J-7 : à La REM, crise de (dé)croissance. J+7 : référendum bis en Nouvelle-Calédonie.

La semaine politique, avec vous, Yael Goosz. On regarde dans le rétro, et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, c’est une crise de croissance…

Et de décroissance dans le parti présidentiel.

Je pense que, comme tout jeune parti, je dirais qu'il traverse une crise d'adolescence (...). Il faut qu'elle se stabilise et qu'on avance." (La secrétaire d’Etat Sophie Cluzel, mardi, au Congrès de la France Audacieuse, à Saint-Germain-en-Laye, interrogée par Cécilia Arbona).

Autopsie d’une crise ancienne, latente, mais amplifiée, décuplée cette semaine ! Derrière le combat de coqs, futile, entre un numéro 1 toujours en place Stanislas Guerini et un numéro 2 démissionnaire Pierre Person… Une question existentielle : ça veut dire quoi « être marcheur » aujourd’hui ? 

Semaine horribilis. Dimanche dernier : pas un seul candidat LREM qualifié au 2ème tour des législatives partielles. Lundi : une nouvelle direction contestée. Mardi : malaise, en stéréo, au sein du groupe à l’Assemblée. Mercredi : les néonicotinoïdes replongent la majorité dans un débat sans fin entre pragmatisme et ambitions écologiques. Et dimanche prochain : réplique des municipales, le groupe des marcheurs pourrait fondre de moitié au Sénat. Tout ça au moment où Jean Castex prône la construction d’une grande maison commune… Mais comment y attirer du monde, si la simple coloc’ entre marcheurs est aussi problématique ?

En Marche a été fondé en 2016 sur les initiales, E. M., d’Emmanuel Macron. C’est le grand paradoxe de cette rentrée : la marque Macron, elle, se porte bien dans les sondages (bien plus hauts que ceux qu'enregistraient François Hollande ou Nicolas Sarkozy après trois ans de mandat). Mais son mouvement ne remplit plus sa mission : En Marche a fait travailler la poutre, mais n'a rien reconstruit. Emmanuel Macron n'est plus Jupiter, c'est Shiva. Il fait tout tout seul ou presque, et marche sur un fil : continuer à réformer (on l'a vu avec le congé paternité) alors que le Covid menace, à nouveau, de tout paralyser. 

Allez Yael, on se projette sur les jours qui viennent… 

Un autre front séparatiste à gérer pour l’exécutif, en outre-mer

Ce que je veux vous dire, du fond du coeur, c'est que la France ne serait pas la même, sans la Nouvelle-Calédonie (Emmanuel Macron le 5 mai 2018, à Nouméa).

On était six mois avant le premier référendum, perdu, par les indépendantistes. « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? » Telle était la question posée : victoire du non à plus de 56%. Et telle sera la question qui sera reposée le dimanche 4 octobre… Et qui sera peut-être re-reposée avant 2022, si le non l’emporte encore… Jusqu'à 3 consultations, comme le prévoient les accords de Nouméa, signés en 1998. 

Dernière semaine, donc, de campagne officielle. Campagne très particulière puisque la Nouvelle-Calédonie, quasiment épargnée par l’épidémie de Covid (26 cas seulement, ça fait rêver !) impose une stricte quatorzaine à tout nouvel arrivant… 

Autant dire que ça n’est pas simple, pour les métropolitains ! Le ministre de l’outre-mer, Sébastien Lecornu, y a renoncé… Mais je vais vous dire, ça l’arrange : d’abord parce qu’il est mobilisé par une autre campagne, la sienne (les sénatoriales dans le département de l’Eure), résultats dimanche soir. Et ensuite parce qu’avec la Nouvelle-Calédonie, le gouvernement la joue profil bas, pour ne pas réveiller les susceptibilités locales. 56% de non en 2018, c’était beaucoup plus serré qu’attendu… Et pour cette saison 2, il a suffi que la Marseillaise et le drapeau tricolore soient utilisés dans les clips de campagne, pour que les indépendantistes Kanaks crient à l'ingérence.

A contrario, Marine Le Pen y va franco : "je vous conjure de voter non", vidéo postée hier soir. En 2017, la candidate du RN avait récolté plus de 47% des voix dans l'archipel (son record en outre-mer). 

Pour l'instant, Emmanuel Macron se tait. « La République n’admet aucune aventure séparatiste », disait-il, début septembre, au Panthéon. En Mer de Corail se joue la première décolonisation pacifique de l’Histoire de France.

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