J-7 Emmanuel Macron confronté au retour des "couacs". J+7 une Le Pen peut en cacher une autre (même si elle efface le patronyme).

Couac, nom masculin : synonyme "canard"… Se dit d’un incident qui rompt l’harmonie, fausse note.

Je prends un joker sur la question suivante

(Gérard Collomb, 17 mai 2018, en réponse à une question sur la limitation de la vitesse à 80 km/h )

Il peut être légitime de réduire la politique sociale sur l'emploi

(Bruno Le Maire, 20 mai 2018, Europe 1)

Pour moi ce qui est important, j'en ai parlé avec le Président de La République hier, n'est pas remis en cause une seule seconde

(Nicolas Hulot, 23 mai 2018)

Dans l’ordre chronologique : Gérard Collomb qui contre Edouard Philippe sur les 80 km/h, Bruno Le Maire, qui donne sa vision des économies à faire (le ministre a collectivement été recadré depuis), et Nicolas Hulot, mercredi, qui rappelle la promesse présidentielle d’un glyphosate interdit dans les trois ans.

On a connu équipe gouvernementale plus disciplinée. Y aurait-il comme un vent de laisser-aller et de mai 68 dans l’exécutif ? Ça n’a pas échappé à Emmanuel Macron. Le président a redit les règles en conseil des ministres : "cohérence" globale de la parole, et impératif de  "cohésion". Emmanuel Macron se consolera en regardant les statistiques des couacs sous l’ère Hollande : une quarantaine d'incidents recensés dans les trente premiers mois du quinquennat ! 

Alors, comment expliquer ces écarts interdits et inédits dans le nouveau monde ? Le calage du prochain budget, les arbitrages approchent, séminaire la semaine prochaine, ça crispe. La pensée complexe du président, qui ne ruisselle pas toujours jusqu’à ses ministres. Et les réflexes politiques classiques : des ministres lancent des ballons d’essai pour voir comment l’opinion réagit. Mais ça, nous dit l’Elysée, ça n’est plus autorisé, seule l’annonce validée, arbitrée, en bonne et due forme a droit au chapitre. La pratique, cette semaine, a contredit la théorie.

La météo politique à 7 jours

Elles veulent toutes les deux débrancher mai 68, mais une Le Pen peut en cacher une autre…

La recomposition, elle va passer par des engagements concrets, c'est finalement oeuvrer à cette recomposition intellectuelle, cette recomposition, même, peut-être, que l'on fait avec notre équipe à l'Issep.

(Marion Maréchal, 24 mai 2018, TLM)

L'Issep, pour Institut de sciences sociales, économiques et politiques, cette nouvelle école lyonnaise que va diriger Marion Maréchal, invitée hier de la chaîne TLM, et bientôt en conférence. Ce sera jeudi prochain, à Paris, sur le thème "Comment débrancher mai 68". Le lendemain, le 1er juin, c’est sa tante Marine (toujours Le Pen, elle !) qui rebaptisera, à Lyon, le front en Rassemblement national, le FN deviendra RN.

Télescopage de dates, révélateur d’une lutte à venir, invisible aujourd'hui (hier soir Marine félicitait Marion pour son "beau projet"), mais inéluctable. 

D’un côté, Marine Le Pen, à la relance, avec ce changement de nom, censé parachever la dédiabolisation et permettre l'accession au pouvoir, sur le modèle Salvini en Italie. 

De l’autre, Marion Maréchal, qui fuit les appareils classiques, et pense qu’il n’y a pas de victoire possible sans refonte du logiciel et formation d’un corpus idéologique et d’une élite pour permettre l'union des droites.

D’où cette académie. C’est son pari : réussir ce projet, dans le civil, pour être crédible après. Loin du mano a mano mortifère, selon elle, entre Laurent Wauquiez et Marine Le Pen, survivante aux pieds d’argile : car le RN n’effacera ni les dettes colossales du FN, ni les affaires, ni le débat présidentiel raté. 

Marion Maréchal, comme recours, c’est une hypothèse, à condition de ne pas délivrer de diplômes en bois. Car pour l’instant, le rectorat de Lyon n’a reçu aucun dossier. 5 500 euros l'inscription à l'année pour une formation non reconnue par l'Etat, pas sûr que ça motive les recalés de Parcoursup !

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