J-7 : dictionnaire Covid printemps-été 2021. J+7 : Mayotte, 10 ans, département toujours en "rattrapage".

La semaine politique, avec vous, Yael Goosz. On regarde dans le rétro, et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, ce sont les mots du Covid.  

Dictionnaire printemps-été 2021 !

Ce n'est pas un confinement Canada Dry que vous proposiez, c'est un confinement sur le papier (...), Monsieur le député, nous faisons mieux que cela." (Olivier Veran, mardi, lors des questions au gouvernement à l'Assemblée)

Le coeur de la bataille, ce sera la vaccination : matin, midi et soir (...), on se bat." (Emmanuel Macron, mardi, dans un centre de vaccination de Valenciennes)

De l’importance de bien nommer les choses en politique. Le « wording », comme disent les conseillers en marketing. Et c’est ce wording qui fait couler beaucoup d’encre depuis ce week-end. Si l’administration s’est pris les pieds dans le tapis des attestations, c’est parce que les directives politiques étaient bancales ! Troisième confinement ? Non troisième « voie », corrige l'Elysée. Mais confinement quand même puisqu’on ne quitte pas sa région. Plutôt « ex-finement » alors, puisqu’il faut sortir au grand air. 

Atelier d’écriture accéléré au sommet de l'Etat : le « freiner sans enfermer » du Président (jeudi) cède la place au « Chacun chez soi, ou tous prudents dehors » de Gabriel Attal (dimanche), formule revue et corrigée (lundi) par Matignon, remplacée par ce début d'alexandrin : « Dedans avec les miens, dehors en citoyen ». 

On ne revient pas ici sur le catalogue essentiels / non essentiels… Inégalité entre le cheveu du coiffeur et le poil de l'esthéticienne. La langue du Covid est très vivante et changeante ! Des mots tabous sont réhabilités : « vaccinodrome ». Au moins 38 seront déployés avec le concours des pompiers et... de l’armée. 

La boucle martiale est bouclée : « Nous sommes en guerre », printemps 2020. Vaccination « sans trêve », « on se bat », dit aujourd’hui le Président.

Usure des mots. Après un an de crise, pointent les mea culpa. Excuses publiques d’Angela Merkel… Et premiers regrets d’Emmanuel Macron, à la télé grecque mercredi. L’Europe diesel. « On a eu tort de manquer d'ambition, j'allais dire de folie », s’excuse le Président. Aujourd’hui, c’est six dehors maximum... Nostalgie des années folles.  

Allez, Yael, on se projette sur les jours qui viennent ? 

J’ai 10 ans. Anniversaire discret à Mayotte mercredi prochain.   

A plus de 95 %, vous avez dit oui pour que Mayotte soit transformée en département (...), le 101ème département français." (François Fillon, à Mayotte, le 11 juillet 2009)

Eté 2009. Le Premier ministre François Fillon est en visite à Mamoudzou, après le "oui" à la départementalisation, effective depuis le 31 mars 2011. Destin singulier que ce petit bout de France, coincé entre Madagascar et l’Afrique. Rattaché à la métropole depuis 1841.

Dix ans de rattrapages, mais la convergence est inachevée. Et un anniversaire à peine célébré, Covid oblige : le ministre des outre-mer ne viendra pas, les septaines avant et après sont chronophages. 

Mayotte derrière la carte postale. Territoire toujours le plus pauvre de France. 35% de chômeurs, un Mahorais sur trois n’a toujours pas accès à l’eau courante. 

Départementalisation versus droit coutumier. Fin des mariages polygames, de la justice rendue par des chefs musulmans… L'islam, religion pratiquée à 95%. Ce qui crée encore aujourd’hui des tensions. La crise sanitaire bouscule les pratiques funéraires et oblige à utiliser des cercueils, plutôt que d’enterrer ses défunts dans un linceul orienté vers La Mecque.

Mayotte danse sur un volcan, au sens propre (avec ce phénomène sous-marin unique au monde découvert il y a deux ans), comme au figuré : les violences en hausse, l’immigration comorienne, mieux mais toujours difficilement contrôlée. 

Les kwasas kwasas, carburant pour Marine Le Pen, plébiscitée sur place, 46% des voix aux dernières européennes. L’Etat est là - écoles, routes, hôpital : plus d’un milliard et demi d’euros investis sur 4 ans -, mais ça ne suffit pas. Paradoxe ultra-marin à méditer avant la campagne bleue Marine de 2022.

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