J-7 : les limites du "ça va mieux". J+7 : Matignon dans les municipales, l'heure de vérité

La semaine politique ! Avec vous, Yael Goosz, chef du service politique. On regarde dans le rétro et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, c’est un gouvernement qui "positive"...

Lorie en avait fait une chanson en 2005, slogan repris par Jean-Pierre Raffarin… Quinze ans plus tard, Emmanuel Macron adopte lui aussi cette "positive attitude".

Les bonnes nouvelles arrivent parce qu'on fait des réformes, notre pays se bouge (...). Je veux bien qu'on se farcisse la tête de mauvaises nouvelles, on a l'impression que tout exploserait, c'est pas vrai !" (Emmanuel Macron, lundi 20 janvier 2020, à Dunkerque)

Et toute la semaine, on a assisté à cet auto-bilan positif ! Qu'on se le dise, depuis deux ans, "ça va mieux" : plus d’investissements étrangers en France, un chômage qui baisse, des grèves qui n’entament le PIB que d’un dixième de point... Aux "pleurnichards" comme les appelle Richard Ferrand, Emmanuel Macron opposent les résultats de ses réformes, la rationalité de son action à l’irrationalité d’un climat politique dépressif et revanchard. 

Depuis la rentrée, le manageur Macron met la pression sur le service après-vente et après-vote ! Une nouvelle appli « kilomètre zéro » pour que chaque député, puisse, localement, dire ce qui a changé en positif, des conseillers ministériels dédiés au suivi des réformes, et des préfets qui valsent, un quart en trois vagues ce mois-ci, directement choisis par Emmanuel Macron. 

Niveau communication, c’est pro que sous Hollande ou Jospin. Mais attention à l’histoire qui bégaye… Dire « ça va mieux » chiffres à l'appui, d’accord, mais si ça n’est pas ressenti individuellement, le politique rate sa cible… Sur les retraites, me confiait un ministre, "le problème n’est pas le point d’arrivée, mais la transition, longue et vécue comme anxiogène". 

A ce sujet, éclairante tribune mercredi dans Le Monde, d’un ex conseiller de Matteo Renzi, ce Macron avant l’heure balayé par les populistes en Italie… Pas d’analogie prémonitoire, plutôt une mise en garde, contre la réforme de trop qui coaliserait tous les opposants. Se prémunir contre les syndromes Jospin et Renzi. "La vérité c’est bien, l’amour c’est mieux", écrit Giuliano da Empoli. "Accumuler les chiffres n’est pas très utile si l’amour entre un leader et ses électeurs s’évapore". A l'Elysée, on fait savoir que le Président a bien accusé réception. 

Allez Yael, on se projette sur les jours qui viennent… 

Compte à rebours pour les ministres tentés par les municipales.

Aujourd'hui je suis Premier ministre, et j'ai indiqué que j'indiquerai en janvier si j'y vais ou si j'y vais pas" (Edouard Philippe, sur France Inter, le 21 novembre 2019)

Et c'est donc la semaine prochaine, que le premier des ministres dira si Le Havre était plus qu'une tentation... Candidat ? "Le temps n'est pas encore venu", répond-il dans La Croix ce matin. ... Tout en s'inquiétant du climat de violences dans sa ville.

La politique selon Philippe consiste à prendre son risque,"c'est stop ou encore", dit un proche... "On se mouille, on ne se planque pas, "Prime à ceux qui osent affronter le suffrage", dit-on à Matignon. Et dans son CV, Edouard Philippe n'a jamais rien perdu, sauf la primaire Juppé. 

Alors future tête de liste, en déléguant le fauteuil de maire s'il l'emporte ? Scénario probable, se régénérer au contact des Havrais, ce qui lui permettrait de peser encore davantage, et notamment dans sa relation avec le Président. 

Effet d'entraînement pour les autres ? Pas vraiment. 1/3 seulement des ministres vont ou se sont déjà déclarés candidats. La grande majorité renonce. Le plus souvent, par peur de la défaite, preuve, contrairement à ce que répète le Président, que ces élections auront aussi valeur de test national.

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