J-7 : Frédérique Vidal et Barbara Pompili renforcées par les couacs. J+7 : Nicolas Sarkozy, pari risqué des ténors de la droite pour 2022.

La semaine politique. On regarde dans le rétro, on se projette sur les jours qui viennent. Simon Le Baron, vous retenez cette semaine deux ministres critiquées, mais finalement renforcées.  

Frédérique Vidal et l'islamo-gauchisme. Barbara Pompili et les menus sans viande dans les cantines lyonnaises...

"C'est une polémique, c'est un procès d'intention, ça arrive..." (Frédérique Vidal, mardi à Poitiers) "Arrêtons avec les clichés, arrêtons aussi avec des débats d'arrière-garde, des débats préhistoriques !" (Barbara Pompili, lundi en Charente-Maritime)

Et si, malgré le tollé, la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, et celle de la Transition écologique, avaient marqué des points ? C'est tout le paradoxe de ces couacs en série. On disait Frédérique Vidal fragilisée, absente, alors que les étudiants ont plus que jamais besoin d'être aidés et rassurés. Mais maintenant ? "Elle est intouchable", analyse l'un de ses collègues. "Si on la vire, c'est un cauchemar. Imaginez les réactions : 'Vous avez cédé aux islamistes et à leurs complices' !" Voyez les résultats de ce sondage Odoxa pour franceinfo et Le Figaro : les deux-tiers des personnes interrogées "approuvent les propos de Frédérique Vidal". L'islamo-gauchisme n'a pas de définition scientifique ? Peu importe ! Le sujet plaît aux électeurs de droite et d'extrême-droite.   

Quant à Barbara Pompili, elle aussi se retrouve en position de force. Nicolas Hulot parti fâché, François de Rugy emporté par l'affaire des homards, Elisabeth Borne transférée au ministère du Travail... Emmanuel Macron peut-il changer tous les ans sa tête d'affiche écolo ?  Voilà pourquoi elle peut se permettre d'agacer ses collègues. Car Barbara Pompili a un double avantage à pousser : casser son image de "caution verte" du gouvernement et avancer ses pions, à quelques semaines d'une rude bataille parlementaire sur la loi climat, critiquée pour son manque d'ambition. Pendant ce temps, au Château, Emmanuel Macron se contente de rappeler la priorité (la gestion de la crise sanitaire) mais laisse ses ministres s'écharper... et continue de travailler son grand écart.  

On se projette sur les jours qui viennent.

Nicolas Sarkozy - ou plutôt "Paul Bismuth" - bientôt fixé sur son sort.

"Faites très attention au vocabulaire que vous employez, parce que je ne suis pas quelqu'un qui plaisante. Donc vous ne parlez pas de moi comme un voyou." (Nicolas Sarkozy, le 13 novembre sur BFMTV) 

Et quand "Paul Bismuth" attend son jugement, qui doit être rendu lundi dans l'affaire de corruption dite "des écoutes", Nicolas Sarkozy reste l'idole de la droite. Le symbole du passé glorieux, bien-sûr, mais aussi la seule vraie promesse d'avenir, dans la tête de beaucoup de cadres de LR. "Le premier choix de la direction du parti pour 2022, c'est Sarko", confie une figure des Républicains. Surtout depuis que François Baroin a fait savoir qu'il n'avait pas envie d'y aller. Si les ambitieux Xavier Bertrand, Valérie Pécresse ou Bruno Retailleau n'avaient pas encore compris qu'ils ne faisaient pas rêver leur propre camp, au moins les choses claires.  

L'ex-président laisse dire. Il laisse aussi ses proches entretenir le mythe du sauveur : le capitaine habitué des tempêtes qui sortira du bois juste avant la présidentielle si les astres sont alignés. Nicolas Sarkozy n'est pas homme à insulter l'avenir, soit... Mais on peut se demander à quoi joue l'état major de la droite. Pourquoi cultiver un espoir plus qu'hypothétique ? A quoi bon miser sur un concours de circonstances, alors que l'ancien chef de l'Etat n'en est qu'au début de son parcours judiciaire ?  Les Républicains font le pari Sarkozy. Pari risqué, car en 2022 ils joueront leur survie.

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