J-7 : Docteur Wauquiez et Mister Laurent, droite de gouvernement ou droite radicale ? J+7 : Emmanuel Macron cherche sa réponse aux gilets jaunes

La semaine politique ! Avec vous, Yael Goosz, chef du service politique. On regarde dans le rétro et on se projette : ce que vous retenez de la semaine, Yael, c’est d'abord Docteur Laurent et Mister Wauquiez...

Droite radicale ou droite de gouvernement ? 

Cet engrenage nous mènera inéluctablement à la gestation pour autrui (...). Tout ceci a un nom, c'est l'eugénisme. Tout ceci a été fait par un régime, c'est le nazisme." (Laurent Wauquiez, sur la PMA pour toutes, le 18 novembre 2018, à Asnières-sur-Seine)

La phrase choc, prononcée par le président des LR, devant Sens Commun…

Tapis rouge pour un groupuscule conservateur, alors même que les députés LR se sont mis d’accord pour une liberté de conscience et donc de vote : la PMA, sujet trop sensible car intime. Et Wauquiez qui amalgame PMA pour toutes et eugénisme nazi, il fallait oser ! Le nazisme qui a persécuté et exterminé des homosexuels. Décidément cette obsession des années 30 conduit nos leaders politiques, Macron compris, à des raccourcis dangereux.

Mais parlons aussi du Wauquiez gilets jaunes… Enfin plutôt parka noire quand il manifeste samedi au Puy-en-Velay. Entouré, comme le rapporte Le Canard Enchaîné, de figurants, oui des militants LR en gilets jaunes, pour que tout se passe bien ! Là encore, le leader d’un parti de gouvernement franchit la frontière qui le sépare des extrêmes… Où est passée la droite de l’ordre et de l’autorité ? Wauquiez valide donc le droit d'empêcher son voisin de circuler ? 

Et les contre-propositions, parlons-en : quelle boussole ? Un jour c’est le chèque carburant, le lendemain une taxe sur le kérosène… Tout ça confine à l’improvisation, à la course-poursuite avec Marine Le Pen. Une nouvelle fois se pose la question de sa sincérité. Mercredi, il a installé son gouvernement fantôme : il en est le Premier ministre, fictif… vraiment fictif cette semaine. 

Allez, Yael, on se projette sur la suite, météo politique à 7 jours...

Gilets jaunes, acte 2, la manif samedi, mais quelle(s) réponse(s) du gouvernement...

Je ne crois pas que ce que demandent les gilets jaunes, c'est une grande conférence avec des responsables politiques et des responsables syndicaux." (Edouard Philippe, le dimanche 18 novembre 2018, sur France 2)

Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts de la majorité… Dialogue ou fermeté ? Tenir ou aménager la fiscalité écologique ? 

Il y a un début de cacophonie sur la sortie de crise : dimanche, Matignon dit non au Grenelle proposé par la CFDT, mais, mardi, Emmanuel Macron prône le dialogue... Un dialogue « décentralisé », « territorialisé »… Avec qui ? Comment ? On en saura plus mardi (Emmanuel Macron doit fixer un nouveau cap), mais l’idée, c’est de sortir du face-à-face stérile avec l’Etat. Car qui a la compétence transport aujourd’hui ? Ce sont les régions… A elles aussi de se mouiller et d’expliquer aux gilets jaunes pourquoi l’alternative à la voiture est trop faible dans leurs territoires. 

Voilà pour la méthode, mais c'est aussi sur le fond que l'exécutif patine dans sa réponse. Les premières mesures d'urgence n'impriment pas. Alors qu’il y a du grain à moudre pour répondre aux gilets jaunes ! Notamment dans la loi mobilité, qui sera présentée lundi : plus de 13 milliards d’euros pour réparer les routes, les voies ferrées, désenclaver, tester des transports propres… L’exécutif en a sous la pédale, mais peine à rassembler les pièces du puzzle pour l’expliquer au grand public. Comme si chaque ministère avait un début de solution, mais chacun dans son coin ! 

Peu importe les annonces que le Président dévoilera mardi, il ne sera écouté que quand l'impôt sera compris. Il y a urgence à revenir aux sources du contrat social... Elle est là, la réponse aux gilets jaunes ! Taxer, c'est aussi ouvrir des maisons de santé, déployer la 4G dans les campagnes… Même si c’est long, même si c’est lent. Rendre la facture concrète pour éviter la fracture.

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