J-7 : après l'attentat de Conflans Ste-Honorine, un chassé croisé LR-RN. J+7 : le retour de la réforme des retraites, quoiqu'il en coûte

Marine Le Pen, à Matignon le 21 octobre dernier
Marine Le Pen, à Matignon le 21 octobre dernier © AFP / Ludovic MARIN

La semaine politique avec Maxence Lambrecq, ce matin, du service politique d’Inter. On regarde dans le rétro, on se projette dans les jours qui viennent. Cette semaine, vous avez repéré après l’attaque de Conflans Ste-Honorine, un chassé-croisé entre RN et LR

Chassé-croisé passé inaperçu entre Marine Le Pen et Christian Jacob, le patron des LR. Chacun va sur le terrain de l’autre… Sur LCI le 21 octobre, Christian Jacob déclare

"Je pense que le voile est devenu un outil de propagande, un outil de provocation".

Et le même jour, Marine Le Pen affirme sur Europe 1 :

"Même si ce n'est qu'un pas sur les 1000 pas qu'il faut faire, de toute façon, c'est mieux qu'absolument rien"

La droite contre le voile. Le Pen pour la droite constructive. L’attentat de Conflans Ste Honorine fait bouger les lignes. Marine Le Pen et son parti ont toujours trouvé « inutiles, inefficaces »  les textes sécuritaires des gouvernements.

Abstention sur les lois anti-terroristes de 2012, 2014, 2015. Vote contre la déchéance de nationalité, contre le fichier anti-terroriste PNR à Bruxelles, contre la loi « sécurité intérieure » de 2017, contre la loi "asile immigration" de 2018.

Et soudain, donc, 2020, Marine Le Pen, prête à apporter sa pierre, à voter POUR le projet de loi "séparatisme laïcité". Histoire d’apparaître plus responsable, plus crédible, de se recentrer, de parler à cette droite qui ne tolère pas cette opposition systématique digne de son père.

Et sur sa route, elle croise, donc, Christian Jacob, qui part chasser dans l’autre sens sur les terres du RN. Le patron des LR cogne, et réclame l’interdiction du port du voile à l’université, alors que Le Pen évite d’en parler. "Le port du voile banni dans tout l’espace public hormis la rue" renchérit François Fillon. C’est la première fois qu’un ténor de la droite va aussi loin. 

Les LR sentent qu’il n’y a que sur le régalien qu’ils peuvent marquer des points, alors ils foncent vite, très vite, peut-être trop vite.

Allez, Maxence, on se projette maintenant dans les jours qui viennent… 

Puisque tout va bien dans le meilleur des mondes, en ce moment, il est temps de ressortir ce que certains appellent "le sparadrap du quinquennat"

"L'instauration d'un nouveau régime de retraite universel sur lequel M.le président de la République s'est engagé devant le peuple français, sera maintenu." Jean Castex, 17 juillet 2020 à Matignon

La réforme des retraites, elle vous a manqué ? Elle revient. Le Premier ministre en parlait mi-juillet à l’issue de la première conférence du dialogue social, dont voici, la deuxième édition : ce lundi, tous les syndicats réunis pour prendre la température, jauger le rapport de force. « Emmanuel Macron veut une réforme des retraites » assure l’Elysée. « Une réforme financée » ajoute un de ses proches, avec donc, à la clé, un allongement de la durée de cotisation. « Ca nous ouvre des perspectives réjouissantes » admet ce conseiller, les 2 mois de grève toujours en tête.

Pourquoi ne pas l’abandonner vu le contexte ? Parce que c’est un totem, sans doute la dernière grande réforme. L’occasion de montrer que la lutte anti-Covid, anti-terroriste, n’a pas tout balayé. « Le cœur de notre électorat nous attend là-dessus » assure-t-on à Matignon. « Le courage de réformer jusqu’au bout ». Avec la CDFT, ils pourraient passer la partie la moins compliqué…carrière longue, retraite des agriculteurs, fusion des caisses. Le bras de fer se jouera sur son financement. « A l’heure où l’on crame des milliards chaque semaine, ce n’est pas un problème » relativise un ministre.

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