J-7 : la fragile relance de la confiance. J+7 : Sénat en campagne.

La semaine politique, avec vous, Yael Goosz. On regarde dans le rétro, et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, c’est un pari psychologique…

Ayez confiance, mais la confiance ne se décrète pas…

Le pire de tout, vous m'entendez bien, c'est qu'on s'enfonce, parce qu'on ne reprend pas l'activité, dans une crise économique et sociale qui serait - et les Français le sentent bien - beaucoup plus dangereuse" (le Premier ministre Jean Castex, mercredi, sur France Inter) 

La Covid, objet politique insaisissable… Gouverner, c’est prévoir, l’ennemi c’est l’incertitude, or ce virus n’est jamais là où l’on attend. Au point d’obliger un gouvernement à rectifier son agenda de rentrée. 

Priorité sanitaire et priorité économique ex-aequo, disait Bruno Le Maire en début de semaine. Mais le vrai danger, c’est que ce Covid sature l’espace et asphyxie le débat. Jean Castex aura passé toute la semaine à décliner une feuille de route unique : la relance de la confiance. En osmose avec le Medef, au secours de la culture, 2 milliards, « allez au cinéma, allez au théâtre, vous ne risquez rien » (a-t-il dit), en soutien aux profs « nous sommes prêts »… Comme une succession de digues anti-déprime dressées pour empêcher la sinistrose économique. Un cadre posé, des règles mises à jour, pour que tout reprenne le plus normalement possible. 

Mais cette rentrée confine à la répétition. Grand’messe télé multi-diffusée pour faire le point sur l’épidémie, comme Edouard Philippe au printemps. Nouvelles frictions OM / PSG version coronavirus. 

Et soudain, on est pris d’un vertige : jusqu’au vaccin, on ne parlerait donc que de ça ? Le 15 juillet, Jean Castex disait qu’il « restait 600 jours pour bâtir les fondations de la France de demain ». Vaste programme. Il en reste 556… Le macronisme était déjà difficile à définir, alors s’il se limite à un pilotage en temps de crise, il risque la mort cérébrale. Commentaire d’un pionnier d’En Marche : "Macron, ça ne peut pas être « la gestion », c’est une promesse de transformation". 

Or cette rentrée 2020 donne à voir un gouvernement sur la défensive, contre la double vague, de défiance (du Puy-du-Fou à Marseille), et celle des licenciements. Pour ne pas tourner en rond, il faudra vite déconfiner la boîte à idées. 

Allez Yael, on se projette sur les jours qui viennent… 

Chasse ouverte aux grands électeurs. Les sénatoriales approchent, c’est le 27 septembre.

Les grands électeurs ont clairement affiché leur volonté de voir exister un contre-pouvoir parlementaire, indispensable, à mes yeux, au fonctionnement équilibré de la démocratie." (Gérard Larcher, président du Sénat, le 24 septembre 2017)

Son d’archive et de victoire, lors du dernier renouvellement, largement favorable à la droite. Les marcheurs, à l'époque, encore novices et sans élus locaux, avaient eu les yeux plus gros que le ventre. 60 sièges pronostiqués, 23 au final. 

Et pour ce cru 2020, ça pourrait descendre encore plus bas ! C’est arithmétique. Puisque les municipales ont été mauvaises, il y a peu de grands électeurs macronistes… La concurrence pourrait venir des écolos, privés de groupe parlementaire jusqu’à maintenant, mais leur implantation (notamment dans les grandes villes) rebat les cartes. 

D’où cette frénésie de porte-à-porte chez certains marcheurs, je pense à François Patriat, patron du groupe La Rem. Pas de vacances depuis début juillet : déjà 500 maires bourguignons et 7200 kilomètres au compteur, y compris dans de toutes petites communes comme Chaugey en Côte d’Or (17 habitants). 

La droite aussi fait campagne, 8 maires par jour pour Bruno Retailleau. Gérard Larcher va prendre la route, 17 départements programmés : Rhône, Gard et Hérault la semaine prochaine. 

Campagne invisible pour le grand public, où l’on parle davantage voirie, eaux usées, fibre optique et réfection du clocher, que du match Macron / Le Pen. 

Ce Sénat renouvelé de moitié, qui, décidément, de la commission d’enquête Covid à celle sur Benalla, en passant par l’opposition à sa réforme des institutions, a et aura jusqu’au bout résisté à Emmanuel Macron. Ce Sénat base arrière LR, la droite contrôle 57% des villes de plus de 20.000 habitants. LR, géant local mais nain national, tant le parti souffre d’incarnation. Le problème, c'est qu'une nouvelle victoire au Sénat n’y changera rien. 

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