J-7 : Darmanin obligé de redescendre d'un cran. J+7 : trois gauches et un mur en face.

La semaine politique, avec vous, Yael Goosz.  On regarde dans le rétro, et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, c’est moins de matamorisme…  

Autorité versus libertés, le curseur a bougé.  

Pourra-t-on désormais faire des appels au viol sur des policières ? (...) Alors non, et tant mieux que l'article 24 soit adopté" (Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, le 17 novembre 2020 à l'Assemblée)

Je vous annonce que je saisira moi-même le Conseil constitutionnel (...), je vous remercie" (Jean Castex, le 24 novembre 2020 à l'Assemblée) 

Une semaine sépare ces deux interventions à l’Assemblée. Gérald Darmanin, ministre pressé et pressant avec la presse, puis Jean Castex, mardi, qui s’en remet aux Sages et propose hier soir de réécrire l'article 24 de la loi sécurité globale.  

Il est allé loin, Gérald Darmanin, au service du Président, sur son pied droit... Mais trop loin. En septembre, il assumait la notion "d'ensauvagement" de la société, dont acte, mais pas celle de "violences policières" (des mots qui le font "s'étouffer" quand il les entend !)

Après l'évacuation, lundi, à République, et le tabassage en règle de Michel Zecler, le voilà pourtant contraint de faire la police de la police. Obligé de redescendre d'un ton, au moment où le Président veut faire respirer le pays. 

Car c’est la semaine des libertés, peu à peu recouvrées. Du confinement au couvre-feu, du click-and-collect au lèche-vitrine. On dessert l’étau. Se faire vacciner ? Rien d'obligatoire. Isoler les malades ? On en discutera.  

Moins de verticalité, et l’Histoire, la grande, qu’Emmanuel Macron convoque hier dans la cour des Invalides. L'hommage au résistant Daniel Cordier, "Français libre", a dit le Président, "libre et amoureux d'une France sans chaînes".   

Au même moment, Jean Castex recevait, à Matignon, Reporters Sans Frontières. Pour parler liberté d'informer. Déminage sur l'article 24 de la loi de sécurité globale. Ce sparadrap laissé par un certain Gérald Darmanin...   

Allez Yael, on se projette sur les jours qui viennent…   

Des excuses, quelles excuses ?  

Chacun doit être au clair avec son rapport à la République" (Anne Hidalgo, le 21 novembre 2020 sur BFM)

Mme Hidalgo a menti (...), et insulter comme ça tous les écologistes, ce n'est pas possible (...), et nous attendons des excuses" (Julien Bayou, le 23 novembre 2020 sur RFI)

Il y a parfois des moments où il faut se dire les choses en face, la République n'est pas l'élément le plus structurant de l'idéologie écologiste" (Olivier Faure, le 24 novembre 2020 sur Inter)

Une semaine de ping-pong à gauche… Entre la charge d’Anne Hidalgo, les excuses réclamées par le secrétaire national d'EELV Julien Bayou, et la critique du socialiste Olivier Faure, mardi sur Inter, pas tendre non plus avec son allié écolo…  Fini les postures d'humilité, quand le premier secrétaire n’avait aucun complexe à imaginer le PS se ranger derrière les écologistes.  

Les municipales sont passées par là, le congrès approche, les régionales aussi. Et le PS réaffirme son identité, guette les faiblesses du partenaire devenu concurrent… Le champ régalien, voilà la faille dans laquelle s’engouffre Anne Hidalgo. Et Olivier Faure va creuser ce sillon jeudi prochain, dans un discours où il sera question de laïcité.  

Effet soudure garanti chez EELV, où l’on s’estime collectivement insulté. « Avec ce procès en anti-républicanisme, les socialistes nous mettent dans le même sac que le RN ! », s’insurge la direction.  

Petits meurtres entre amis, observés de loin par un Jean-Luc Mélenchon qui n’en demandait pas tant. L’insoumis, déjà candidat, tiendra son premier meeting, en numérique, demain à Gennevilliers.   

Et si l’histoire bégayait ? Rouge, rose, verts : trois trains lancés à vive allure vers 2022 et qui foncent dans le mur. Les Verts ont acté leur primaire. Ils auront un candidat à la rentrée 2021. Les socialistes aussi ont leur primaire, des idées. Avec le même calendrier : un projet pour septembre 2021.   

Mais après le quoi, il y aura le qui. L'incarnation. Et là bon courage pour raccrocher les wagons.   

« Avec un pays qui tourne au vinaigre, c'est difficile de rester chez soi à s’occuper d’apiculture », déclare Arnaud Montebourg, aujourd'hui dans le film lui aussi. La gauche, le miel et déjà trop d’abeilles pour la présidentielle.

L'équipe