La semaine politique : J-7, J+7, on regarde dans le rétroviseur et on se projette. En pleine semaine sociale, le gouvernement commence à se préoccuper du front des retraités. La semaine prochaine, ultimatum avant expulsion des derniers zadistes de Notre-Dame-des-Landes.

Au-delà du Sarkogate, il s’est aussi passé des choses en Macronnie…

Edouard Philippe, BFMTV, mardi 20 mars 2018 :

Il y a 100.000 Français qui sont dans une zone, où objectivement ils voient une augmentation de CSG. Pour ces 100.000 Français là, il faut corriger le dispositif

Tiens, tiens… « Corriger le dispositif », en communication politique, ça veut surtout dire qu’on prend conscience d’un problème ! Et ce problème, c’est le risque de voir les retraités bouder Emmanuel Macron : les seniors, toujours mobilisés, jamais abstentionnistes. En 2017, ils avaient préféré François Fillon au premier tour, Emmanuel Macron leur doit son élection le 7 mai. Or la CSG fait des dégâts dans cet électorat. Cette hausse de janvier - beaucoup de députés marcheurs vous le disent en petit comité - a été très mal gérée ! La CSG augmentée d’un coup,  les compensations étalées dans le temps…  

D’où cette autre piste, qui est explorée mais pas encore arbitrée au sommet de l'Etat, d’un rétablissement de la demi-part fiscale pour les veuves, manière aussi de tenir les retraités à l’écart des mouvement sociaux. Un "bougé" qui pourrait en annoncer d’autres, sous la pression d'une majorité qui voudrait qu’Emmanuel Macron passe à la phase 2 de son quinquennat : après « libérer », « protéger ». Traduction dans la bouche d’un ministre : « il faut remettre de la bienveillance ».

De la bienveillance avec les retraités, mais pas avec les zadistes… Car tout n'est pas réglé à Notre dame des Landes.

Sébastien Lecornu, mercredi 21 mars 2018, à Nantes :

Ce ne sont pas des gens cagoulés, qui crient, qui vont défier la République ! La main de l'Etat ne tremblera pas

Le secrétaire d'Etat parle de "compte à rebours", de "semaine de la dernière chance". Souvenez-vous de l'engagement pris par Edouard Philippe le 17 janvier :  l'Etat abandonne le projet d'aéroport sur le site de Notre-Dame, d'accord, mais il faudra avoir quitter les lieux avant le 31 mars, date de la trêve hivernale... Mais de trêve, il n'y en a pas avec la centaine d'irréductibles opposés aux nouvelles règles d'attribution des terres agricoles. Commentaire, pessimiste, d'un conseiller de Nicolas Hulot : "Tout ça va finir par une évacuation", pilotée par le ministre de l'Intérieur. "Avec beaucoup de monde" pour éviter tout risque de débordement. 

Car la contagion zadiste, c'est précisément ce qu'Emmanuel Macron souhaite empêcher. On l'a vu sur le site de Bure, récemment, avec la destruction de cabanes pour éviter tout point de fixation. Enjeu d'image pour un Président qui entend cultiver sa fonction "paternante", et non "maternante", comme le dit l'un de ses proches. Faire respecter son autorité et celle de l'Etat

En attendant, Emmanuel Macron recevra demain la visite… d'un cercueil, devant l'Elysée, un cercueil bourré de cartes d'électeurs, livré par un collectif de citoyens qui ne digèrent pas l'abandon du projet initial, le référendum bafoué à Notre-Dame-des-Landes, "Notre-Dame-des-Lâches" comme l'écrit ce collectif. 

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