verre de la discorde est plus que plein. Il déborde. La charge du Sénat, les accusations de parjures. "Atteinte à la séparation des pouvoirs !", répond l’exécutif au pouvoir législatif. Et s'il fallait au contraire  y voir autre chose : l’affirmation, par le Sénat, d’un contre-pouvoir… La République, la Cinquième, n’est pas figée, la pratique est toujours plus forte que les textes. Qui s’en plaindra ? 

Et pendant ce temps-là, Alexandre Benalla est derrière les barreaux. Détention provisoire. Il n’y a donc pas l’injustice pour les faibles et l’impunité pour les puissants. Le troisième pouvoir est autonome. Qui s’en plaindra ? 

J’allais oublier le grand débat : la barre franchie du million de contributions… Et déjà le débat pour savoir comment on sort du grand débat. Et notre République serait malade ? Cette semaine, elle a produit des anticorps. 

Allez, Yaël, on se projette sur les jours qui viennent...

Un salon de l’agriculture, qui aura des airs de campagne... européenne.

Nous n'acceptons pas cette proposition, et nous allons batailler pour faire en sorte d'obtenir une meilleure solution" (Edouard Philippe, le 3 mai 2018 sur BFMTV)

Le « niet » de Paris à Bruxelles, sur un budget de la PAC revu à la baisse… Une Europe qui doit protéger ses agriculteurs : le « souverainisme alimentaire », c’est le credo, le sillon, qu’Emmanuel Macron va creuser demain en inaugurant le salon porte de Versailles. 

Industrie / agriculture, même combat. Rappelez-vous la charge, récente, de l’Elysée contre la Commission européenne, qui bloque la fusion entre Alstom et Siemens. « Faute économique et politique », disait le Président en conseil des ministres. Et bien là on sera dans le même registre. 

« Soit l’Europe change et elle survit, soit elle est naïve et elle disparaîtra », c’est en ces termes que le Creusois Jean-Baptiste Moreau (vous savez, ce député En Marche éleveur de vaches limousines), pose l’enjeu des prochaines élections. Surtout quand on sait que nos bovins, dans l'UE, sont nourris à 70% avec du Soja OGM importé ! 

Défi alimentaire, donc, dira Emmanuel Macron, et au-delà, défi social (la moitié des agriculteurs français partiront à la retraite d’ici à 2022 !), et défi écologique… Le Président ne peut plus dire, comme Nicolas Sarkozy en son temps, que « l’environnement ça commence à bien faire », pour se mettre la profession dans la poche. L'Elysée s'attend à être chahuté sur le glyphosate ! Alors il va plaider, là encore au niveau européen, pour que la PAC augmente son budget recherche sur les alternatives aux pesticides… Pro-européen et euro-critique en même temps, nouvelle déclinaison du macronisme, version agricole. 

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