J-7 : le "bébé" de la convention citoyenne pèse lourd ! J+7 : pourquoi ce 2ème tour ne peut pas être enjambé

La semaine politique, avec vous, Yael Goosz. On regarde dans le rétro, et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, c’est une solution qui est en train de devenir un problème…

De la convention climat à la contradiction citoyenne…

La convention citoyenne, ça n'est pas le Parlement (...), ce ne sont pas les propositions du gouvernement" (Edouard Philippe, mardi, à l'Assemblée)

Je ne suis pas favorable à ce que l'on puisse voter comme ça [la proposition de réduire la vitesse sur autoroute à 110 km/h]" (Stanislas Guerini, délégué général de La République En Marche, mercredi, sur France Info) 

La convention citoyenne, ce « bébé » prometteur, né du grand débat. Concilier fins de mois et fin du monde, rappelez-vous, Emmanuel Macron s’engageait, en janvier, à reprendre « sans filtres » les idées de la convention… Or, depuis dimanche, ce sont bien les appels au « filtrage », qui se multiplient, y compris au sein du camp macroniste ! « On échappe à la semaine de 28 heures, mais on se prend les 110 km/h », s’agace un haut responsable d’En Marche. Et Le crime d’écocide ? Tué dans l'oeuf, trop compliqué par référendum, a expliqué mercredi au Sénat la garde des Sceaux. 

D’abord enthousiaste, Emmanuel Macron paraît de moins en moins emballé aujourd’hui… Des sénateurs qui l’ont vu mardi sont ressortis convaincus qu’il n’y aurait pas de référendum ! Et comment va-t-il s’y prendre devant les conventionnels reçus lundi à l’Elysée ? L’enthousiasme citoyen pourrait vite se heurter à l’austérité du droit. Désir de référendums ? Mais inscrire la protection du climat dans la Constitution, ça passe par l’article 89 et un accord improbable entre Assemblée et Sénat. Des questions multiples dans un référendum article 11 ? Mais qui choisit quoi dans le catalogue des propositions ? 

Le risque, me confiait un ministre : "donner l’impression de courir après les écolos et qu’on nous dise que c’est jamais assez !" Dilemme présidentiel : comment ne pas transformer l’or de la convention, en plomb. Eviter que le « bébé » du nouveau monde ne ringardise ses propres géniteurs.   

Allez Yael, on se projette sur les jours qui viennent… 

Le troisième tour des municipales, après le deuxième... 

Ce sont des élections locales qui relèvent de dynamiques locales (...). Je n'en tirerai pas, de manière automatique, des conséquences nationales" (Emmanuel Macron, le 15 janvier 2020, à l'Elysée)

Tactique classique de l’enjambement, quand on est en difficultés. L'Elysée s'occupe du monde d'après Covid, pas des petits batailles municipales ! 

Sauf que, dimanche, abstention ou pas, les urnes enverront un message. Rien qu’au Havre : une défaite surprise d’Edouard Philippe l’obligerait à quitter précipitamment Matignon. Tiens, tiens, Emmanuel Macron convoque lundi, à l'Elysée, la convention climat… Sans arrière-pensée ? Si la veille au soir, la vague est verte, ce sera la contre-attaque, en mode : "non Mrs Bayou et Jadot, vous n'avez pas le monopole de l'écologie". 

Déconnectées du reste, ces municipales ? Faux et encore archi faux. Le Président a vu les maires à l’œuvre dans la crise, et pour les territoires il prépare un nouveau schéma en 3D, déconcentration / décentralisation / différenciation… Et puis ce scrutin nous dira des choses sur le profil des électeurs. Dans des villes comme Paris, où La REM a fait un carton aux européennes l’an dernier, qui maintient sa confiance ? Qui rentre au bercail LR ou PS ? 

Et si la gauche réalise le grand chelem Paris / Lyon / Marseille / Toulouse… Et si, comme le veut l’Elysée, on reporte les régionales et les départementales, alors ces municipales seront le dernier vrai sondage, l’ultime respiration démocratique avant la présidentielle ! Pour toutes ces raisons, ce 2ème tour sera tout sauf une formalité.     

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