J-7 : une fin de campagne en négatif. J+7 : les municipales ont déjà commencé.

La semaine politique, avec vous Yaël Goosz, chef du service politique de France Inter. On regarde dans le rétroviseur et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yaël, c’est une fin de campagne anxiogène…

Et pourtant, tout avait commencé par un hymne, devant le Louvre.

Je veux enfin avoir un mot pour ceux qui ont voté aujourd'hui pour Mme Le Pen (...). Je ferai tout, durant les cinq années qui viennent, pour qu'ils n'aient plus aucune raison de voter pour les extrêmes." (Emmanuel Macron, le 7 mai 2017, devant la Pyramide du Louvre)

7 mai 2017. Le choix de l’hymne européen pour célébrer sa victoire. Puis il y eut Athènes et la Sorbonne. Discours audacieux, volontaristes, pour plus d’Union et d’intégration… Avec l’espoir, rapidement douché, de créer des listes transnationales aux élections européennes. Deux discours qui n’annonçaient pas une campagne aussi grise, à ce point sur la défensive… 

Deux ans plus tard, la campagne est ultra-nationale. De l’Hymne à la Joie, on est passé au cri d’alarme. "Faire peur" pour faire voter les sceptiques. Du vote POUR un projet, on est passé à l’injonction d’un vote CONTRE une menace : Steve Bannon l’Américain trumpiste et trompeur, Heinz-Christian Strache le patriote autrichien traître à son pays… Deux aubaines électorales de fin de campagne pour le camp Macron. Mais ce sont des contre-exemples, des épouvantails, des arguments en négatif, pas en positif. 

Et l’état-major En Marche court derrière le vote utile. Un soutien aux chasseurs par-ci, une montagne d'or enterrée par-là, un abandon des 80 km/h par ci, une ultime interview avec un Youtubeur par-là. Emmanuel Macron n’a plus le droit de finir deuxième, tellement il s’est exposé, surexposé. 

Au terme de la campagne, on se dit que dimanche c'est la fête des mères, et pas celle des pères fondateurs.

Allez, Yaël, on se projette sur les jours qui viennent...

Une élection en cache déjà une autre

- Marc Fauvelle : est-ce que vous avez entièrement fermé la porte à une candidature à Paris ? - Edouard Philippe : Je suis sidéré par le fait que personne n'apprend rien du fonctionnement des institutions (...). C'est de faire en sorte qu'on aborde la campagne européenne, de la meilleure des façons possibles." (Edouard Philippe, le 16 mai 2019, sur France Info).

Edouard Philippe droit dans ses bottes et dans sa réponse. Mais sans dire clairement non, ni à Paris, ni à sa ville, Le Havre. La réalité, c’est que les municipales ont déjà commencé, que la campagne est permanente. Et qu’elle le sera maintenant jusqu'à la présidentielle de 2022. 

D’ailleurs Edouard Philippe en a mené deux, campagnes, cette semaine. Il a parlé d’Europe, bien sûr, mais pas n’importe où, dans 4 villes dirigées par des maires de centre-droit et macron-compatible. 

Après le baptême de la présidentielle, après celui des européennes, La République en Marche inaugure ce cycle, inédit pour elle, des municipales. Avec la désignation, dès lundi soir, du président de la commission d’investiture. Objectif : mettre sur orbite entre 15 et 30 candidats d’ici la mi-juin. Pas de temps à perdre, mardi ce sont tous les prétendants à l'investiture pour Paris qui sont convoqués au siège de La REM. 

Forcément, dans chaque ville, le score des européennes de dimanche, sera déterminant pour la suite, pour définir les stratégies, autonomie ou alliance, au cas par cas. 

A Lyon, le duel pour l’étiquette En Marche, a déjà commencé entre Gérard Collomb et le président de la métropole David Kimelfeld. 

Bien avant la crise des gilets jaunes, Emmanuel Macron avait fixé une règle : pas d’investitures pour ceux qui ne le soutiendraient pas aux européennes. La donne a bien changé ! Le temps 2 du quinquennat, pour la REM, sera celui des compromis, au Parlement européen, comme dans les 36.000 communes de France.

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